Minimalisme : 4 méthodes de désencombrement

Minimalisme : 4 méthodes pour désencombrer

*Petit disclaimer : non, je ne vous promets pas le bonheur absolu et immédiat parce que vous aurez désencombré votre intérieur. Par contre, vous pourrez certainement vous libérer du temps, retrouver un peu de sérénité chez vous et avoir les chaussettes qui vont ensembles le matin, ce qui n’est déjà pas si mal ! 😉

De prime abord, ce travail peut paraître insurmontable, effrayant ou irréaliste (rayer la mention inutile) (ou pas). Cependant, à mon sens, il est indispensable et on ne regrette pas une seule seconde de l’avoir entrepris à la maison. 

« N’ai rien dans chez toi qui tu ne sais pas être utile ou que tu ne penses pas beau »

Avant de commencer, si vous n’avez pas encore lu notre premier article sur le minimalisme, c’est ici. On y raconte notre déclic.

Maintenant, je vous propose faire une petite expérience ensemble : ouvrez un tiroir de votre cuisine. Est-ce que vous pouvez y trouver un objet qui ne vous a pas servi depuis un mois ? Six mois ? Un an ? Si vous arrivez effectivement à trouver cet objet, posez-vous la question suivante : qu’est-ce qui vous pousse à le garder ?

Minimalisme : 4 méthodes pour désencombrer

Voyons si votre réponse se trouve dans l’une de ces catégories :

  • Catégorie 1 : « Au cas où… » aussi connu sous le nom : « On sait jamais… » ou encore : « ça peut servir ! »
  • Catégorie 2 : « Mais c’est un cadeau ! »
  • Catégorie 3 : « Je l’ai acheté y’a pas longtemps ! »
  • Catégorie 4 : « Si si je m’en sers ! Regarde ! »
  • Catégorie 5 : Les doubles, triples, quadruple
  • Catégorie 6 : Les gadgets, trucs publicitaires et détritus en puissance

Vous avez répondu oui ? Plusieurs fois ? Effectivement, il serait peut être utile de trier un peu. 😉

Il est très facile d’acheter ou de garder des objets dont nous n’avons au final aucune réelle utilité. Il y a plein de raisons qui peuvent expliquer ces comportements : envie (consciente ou non) d’accéder à un certain niveau social, peur de manquer, culpabilité à l’idée de se débarrasser d’un objet, peur de regretter…  Il arrive souvent que l’on achète quelque chose sans vraie raison, juste pour se récompenser ou compenser une émotion négative. L’action de consommer libère de la dopamine, hormone du plaisir et nous incite à recommencer régulièrement. On est stressé, on cherche un exutoire rapide et on va faire les magasins. On achète alors une énième paire de baskets/ bottes/ jeans/ livre/ CD/ perceuse (insérez ce que vous voulez^^).

Nous entassons donc des choses dans nos placards jusqu’à ne plus pouvoir les ouvrir. Nous ne savons plus quoi faire de nos affaires et certains vont même jusqu’à louer des espaces de stockage supplémentaires, déménagent dans (encore) plus grand et s’endettent. Ce qui est quand même un comble quand on sait que la surface habitable par personne en France n’a jamais été aussi élevée qu’aujourd’hui : environ 40m² par personne en moyenne en 2006 contre 31m² en 1984 !

Avec Jo, on entend souvent que notre maison est vide. Je conçois qu’on puisse le penser si on se réfère à la norme nationale. En réalité, elle n’est pas vide du tout. Je trouve même qu’on a plein de choses ! Mais chaque objet a son utilité et ils s’accordent entre eux pour former un ensemble qui nous plait. Dit autrement : aucun objet ne sert à rien, ni n’est dénué d’histoire. Par exemple, les tableaux aux murs sont remplis de nos photos ou proviennent d’événements auxquels nous avons participé. Ce sont nos objets sentimentaux. Pour tous les objets de la vie courante, on essai qu’ils soient à la fois ergonomiques et esthétiques pour être agréables à l’usage (oui même le balai-serpillère, pour ne pas avoir envie de le balancer par la fenêtre quand on s’en sert !).

Et donc pour arriver à ça, il faut d’abord trier. Mais par quoi commencer ? Sachez qu’il y a plein de façons de procéder et qu’aucune n’est meilleure que l’autre. Il faut en choisir une, celle qui « vous parle » le plus et vous lancer. Je vous propose de faire un petit tour non exhaustif des techniques de désencombrement pour la suite de l’article.

Dans tous les cas vous aurez besoin de plusieurs boites (vous pouvez prendre des sacs, on n’est pas difficiles) pour les catégories d’objets suivantes:

  • À garder
  • Je ne sais encore quoi en faire
  • À donner
  • À vendre
  • À jeter

Trier pièce par pièce et se poser les bonnes questions

Minimalisme : 4 méthodes pour désencombrer

 

La méthode la plus courante consiste à trier votre intérieur pièce après pièce, en commençant par exemple par les endroits visibles si vous voulez des résultats visibles rapidement (entrée, salon, surfaces planes…). J’aurai tendance à vous conseiller d’éviter de débuter par les endroits les plus encombrés ou le grenier rempli des souvenirs d’enfances. Ce sont des zones qui vous demanderont beaucoup d’énergie !

Préférez un moment où vous avez du temps devant vous, consacrez une journée entière ou une partie d’un weekend au tri par exemple.

Une fois la pièce choisie, vous pouvez vous lancer en vous posant une série de questions pour chaque chose. Clémentine a fait une très chouette infographie la dessus. Si un objet ne passe une des questions, vous pouvez vous en défaire. Je vous rassure, ça prend moins de temps que ça en a l’air. En réalité, on sait instinctivement quoi faire de chaque objet, même s’il peut y avoir de la résistance parfois. 😉

Est-ce que c’est cassé ?

Si oui, est-ce que c’est réparable ? Et surtout est-ce que vous allez prendre le temps de le réparer/ le faire réparer ou est-ce que ça va rester là au fond du placard pendant encore 2 ans sans bouger ? Soyez honnête avec vous-même. Par exemple, j’ai conservé certains colliers que j’aimais beaucoup dont un offert par mon papa et ramené de l’île de la Réunion (que Jo a réparé, merci chouchou). Et au contraire j’ai débarrassé des vêtements parce que je savais que je ne prendrais jamais le temps de les recoudre.

Est-ce que je m’en sers ?

Pour de vrai ? Ou la dernière fois que vous avez sorti ce moule à gâteau spécial fête foraine c’était en 2005 ? Vous voyez l’idée, si vous l’utilisez souvent, c’est bon. Sinon peut-être avez-vous autre chose chez vous qui pourrait remplir la même fonction. Vous pourriez aussi l’emprunter lors des très rares fois vous en avez besoin.

Généralement on dit que si ça n’a pas servi depuis 1 an ou plus ça peut partir. La couche de poussière à la surface des objets peut servir d’indice également. 😉

Est-ce que je l’aime bien ?

Si oui c’est parfait. Sinon, dehors. Oui parce qu’il arrive que l’on conserve des choses qui nous énervent ou que l’on déteste. C’est bien dommage puisque à chaque fois que vous voyez ces objets, ou que vous les utilisez, vous risquez d’être de mauvaise humeur ! C’est quand même bête de se pourrir la vie soi-même non ?

Est-ce que j’en ai plusieurs ?

Si oui, choisissez en un ou deux, vos préférés, et débarrassez les autres.

Evidemment ça ne fonctionne pas pour tout, une seule culotte dans le dressing ça fait un peu juste. Mais avez-vous besoin de 3 perceuses, de 4 tire-bouchons ou de 10 crèmes de jour ? Sérieusement ? (le premier qui me parle de mes 40 livres de cuisine végétale dort dehors).

Est-ce sain pour moi et l’environnement ?

C’est LA question à se poser pour les cosmétiques et les produits ménagers, mais aussi pour la batterie de cuisine. Les vieilles poêles en téflon avec plein de rayures, donc toxiques, devraient automatiquement disparaître de votre cuisine.

Pour les cosmétiques, je vous renvoie à ce site très bien fait et notamment à cet article sur les composants problématiques. Le magazine Que choisir a publié en février 2016 une liste de molécules à éviter, si ce n’est pas parfait car forcément incomplet, ça a le mérite de permettre de commencer trier sa salle de bain et son placard à produits ménager. Pas besoin de millions de produits différents pour prendre soin de sa peau ou nettoyer son intérieur. Des produits simples et respectueux de l’environnement existent, autant les utiliser.

Est-ce que c’est facile d’utilisation et d’entretien ?

L’idée c’est de vraiment se simplifier la vie.

Parce que le robot de cuisine qui demande 10 minutes de montage puis 20 minutes de lavage pour râper 2 carottes… Comment vous dire… Autant le faire manuellement avec une râpe toute simple. Bon ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, certains robots sont très pratiques. J’adore mes deux blenders par exemple. Comme d’habitude, tout dépend de l’utilisation que vous en avez. À vous de juger le rapport utilité/ simplicité d’utilisation.

Poser vous aussi la question pour les vêtements qui demandent un entretien spécifique. Personnellement, si ça ne passe pas en machine, je n’en veux pas ! Sinon de toutes façons ils resteront dans l’armoire parce que j’aurai la flemme/ pas l’envie/ pas le budget pour les emmener au pressing.

Est-ce que vous avez envie de le garder ?

Ou est-ce que vous vous sentez obligé ? Parce que c’est un cadeau, parce que vous l’avez payé cher… Si vous gardez quelque chose par culpabilité, et bien ne le gardez plus, tout simplement. Pour les cadeaux, l’objet a rempli son office au moment où on vous l’a offert. Et pour les choses payées cher, l’argent est déjà perdu. Garder la preuve du mauvais achat au fond de l’armoire ne remplira pas votre compte en banque. Par contre le revendre, ça peut aider. 😉

C’est la méthode qu’on a utilisé la toute première fois que nous avons trié nos affaires. Ça reste une approche très rationnelle. Elle permet d’y aller doucement, à son rythme.

La méthode dite « KonMari »

 

Tirée du livre La magie du rangement de Marie Kondo, une japonaise férue de rangement, cette technique est un peu plus « instinctive ». Le but est de tout trier en une seule fois. Forcément, c’est un gros chantier. On s’y met un bon coup, éventuellement sur plusieurs jours, et ensuite on est tranquille.

Le tri se fait par catégories d’objets :

  • Vêtements
  • Livres
  • Papiers divers
  • Vaisselle/ alimentation
  • Maison
  • Jardin/ bricolage
  • Sentimental

On rassemble d’abord tous les objets d’une même catégorie dans un endroit (tous les DVDs, tous les produits de beauté, toute la vaisselle…). Cette étape permet de se rendre vraiment compte de tout ce que l’on possède. Je vous assure que ça peut être assez impressionnant de réunir tous ses vêtements et chaussures sans exception et de voir une montagne se former sous nos yeux ébahis.

Ensuite il faut les trier un par un. Pour ça, d’après Marie Kondo, pas la peine de se poser milles questions, une seule suffit. Le principe, prendre chaque objet en mains et se demander : « Est-ce que cet objet me procure de la joie ? ». Oui, on garde. Non, on débarrasse. Simple et efficace. Là encore, il s’agit d’être parfaitement honnête avec soi-même.

La méthode trouve sans doute ses limites avec les objets très utilitaires comme les produits ménagers ou la balayette… Encore que, certains peuvent être très chiants d’utilisation quand d’autres seront plus agréables.

On a fait ça une fois arrivée dans la maison, en second tri. Ça a quelque chose d’amusant et au moins, on visualise ce que l’on a chez soi.

Minsgame

 

Le minsgame, raccourci pour « minismalist game » est un jeu pour commencer (ou continuer) à désencombrer. Il a été créé par Joshua Fields Millburn et Ryan Nicodemus, les tenants du blog The Minimalists. Le 1er jour du mois, on se débarrasse d’un objet, de deux le 2ème jour et ainsi de suite. De cette façon, à la fin d’un mois vous aurez 460 objets en moins chez vous (1+2+3+…+ 30).

C’est simple, ludique, et ça demande peu de temps pour être mis en place. Tout compte : vêtements, meubles, bibelots, produits cosmétiques… Théoriquement, les objets doivent être sortis de la maison avant minuit mais rien n’empêche de les stocker dans un même lieu jusqu’à la fin du jeu, une sorte de zone de transit.

L’avantage c’est que vous pouvez piocher un peu partout chez vous comme ça vous dit. L’inconvénient, c’est que c’est une méthode moins rapide.

Si vous tapez #minsgame sur instagram vous devriez plein de gens qui participent. Un peu d’inspiration, ça fait toujours du bien.

La « packing party »

 

Cette méthode a aussi été proposée par Joshua Fields Millburn et Ryan Nicodemus. Elle consiste à emballer toute ou partie de ses affaires, comme pour un déménagement, puis à les mettre de côté. On ressort ensuite au fur et à mesure ce dont on a besoin. Au bout d’un temps décidé à l’avance, par exemple 3 ou 6 mois, on conserve ce que l’on a sorti des cartons et on débarrasse le reste. Evidemment on ne rouvre pas les cartons avant de les donner. Sinon c’est tricher et il y a de grandes chances pour qu’on veuille récupérer plein de trucs inutiles. Qui n’a jamais dit « je vais trier la cave » avant de passer des heures assis par terre à ressortir toutes les vieilles photos pour finalement ne rien ranger du tout…

L’avantage avec cette technique, c’est qu’on est sûr de garder uniquement des choses qu’on utilise régulièrement.

L’inconvénient, c’est que ça doit marcher moyen avec les affaires qui ne servent que pendant certaines saisons ou les objets sentimentaux.

Voilà pour les 4 techniques de désencombrement que je connais. J’avoue avoir une préférence pour les deux premières car elles permettent de prendre plusieurs critères en compte, dont le côté empreinte environnementale et d’aller plus rapidement.

Et vous, êtes-vous tenté de désencombrer votre intérieur ? Quelle méthode vous parle le plus ?

8 réflexions au sujet de « Minimalisme : 4 méthodes de désencombrement »

  • 28 février 2017 à 16 h 19 min
    Permalink

    Je trouve les deux dernières quand même particulièrement peu… Pratiques ! La « Packing Party » reste cependant une découverte (radicale), je n’en avais jamais entendu parler auparavant.
    Personnellement, je suis adepte de la fameuse question « Bon, c’est ni pratique ni utile mais est-ce que je suis contente de savoir que je l’avais à disposition sans m’en servir ? ». Si la réponse est non, pouf! Ca disparaît dans la journée (ou presque) 🙂

    Répondre
    • 1 mars 2017 à 10 h 15 min
      Permalink

      J’aimerais bien tester la packing party mais en version miniature. Comme empaqueter juste toutes mes fringues et les sortir au fur et à mesure.
      L’essentiel étant que chacun trouve la méthode qui lui convient pour ne pas finir avec des placards qui débordent de partout. 😉

      Répondre
      • 13 mars 2017 à 22 h 28 min
        Permalink

        Pour les vêtements il y a une technique sympa : on met tous les ceintures avec l’ouverture du crochet vers soi. Quand on utilise un vêtement on le replace avec l’ouverture vers le mur. Au bout d’une période donnée on se débarrasse de tous les vêtements dont le ceintre n’a pas été retourné ! Bon par contre faut pouvoir mettre tous ses vêtements sur ceintre mais ca revient un peu au même je trouve, dans l’idée.

        Répondre
        • 14 mars 2017 à 8 h 44 min
          Permalink

          La technique des cintres est pas mal je trouve. Je l’avais fait au tout début, mais j’avais toujours du mal à débarrasser certaines choses comme la petite robe super habillée non portée en 4 ans parce que… ben on ne sait jamais. XD

          Répondre
  • Ping : avantages minimalisme |

  • 22 août 2017 à 13 h 06 min
    Permalink

    Bonjour,

    Merci pour cet article.
    Désencombrer sont intérieur n’est jamais chose aisée, et le plus frustrant est vraiment de savoir comment se motiver et d’agir avec méthode. Il faut, je pense débuter progressivement, pour ne pas se noyer dans ses affaires.

    Ta méthode est excellente, je pense également que faire une to-do liste peut vraiment nous rendre les choses moins ardues.

    J’espère que ma méthode complètera efficacement ton article : http://positivessence.fr/23-conseils-pour-bien-debuter-votre-desencombrement/

    Au plaisir de te lire,

    Lucile

    Répondre
    • 22 août 2017 à 16 h 32 min
      Permalink

      Merci pour ton commentaires.
      Débuter progressivement, c’est souvent la clé pour ne pas de décourager. Je valide l’idée de la to do liste, je fais des listes pour tout ! 😉

      Répondre
  • Ping : Dressing minimaliste #1 : désencombrer et mieux se connaître |

Laisser un commentaire