Comment j’ai appris à mieux dépenser mon temps

Comment j’ai appris à mieux dépenser mon temps

Lors de l’une de nos discussions de fin de journée (entre le sport et le dodo), Gwen m’a fait découvrir un concept qui m’a laissé intensément perplexe : le speed-watching. Ce terme, à l’instar de son cousin, le speed-reading, consiste à regarder un épisode d’une série, de manière légèrement accéléré, environ 30% plus rapide. De cette manière, les voix ne sont pas trop déformées et les temps morts sont accélérés. Si, comme moi, vous vous écriez « MAIS POURQUOIIIII BORDEL !? », cette technique est employée pour augmenter la consommation de contenu sur une durée plus courte et ainsi être à jour sur les séries tendance du moment. … … … Bordel, indeed. Les jeunes, ils savent plus prendre le temps de rien … #papifaitdelarésistance. Alors j’ai commencé à me documenter sur le sujet et je me suis vite rendu compte que ce comportement était symptomatique de notre société. Tout est devenu objet de consommation. Qu’il s’agisse de films/séries, mais aussi de vidéo Youtube, de photographies, de vêtements, même de relations sociales, nous consommons à outrance, souvent au détriment de la qualité. Mais dans cette frénésie, ce que nous consommons vraiment, c’est notre temps.

Le temps n’a pas de valeur monétaire, mais c’est pourtant ce que nous avons de plus précieux. La bonne nouvelle, c’est que nous sommes (a priori) seul maitre de la manière dont nous l’utilisons. La mauvaise, c’est qu’on est nul à ce jeu, et que cela risque bien de nous faire rater le train du bonheur.

Société et rapport au temps

Prenons une journée classique. 24 heures, 1440 minutes. Cette quantité est la même pour tous. Nous consommons notre temps en effectuant diverses actions : travail, tâches ménagères, hobbies, etc. Certaines de ces actions sont entièrement dépendantes de nous, comme le temps passer à dormir ou à lire un livre, d’autres, non, comme le temps d’attente à la poste. Le temps social, à la différence temps physique (autre sujet passionnant), est donc énormément dépendant de l’organisation de la société. De la même manière que son organisation a évolué ce dernier siècle, notre façon de gérer et d’appréhender notre temps aussi (connu sous le terme rapport au temps).

La technologie et Internet aidants, tout s’est trouvé accéléré. L’accès à l’information a été largement facilité, les entreprises ont augmenté leur production pour suivre la demande du marché, l’individu s’est mis en mouvement, créant, consommant. Depuis un siècle, nous passons d’un modèle où l’entreprise imposait un rythme à l’individu notamment par des horaires fixes d’arrivée et de départ du travail, des temps d’action long, à un modèle où l’individu redevient maitre de son temps, grâce à la réduction du temps de travail, de la mise en place d’horaires flexibles, et par des temps d’action beaucoup plus courts (conséquences de l’amélioration technologique).  Mais avons-nous réellement plus de maitrise sur notre temps ? Etes-vous pleinement responsable de l’ensemble de vos activités durant la journée ? Du temps vous est-il volé ? Oui, volé n’ayons pas peur des mots !

Au fil de la journée de petits événements surviennent discrètement, comme un coup de fil imprévu, un-e collègue vient vous demander une information ou vous montrer ses photos de vacances, une feuille de papier disparaît de votre bureau encombré, une informatique capricieuse, etc. De petites choses qui mises bout à bout aspire notre temps sans qu’on s’en aperçoive, parsemée par cette multitude d’interruptions. La journée passe, et nous ne savons même plus dire ce que nous avons fait de notre journée. Nous nous pensons débordés. Mais n’est-ce pas simplement qu’une mauvaise gestion de notre temps ?

Quel est selon vous le pire voleur de temps ? À choisir, je décernerais la palme d’or à mon smartphone.

Quelques chiffres : 65% des français possèdent un smartphone en 2016. Nous passons en moyenne 1h16 par jour pour consulter les réseaux sociaux et 18h par semaine sur Internet, et cette utilisation se fait maintenant principalement sur appareil mobile.

Instagram, Facebook, messages… mon téléphone n’est jamais bien loin, et le besoin de vérifier qu’une nouvelle alerte n’est pas apparue se fait pressant. Et bien évidemment, si c’est effectivement le cas, ce n’est pas quelque chose à remettre à plus tard, il FAUT que je m’en occupe. C’est une véritable addiction. Et le problème avec ce petit objet, c’est qu’il m’est indispensable professionnellement parlant. C’est l’un des outils principaux qui nous permet d’introduire de la flexibilité dans notre travail. Mais du coup, ça en devient aussi une grande source de stress s’il est mal géré, car nous devenons tout le temps disponible, et donc dérangé.

Dans cette société qui va de plus en plus vite et qui n’attend pas, il nous est demandé d’être flexibles, dynamiques et performants, au détriment de notre temps personnel. Est-ce vraiment la voie vers une société heureuse ? Parce qu’on est bien d’accord que c’est quand même ça l’objectif, nan ? Être plus heureux, le bonheur, tout ça ? Alors comment faire pour reprendre un peu le contrôle, dans cette course contre la montre ?

Mon rapport au temps

La gestion du temps n’est vraiment pas mon fort. Je suis plutôt un adepte de la méthode « Dernière minute » (ce qui a tendance à rendre Gwen un peu folle XD). J’ai toujours pensé que cela ne m’était pas préjudiciable. Que bon an mal an, j’arrivais à obtenir ou faire ce que je voulais. Mais en étudiant la question du rapport au temps et du bonheur, je me suis rendu compte de combien j’avais tort.

J’ai d’abord pris conscience du stress que je me générais en comptant uniquement sur ma mémoire pour planifier mon temps, que cela soit pour la journée, ou bien des tâches à effectuer sans date précise. Le fait est que la mémoire, et particulièrement la mienne, n’est pas fiable. On remet d’abord à plus tard, puis on oublie, on se rappelle et OH MERDE C’EST DANS 10 MINUTES !! +5 niveau de stress. Et les personnes autour de moi subissent aussi ce manque d’anticipation. Soit parce que le travail n’est pas rendu dans les temps, soit parce que le manque de planification rend les choses ingérables.

Cela fait bien sûr un moment que je me dis que je devrais faire plus d’efforts, « que j’arrête de remettre tout au lendemain, qu’il fallait que je reprenne les rennes et que je bannisse la procrastina… OOOH la belle vidéo Youtube !! »… #epicfail, encore du temps de gâché. C’était décidé, il fallait que ça change. Mais alors comment faire pour éviter de retomber dans le piège ? J’avais besoin d’un assistant : mon smartphone, et une bonne application de calendrier #geek. J’ai préféré utilisé cette méthode plutôt qu’un agenda papier, principalement parce que mon smartphone est déjà dans ma poche en permanence, et je le regarde souvent. L’effort à faire était donc limité. Et ça tombe bien car la fainéantise est ma meilleure amie. Pour la suite de cet article, et pour plus de facilité, j’appellerai mon smartphone Alfred, parce que I’M BATMAAN ! … Non, je n’ai pas honte.

Tout d’abord, un petit lifting : Alfred est mon assistant de procrastination. Le problème est que toutes les applications (notamment celles des réseaux sociaux) peuvent se retrouver sur l’écran d’accueil, à un coup de pouce. Rien de pire pour détourner votre attention. J’ai donc tout enlevé, pour ne laisser que l’indispensable : ma musique (faut pas déconner non plus), mes applications pour la photographie, le téléphone et la messagerie, parce que quand même, c’est fait pour ça à la base, et, sur la moitié de l’écran, mon calendrier et mes tâches. Tout le reste est accessible en quelques secondes, mais il faut que j’aille le chercher par moi-même. L’idée, comme en minimalisme, est d’épurer ce qui tombe dans le champ de vision. De cette manière, on clarifie les pensées et on limite la distraction.

Une fois Alfred configuré, il faut remplir le calendrier. J’y note tout ce que je peux, que cela me concerne ou non. C’est ma seconde mémoire. Anniversaires, dates d’entretiens (pour moi ou d’autres personnes), rendez-vous, mais aussi activités prévues, rappels pour les prises de rendez-vous, vacances, notes…bref, tout ce que je peux potentiellement oublier de faire. Tous ces événements sont organisés avec un code couleur pour plus de lisibilité. Par exemple, toutes les tâches à effectuer sont en rouge, les rendez-vous médicaux sont en jaune, les vacances et séjours en orange, etc… Ce code est vraiment personnel, une couleur peut en remplacer une autre. Au-delà du respect de ce code couleur, je ne me suis posé qu’une seule règle : NOTER IMMEDIATEMENT ! Pas dans 5 minutes, pas après la pause dèj, nan ! Tout de suite ! Impossible d’oublier comme ça. Et si ça peut se faire en 5 minutes, je le fais tout de suite.

Autre point de tourmente pour moi : les temps morts ! Oui, c’est paradoxal, mais un temps sans aucune activité de prévue est une véritable angoisse ! L’orage qui règne sous mon crâne à ces moment-là est assourdissant, voire paralysant. Impossible de prendre une décision : faire de la guitare ? de la photo ? Lire l’un des 30 livres de ma PAL ? Tout me semble trop long, ou pas assez stimulant, ou demande trop d’efforts. Mon cerveau panique (NB : Mon cerveau, pas moi. Tentative de rejet de responsabilité, à ajouter à la liste des points à améliorer), et je me retrouve devant une série sans intérêt, plus à attendre que le temps passe qu’à me concentrer vraiment sur ce que je suis en train de regarder. Ce point est un peu plus délicat à traiter, car il vient uniquement de moi, pas d’un objet extérieur de distraction. Dans son livre Le nouvel art du temps, Jean-Louis Servan-Schreiber parle des différents temps qui rythment nos vies personnelles. Il en recense quatorze, parmi lesquels on trouve le temps du corps, le temps du repos ou encore le temps d’apprendre. Pour chacun, on peut définir un objectif et un délai pour y arriver. Je tente de garder ce découpage en tête dès que je dois remplir mon planning, en variant les activités pour remplir mes objectifs Si un temps mort survient, je peux simplement me consacrer à l’un de ses temps, et je sais que cela me sera bénéfique quoi qu’il arrive. Je ne suis encore qu’au début de cette petite expérimentation mais ça semble fonctionner, et l’angoisse des temps mort devient de plus en plus rare.

Semer des graviers

Il y a quelques années, j’ai rencontré une personne qui est maintenant une amie très chère. Elle m’a fasciné car elle avait un rapport au temps complètement différent du mien. La principale raison ? Elle n’a pas de smartphone. Nous ne vivons pas dans la même ville, du coup, nous avons commencé par communiquer par mail. J’ai tout de suite ressenti une grande frustration, car je devais attendre ses réponses pendant des semaines. Quand je lui ai fait part de cela, elle m’a expliqué qu’elle me répondrait quand elle pourrait réellement prendre du temps de le faire et ainsi être pleinement concentrée sur ce qu’elle m’écrirait. Elle ne voulait pas écrire sur un coin de table, et passer à côté de l’instant. Cela m’a renvoyé à mon propre rapport au temps. J’ai commencé doucement à me rendre compte que je pouvais passer à côté de beaucoup de moment de joie pour pouvoir suivre ce rythme infernal qu’on tente de nous imposer.

Dans son livre Et il me parla de cerisiers, de poussières et d’une montagne, Antoine Paje nomme ces personnes des semeurs de graviers. Il s’agit de personne qui croisent votre chemin, pour y semer une idée, qui germera pour vous rendre meilleur. Mais si on n’y prête pas attention, nous pouvons passer toute notre vie à côté de ces petits graviers. Je suis heureux d’avoir découvert celui-ci. Après quelques mois d’expérimentation, ma gestion du temps s’est améliorée, même s’il me reste beaucoup de travail encore (comme écrire mes articles pour le blog en temps et en heure par exemple…). Le fait de mieux organiser mon temps permet de me soulager d’un grand poids et de me dégager l’esprit pour d’autres choses. J’ai pu me plonger un peu plus dans la littérature, être plus assidu dans le sport, et je compte bien me dégager du temps pour la méditation également. Je me sens plus léger, et plus en contrôle. Prêt pour m’attaquer à la quête du bonheur et de la joie.

J’espère que cet article pourra vous apporter quelque chose. Merci d’avoir pris un peu de temps pour me lire. Et la prochaine fois que vous vous retrouvez devant une vidéo de chat sur Internet, demandez-vous si cela vaut vraiment votre temps…

 

Et vous, quelles sont vos astuces pour mieux dépenser votre temps ?

 

Choisir sa crème solaire : protéger sa peau et respecter les océans

Choisir sa crème solaire : protéger sa peau et respecter les océans

Choisir sa crème solaire

Aujourd’hui, on va parlé d’un sujet qui me tient à cœur : comment choisir sa crème solaire pour allier protection et respect des océans. J’ai du sang breton dans les veines, alors les grandes flaques d’eau salées, j’y tiens vachement ! 😉

Depuis quelques années, les médecins et les dermatologues nous alertent, à juste titre, sur les méfaits d’une exposition prolongée au soleil. Les médias en remettent une couche tous les étés : il faut se protéger du soleil (sinon on va tous fondre comme le méchant à la fin de Roger Rabbit)(comment ça non?) ! Plus sérieusement, une trop longue exposition aux rayonnements UV peut être à l’origine de cancers de la peau. Et en plus si l’on s’en tient à l’aspect purement esthétique, les UV sont responsables à 80% du vieillissement cutané : les rides, les tâches, tout ça tout ça ! Nous avons tous un « capital soleil », qu’il faut préserver du mieux possible.

Pour se protéger des dangers liés aux rayonnements UV en été, le premier reflexe consiste bien souvent à se tartiner de crème solaire avec un indice de protection élevé (minimum 30) avant d’aller plonger dans l’eau pour se rafraichir. Chaque année, 25 000 tonnes de crèmes solaires sont ainsi déversées en mer et dégradent les écosystèmes ! En effet, ces produits sont loin d’être inoffensifs d’un point de vue environnemental. Le tourisme côtier étant toujours en augmentation, la situation ne va pas aller en s’améliorant à moins que l’on change notre consommation et que l’on choisisse mieux nos produits. Malheureusement, beaucoup de gens ignorent encore l’impact des produits solaires sur les océans (ceux qui s’en foutent, je ne peux plus rien pour eux) ou sont simplement perdus parmi l’offre existante : nature des filtres, bio ou pas, nanoparticules, … Dans cet article, je vous propose de faire le point sur tout ça.

Comme toujours, j’ai essayée d’être la plus objective possible. Cependant des données ont pu m’échappées et si vous avez des informations supplémentaires à partager, c’est dans les commentaires que ça se passe !

Quel type de crème solaire choisir : filtre chimique ou filtre minéral ?

Choisir sa crème solaire

Plutôt que de vous écrire une longue tartine (de crème donc), voici un tableau qui résume les mécanismes, avantages et inconvénients de chaque type de protection solaire.

Filtre chimique Filtre minéral
Mécanisme Les molécules utilisées absorbent les rayons UV et restituent l’énergie emmagasinée sous forme de chaleur – Filtre physique à base de poudres inertes opaques (mica, talc, oxyde de zinc, dioxyde de titane…)

– Création d’une barrière qui reflète et diffuse les UVA et les UVB

Avantages – Délai de 30 minutes avant d’agir

– Pénètre la peau

– Transparents

– S’étale facilement

– Efficace dès l’application

– Ne pénètre pas la peau

 

Inconvénients – Certaines substances sont suspectées d’être des perturbateurs endocriniens

– Non biodégradables

– Toxique pour les milieux aquatiques

– Peut causer des irritations et des allergies

– Les produits peuvent contenir des nanoparticules

– Peut laisser un film blanc

– Plus difficile à étaler

Les protections à base de filtres chimiques sont généralement plus agréables à utiliser mais sont aussi beaucoup plus dommageables pour l’environnement (#euphémisme). Certaines crèmes solaires associent les deux types de filtres pour maximiser l’effet protecteur. Le problème reste alors le même qu’avec les filtres chimiques seuls en ce qui concerne les milieux aquatiques comme on va le voir juste après.

Quel sont les impacts des filtres chimiques sur l’humain et les océans?

Choisir sa crème solaire

Parmi les études que j’ai pu trouver, les molécules servant de filtres chimiques les plus étudiées sont : la benzophénone-1, la benzophenone-2, la benzophénone-3 (BP-3 ou oxybenzone), le 4-methylbenzylidene camphor (4-MBC) ainsi que le dioxyde de titane (TiO2) et l’oxyde de zinc (ZnO) sous leur forme nanoparticulaires.

La benzophenone est une substance couramment utilisée en cosmétique comme filtre solaire et elle est aujourd’hui autorisée à hauteur de 10% dans les formules de soins. Ceci étant dit, la discussion sur cette substance est toujours en cours à la commission européenne car l’ANSM la déconseille pour un usage chez l’enfant et recommande de l’utiliser à 6% maximum pour les adultes. J’ai pu lire plusieurs fois que les filtres solaires chimiques en général sont également suspectés d’être des perturbateurs endocriniens.

Pour ce qui est des milieux marins, plusieurs dangers sont à noter. D’abord, les filtres chimiques sont directement liés à la mort des coraux en détruisant une algue vitale à leur développement. Une étude a montré qu’après seulement quelques heures d’exposition à certains composants dont la BP-3, le 4-MBC et des parabènes, les coraux commencent à blanchir et meurent ensuite rapidement. Et cela se produit même à des concentrations très faibles. Quand on sait qu’il suffit de 20 minutes de baignade pour que 25% des substances chimiques soient relarguées dans les océans, ça donne à réfléchir. Les chercheurs estiment qu’environ 10% des récifs coralliens mondiaux sont menacés par les crèmes solaires et que plus de 50% d’entre eux sont en mauvaise santé (pour ça on peut dire merci à la pollution globale et au réchauffement climatique).

Pour aller plus loin sur l’importance des coraux, je vous conseille le site Coral Guardian.

Evidemment, les coraux ne sont pas les seuls menacés. Une autre étude a montré que les nanoparticules contenues dans les crèmes solaires produisent de l’eau oxygénée (H2O2) au contact de l’eau de mer. Problème : celle-ci affecte la croissance du phytoplancton, qui est à la base de la chaîne alimentaire des océans. C’est donc l’aliment principal de nombreux animaux marins et sa raréfaction les met directement en danger.

Je n’ai pas trouvé d’étude traitant de l’impact de tous ces composés sur les animaux marins directement mais je pense qu’il serait intéressant de se pencher sur la question.

En résumé, mieux vaut éviter les crèmes solaires contenant des filtres chimiques pour préserver notre santé ainsi que notre jolie planète. Ce qui tombe plutôt bien, c’est que des alternatives saines existent.

Comment protéger sa peau du soleil et préserver les océans ?

Choisir sa crème solaire

Pour commencer, on en revient au conseil basique, celui que l’on donne toujours en premier : éviter de s’exposer au soleil aux heures les plus chaudes entre midi et 16h. Donc on ne se tartine pas de monoï avant d’aller s’allonger sur le sable blanc à midi en plein cagnard (personnellement je ne peux pas, je cuis littéralement). Votre peau vous dira merci. 😉 Dans la même veine d’idées, on s’installe à l’ombre quand c’est possible.

Pour les enfants, pensez à les couvrir, tout simplement. Ce sera toujours plus efficace qu’une crème en termes de protection solaire. Et pour tout le monde, pourquoi ne pas investir dans un chapeau anti-UV ?

Finalement, la crème solaire ne devrait être dégainée qu’en dernier recours. Personnellement j’en met toujours au moins sur mon visage, en plus d’appliquer les conseils cités plus haut. J’ai la peau déjà très abimée suite à une année où je ne me suis pas protégée du tout : une belle zone de brulure autour du nez qui ne partira jamais complétement et qui reste toute rouge toute l’année. On choisit donc une protection solaire UVA et UVB avec un filtre minéral et si possible certifiée sans dangers pour les milieux marins. Alors oui, ça sera sans doute un peu moins facile à étaler, mais je crois vraiment que nos océans méritent bien ce petit effort. En plus, ces dernières années les marques, notamment bio, ont fait beaucoup de progrès et les textures sont de plus en plus agréables à l’utilisation.

A la maison, on en a déjà testée quelques-unes :

  • l’huile solaire d’acorelle : que j’aimais bien mais elle laisse des traces jaunes sur les vêtements clairs,
  • La marque propose aussi un spray solaire et je pense que je vais le tester cette année.
  • les crèmes EQ : qui ne me vont pas du tout à cause de leur fond rosé (j’ai la peau jaune^^).

Il y en a évidemment d’autres, par exemple :

Sur Facebook, on m’a également conseillé en commentaire la crème Alphanova Sun SPF 50 kids (sea & reef safe, bio) et on m’a promis qu’elle s’applique facilement sans laisser de grosses traces.

La plupart de ces marques sont vendues sur internet ou en magasin bio. On trouve des sticks, des laits corporels, des sprays… Un peu de tout en termes de texture et de mode d’application donc. Le mieux est de les tester en magasin pour s’assurer que l’application est facile et nous convient.

Avène, qui est une marque conventionnelle, met également en avant des compositions respectueuses des océans sur son site. Attention cependant, cela concerne uniquement leur gamme de produits pour les peaux sensibles ! On les trouve en pharmacie et parapharmacie.

Cette année, j’ai commandé deux produits de chez UV Bio qui sont aussi véganes et non testés sur les animaux, deux critères que je prends en compte également. J’espère qu’ils seront biens, surtout le gel solaire pour le visage. Edit : le gel solaire est pas mal mais le lait solaire ressemble à du plâtre ! N’y allez pas. XD

Quelques soit la crème choisie, il faut en appliquer toutes les deux heures, durée maximum d’efficacité des filtres solaires et après chaque baignade. Il faut également en changer chaque année, sous peine de ne plus avoir une protection suffisante. Les crèmes solaires périment !

Et vous, quelle protection solaire allez-vous adopter cet été ? Connaissiez-vous les effets des filtres chimiques sur les océans ?

Liste (non-exhaustive) des ingrédients problématiques :

  • Benzophénone (BP-2, BP-1, BP-3 ou oxybenzone)
  • 4-méthylbenzylidène camphre (4-MBC) (et les autres dérivés du camphre)
  • 3-benzylidène camphre (3-BC),
  • Méthoxycinnamate d’éthylhexyle
  • Octyl-méthoxycinnamate (OMC)
  • Octocrylène (OC)
  • Acide para-aminobenzoïque (PABA)
  • Padimate O, Octyl salicylate
  • Cinnamate

Bibliographie :

Malheureusement, la plupart des ressources scientifiques sont en anglais. Vous trouverez néanmoins des articles généraux sur les grands sites de médias Français.

Antonio Tovar-Sánchez. Sunscreen Products as Emerging Pollutants to Coastal Waters. Plos. 2013

A. Downs. Toxicological effects of the sunscreen UV filter, benzophenone-2, on planulae and in vitro cells of the coral, Stylophora pistillata. Ecotoxicology. Mars 2013, Volume 23, numéro 2, pp 175-191.

A. Downs. Toxicopathological Effects of the Sunscreen UV Filter, Oxybenzone (Benzophenone-3), on Coral Planulae and Cultured Primary Cells and Its Environmental Contamination in Hawaii and the U.S. Virgin Islands. Environmental Contamination and Toxicology. Février 2016, volume 70, numéro 2, pp 265 – 288.

David Sánchez-Quiles, Antonio Tovar-Sánchez. Sunscreens as a Source of Hydrogen Peroxide Production in Coastal Waters. Environmental science and technology, 2014, volume 48, numéro 16, pp 9037–9042.

John Tibbetts. Bleached, But Not by the Sun: Sunscreen Linked to Coral Damage. Environ Health Perspect. 2008, avril, volume 116, numéro 4, A173.

MINISTERE DE L’ECOLOGIE, DU DEVELOPPEMENT DURABLE ET DE L’ENERGIE. Juin 2014. Rapport au parlement relatif aux perturbateurs endocriniens. [En ligne] Disponible sur : http://social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/PE-Rapport-Parlement-Loi-2412012.pdf (consulté le 18 mai 2016)

GREEN CROSS. 9 février 2015. Crèmes solaires, perturbateurs endocriniens, santé humaine et impact sur les récifs coralliens. [En ligne] Disponible sur : http://gcft.fr/wp-content/uploads/2015/06/Synthèse_crèmessolaires_20150527.pdf (consulté le 18 mai 2016)

 

Pourquoi réduire nos déchets ? #1

Pourquoi réduire nos déchets ? #1

Suite à notre dossier sur le minimalisme, j’ai eu envie de vous parler du mouvement « zéro déchets » (et essayer de vous motiver à vous lancer dans l’aventure). En effet, pour moi, les deux sujets sont intimement liés. Quoi de mieux alors que de commencer par un article expliquant pourquoi réduire nos déchets ?

Pour la rédaction de cette série d’articles, j’ai du lire beaucoup de documents différents (et y passer un temps fou !). J’ai donc appris énormément de chose. Si vous souhaitez plus d’infos ou approfondir un sujet, la bibliographie est disponible à la fin de chaque article.

J’étais partie pour faire un seul article mais à force d’ajouter des données plus ou moins techniques, je me suis dit que ça allait être illisible. Il y aura donc 2 articles sur le sujet. Vous êtes ravie j’en suis sûr ! Prenez vous un thé ou un café pour la lecture. 😉

Et allons-y.

Gros plan sur la production de déchets annuelle

En 2012, en France, nous avons généré 345 millions de tonnes de déchets au global, dont 11,3 Mt de déchets dangereux. Rapporté à la population, cela correspond à 5,3 tonnes par habitant. Là-dedans, il y a :

  • 247 Mt de déchets pour les secteurs de la construction
  • 64 Mt de déchets liés aux activités économiques (production agricole, entreprises, activités de soin…)
  • 30 Mt de déchets ménagers
  • 4 Mt pour les collectivités

En tant que particuliers, nous sommes directement concernés par les déchets ménagers, soit 30 millions de tonnes par an environ. C’est sur cette masse là que nous pouvons agir en modifiant notre façon de consommer, mais ça, ce sera l’objet d’un prochain article. 😉

Chaque français produit environ 458 kg de déchets ménagers par an (chiffre de 2012). C’est deux fois plus qu’il y a 40 ans ! Ces 458 kg sont répartis en deux grandes parties : 279 kg de déchets ménagers (notre poubelle grise et nos bac à recyclage donc) et 179 kg de déchets divers qui terminent à la déchetterie (huile de vidange, vélo cassé, robot de cuisine foutu…). Personnellement je trouve ça énorme !

La composition des ordures ménagères n’a pas beaucoup changé entre 1993 et aujourd’hui, en dehors de la forte augmentation des textiles dits sanitaires (les couches, les serviettes hygiéniques et les lingettes quoi). Il y en tout de même pour 34kg par an par personne ! La bonne nouvelle c’est que la toxicité globale de nos poubelles semble avoir diminué. L’ADEME attribue cela à de meilleurs systèmes de collecte des déchets dangereux et une meilleure conception des produits à la base. On dit merci à l’éco-conception et au durcissement des normes.

Tous ces déchets ont un impact direct sur nous, notre environnement et même nos portefeuilles. Il y a donc plein de bonnes raisons pour travailler à la source et réduire nos déchets. Comme le dit la maxime, le meilleur déchet reste celui que l’on ne produit pas.

Diminuer la pression sur les ressources naturelles

Tout le monde le sait, les pays occidentaux consomment trop de matières premières. Chaque année, nous atteignons le moment où les ressources naturelles sont épuisées de plus en plus tôt. L’année dernière c’était le 8 aout et je suis prête à parier que cette année ce sera en juillet ! On « vit à crédit », on le sait et on ne fait rien (ou pas grand-chose) pour le changer.

En France, on utilise 784 millions de tonnes de matières premières pour le fonctionnement de notre économie, dont 59% sont non-renouvelables. Ce qui fait la bagatelle de 12 tonnes de matériaux par personne par an.

A titre d’exemples, voici la quantité de matériaux nécessaires pour la fabrication, l’utilisation puis l’élimination de quelques objets qui font notre quotidien :

  • une brosse à dent : 1,5 kg
  • un téléphone portable : 75 kg
  • une puce électronique de 0.09 g : 20 kg
  • un ordinateur : 1500 kg
  • 1 Kg d’aluminium utilisable : 5 Kg
  • 1 alliance de 5g en or : 2000 Kg
  • un jean : 32 kg + 8 000 litres d’eau
  • une voiture : 70 tonnes
  • un litre de jus d’orange = 100 kg

Impressionnant n’est-ce pas ? Personnellement ça me fait carrément reconsidérer mes achats. Je préfère réparer mon PC en changeant sa batterie et un disque dur plutôt que de le jeter pour en acheter un neuf. De cette façon, j’évite de prélever 1500 kg de matériaux. Sinon, je me tourne le plus possible vers des objets d’occasion, ça évite de devoir consommer des ressources pour quelque chose qui existe déjà.

Le suremballage, le tout jetable (gobelets, assiettes en plastique…), les achats neufs tout le temps et la surconsommation de biens matériels, c’est du gâchis de ressources, que nous n’avons même pas (et j’ajouterais bien que nous les volons à d’autres pays mais on risque de me dire que je suis trop extrême) !

On a beau avoir connaissance d’un pic pétrolier, on continue de gaspiller l’or noir pourtant si important pour le bon fonctionnement de nos sociétés, juste par flemme de laver des assiettes…

Le pire c’est que tout jeter à tout va nous coûte une petite fortune, même si on ne s’en rend pas très bien compte à notre échelle.

Diminuer les coûts liés au traitement des déchets

crédit image : https://www.quechoisir.org/actualite-dechets-menagers-baisse-des-couts-unilaterale-n2209/

Les dépenses liées à la gestion des déchets sont le premier poste de dépense de protection de l’environnement, avec 16,7 milliards d’euros de gestion en 2013. Ces dépenses sont en constantes augmentation : +5% tous les ans depuis 1990. D’après l’ADEME, c’est en partie du à l’augmentation régulière du volume de déchets à traiter et ce, malgré les campagnes de sensibilisation menées par l’agence depuis 2009. Vous savez, le fameux slogan « Réduisons vite nos déchets, ça déborde ». L’augmentation du coup du traitement des déchets traduirait également les efforts d’investissements dans des moyens de collecte et de traitement permettant de réduire l’impact de ces structures sur l’environnement.

Pour payer tout ça, les collectivités locales perçoivent :

  • Les dons des éco-organismes (eco-emballage…)
  • Les aides publiques et les subventions
  • Les recettes issues de la vente d’énergie ou de la vente de matériaux issus du recyclage ou du compostage
  • Nos impôts (bah oui !)

Une fois retirées toutes les aides, il reste à payer 89€ par habitant. C’est là que l’on intervient. Il existe deux types de taxes :

  • La taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM), qui est basée sur le foncier et pas du tout sur le service rendu. Elle ne tient pas compte du nombre d’habitants dans le logement et il faut la payer même si on ne produit pas de déchets !
  • La redevance d’enlèvement des ordures ménagères (REOM), qui elle, est beaucoup plus logique puisque basée sur la quantité d’ordures ramassées. Le principe le plus retenu est celui d’une facturation en fonction du nombre des levées/ dépôts ou au poids. En 2016, 4,5 millions de personnes étaient concernées, surtout dans l’ouest et l’est de la France. Ces systèmes ont le vent en poupe et se développent de plus en plus. Ils ont montré qu’ils permettent réellement de réduire les ordures ménagères. Beaucoup craignent de trouver des poubelles abandonnées suite à l’instauration de mesures incitatives. Cela arrive évidemment (il y a des c*** partout^^), mais d’après l’ADEME, cela reste anecdotique.

Je ne sais pas vous, mais 16.7 milliards d’euros je trouve que ça fait beaucoup pour des ordures et si j’avais le choix, j’aimerais autant que les collectivités en réinjectent tout ou partie dans l’éducation, les associations, les infrastructures (médiathèques, terrains de sport…) ou l’action sociale (crèches…) par exemple. Réduire nos déchets pourrait permettre ça.

A titre personnel, nous avons fait pas mal d’économies en adoptant les principes du (presque) zéro déchet. J’en parlerais dans un autre billet, sinon celui-ci sera interminable. (ou l’art de faire du teasing haha !)

Réduire nos déchets : un objectif collectif

Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie

En 2015, la loi de transition énergétique pour la croissance verte a défini des objectifs globaux à atteindre pour la prévention et la gestion des déchets :

  • Réduire de 10 % les déchets ménagers (2020) ;
  • Réduire de 50 % les déchets admis en installations de stockage (2025) ;
  • Porter à 65 % les tonnages orientés vers le recyclage ou la valorisation organique (2025) ;
  • Recycler 70 % des déchets du BTP (2020).

Pour atteindre les deux premiers, le plus simple reste encore d’agir à la source en réduisant nos déchets. D’ailleurs, le ministère de l’environnement à démarré plusieurs projets «  Territoires zéro déchets, zéro gaspillage » depuis 2014. Plusieurs millions de personnes se sont donc lancé le challenge de réduire la taille de leurs poubelles d’au moins 10%. Pour les aider à atteindre leurs objectifs, les collectivités peuvent mettre en place la collecte des biodechets (toutes nos épluchures et environ 25% de nos poubelles !), promouvoir l’économie circulaire et animer des ateliers pour réduire le gaspillage, donner une seconde vie aux choses quand c’est possible et recycler tout ce qui peut l’être.

La ville de Roubaix a un programme de ce type : Roubaix zéro déchet. Je trouve ça vraiment bien, parce que le zéro déchet, au-delà des actions que l’on peut faire à titre individuel, doit être porté par les collectivités et les décideurs en général. Sans quoi rien ne bougera à grande échelle.

Et ensuite ?

C’est déjà la fin de ce premier article. Je l’ai voulu le plus objectif et précis possible, comme le suivant d’ailleurs. J’espère que vous aurez appris des choses et que ça vous intéressera autant que moi. Dans le second article, je reviendrais sur la gestion des déchets ménagers en France en particulier, des différentes méthodes qui existent pour les traiter et de tout ce que cela implique.

Que pensez-vous de tout ça ? Essayez-vous déjà de diminuer vos déchets ?

Bibliographie

Le rapport complet de l’ADEME en 2016 : http://www.ademe.fr/dechets-chiffres-cles

http://www.planetoscope.com/dechets/614-production-de-dechets-en-france.html

https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-22241-chiffres-cles-dechets.pdf

Loi de transition énergétique pour la croissance verte : http://www.developpement-durable.gouv.fr/loi-transition-energetique-croissance-verte