Bilan lectures #2

Bilan lectures #2

Nouveau bilan lecture, le deuxième de l’année. Il était temps, le dernier date du mois de mars ! Un tous les trimestres, ça doit être mon rythme. Comme la dernière fois je vous parle des livres qui m’ont vraiment touché et pas des trucs nuls que j’ai eu envie de jeter par la fenêtre.

Dans la sélection du jour, vous trouverez 4 romans et 2 essais. Dans la plupart des romans que je lis en ce moment, et même pour ceux que j’ai envie de lire, il y a une thématique récurrente : le changement de vie (plus ou moins) radical. Cela fait tout simplement échos à ma propre envie de changement et de mouvement. Ces personnages qui osent tout plaquer, ou qui n’ont pas le choix de recommencer leur vie, m’inspirent et me motivent à évoluer.

Je vous laisse découvrir mes coups de cœur !

Mange, prie, aime, Elizabeth Gilbert

J’ai eu envie de lire Mange, prie, aime d’Elizabeth Gilbert après ma lecture de Comme par magie de la même auteure. Elle y fait référence à plusieurs reprises tandis qu’elle explique son processus créatif. J’avais vu le film éponyme au cinéma lors de sa sortie il y a quelques années et il ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable. Et pour cause, il est beaucoup (beaucoup beaucoup) moins riche que le roman.

Dans Mange, prie, aime, Elizabeth nous raconte une année de sa vie, l’année de sa reconstruction. L’écriture est fluide et j’ai fini les quelques 500 pages rapidement. Ce n’est pas un roman au style parfait mais j’ai été touchée, particulièrement lors des premiers chapitres lorsque l’auteure revient sur sa dépression et ce mal-être qui la ronge de l’intérieur. On comprend mieux son processus intérieur  et son besoin impérieux de partir pour se retrouver que dans le film.

Le roman est divisé en trois grandes parties. La première concerne son voyage en Italie, où elle se redécouvre et apprend le plaisir, notamment de manger. Autant vous dire que depuis que j’ai lu ce bouquin, je rêve d’aller à Rome déguster des pasta et des gellato. Et tant qu’à faire j’irais bien aussi faire un petit tour à Naples pour manger une pizza. La seconde partie revient sur son voyage en Inde et sa quête spirituel, son envie de se rapprocher de Dieu. Je suis une athée convaincue et assez hermétique à la spiritualité en général, et pourtant ce passage m’a parlé. Je trouve qu’Elizabeth Gilbert arrive à bien retranscrire  les sensations liées à la méditation, qui ne sont pas si faciles à expliquer. Enfin la troisième et dernière partie se déroule à Bali où elle cherche à trouver son équilibre.

Le livre est drôle, notamment grâce aux protagonistes que l’auteure rencontre mais aussi grâce à l’autodérision dont elle sait faire preuve. Je l’ai aussi trouvé très touchant car elle se livre totalement. Je trouve qu’on ressent la sincérité de la démarche dans chaque chapitre. C’est un roman que j’ai adoré, surement parce qu’il correspond à ce dont j’ai besoin en ce moment, ayant le même type d’interrogations qu’elle (la dépression en moins).

Les derniers jours de Rabbit Hayes, Anna McPartlin

J’ai acheté Les derniers jours de Rabbit Hayes sur un coup de tête, parce que je trouvais la couverture jolie (je suis influençable comme ça oui). La quatrième de couverture promettait beaucoup d’émotions et de rire. Et c’est effectivement ce que j’ai trouvé entre ces pages.

On connait la chute de l’histoire dès le départ. Il n’y a pas de surprise de côté là. Il reste 9 jours à vivre à Mia Hayes, affectueusement surnommée Rabbit par ses proches, et on les vit avec elle. Rabbit est en phase terminal d’un cancer et passe ses derniers jours dans une maison de soin spécialisée, entourée par ses proches qui se relaient à ses côtés. Le postulat de départ n’est pas joyeux du tout et d’ailleurs le roman ne l’est pas. Accompagner un proche qui soufre et qui est encore jeune s’apparente à un cauchemar pour beaucoup de gens. Malgré tout, Ann McPartlin arrive à nous faire rire souvent, grâce à l’humour noir de Rabbit et des autres personnages.

L’intrigue alterne entre le présent et les flash-backs de Rabbit, qui se souvient de son amour de jeunesse, johnny, dans son sommeil. Johnny est deuxième personnage principal du roman et le moins que l’on puisse dire c’est que nos deux héros n’ont pas été épargné par la vie.

Les proches de Rabbit sont des personnages attachants, réalistes et terriblement touchants. Tous réagissent différemment à l’annonce de la mort toute proche de Rabbit : il y a le déni des parents face à la maladie et le décès tout proche de leur fille. Ils cherchent à tous prix un traitement expérimental qui pourrait la sauver. Ses frères et sœurs se demandent comment faire pour s’occuper au mieux de Juliette, la fille de Rabbit. Et enfin, il y a Juliette qui prend soin de sa mère depuis l’annonce du cancer et qui attend désespérément qu’on lui annonce la date de retour à la maison de Rabbit.

Malgré son sujet sombre, c’est un roman que j’ai dévoré et qui m’a fait beaucoup de bien. Prévoyez simplement quelques mouchoirs pour accompagner votre lecture si vous avez la larme facile comme moi.

La petite boulangerie du bout du monde, Jenny Colgan

On passe à un roman plus léger avec La petite boulangerie du bout de monde. Ici on suit Polly qui, suite à la faillite de son entreprise et sa séparation, se retrouve à louer un appartement délabré sur une petite île isolée de Cornouailles, contre l’avis de ses proches. Une fois sur place, elle profite de son surplus de temps libre pour s’adonner à sa passion : faire du pain, beaucoup de pain. Ses délices lui permettent d’amadouer certains des habitants de l’île. Au fil de ses rencontres, elle se lie d’amitié avec les pécheurs du port, adopte un petit macareux blessé et tombe sous le charme de l’apiculteur du coin, lui-même expatrié et venant des Etats-Unis. Par la force des choses, Polly est amenée à travailler avec la boulangère en titre de l’île. Commence alors une cohabitation difficile avec cette femme possédant un très fort caractère (euphémisme bonjour !) et franchement désagréable. Polly doit prouver ses compétences de boulangère professionnelle, se créer sa place sur l’île et décider de ce qu’elle souhaite pour son avenir.

Les personnages du roman sont parfois clichés et j’ai vu venir l’histoire d’amour 100 pages à l’avance. Ceci étant, l’auteur se rattrape en approfondissant les histoires personnelles de certains protagonistes. Au fil des pages, on apprend à mieux connaitre la boulangère acariâtre et à la comprendre. Même si je n’ai pas réussi à l’apprécier, j’ai ressenti de l’empathie pour elle. Jenny Colgan nous rappelle également à quel point le métier de pécheur peut être dangereux et de quelle façon la vie insulaire diffère de la vie sur le continent.

C’est un roman qui permet de passer un bon moment et de réfléchir à nos propres aspirations pour notre vie. Je trouve que c’est aussi une sorte de plaidoyer pour vivre autrement, plus lentement en échos aux différents mouvements slow. Le livre se lit facilement et met du baume au cœur. Pile ce dont j’ai besoin actuellement donc. J’ai vu qu’il existe un second tome. Je me le garde pour cet été.

La passe-miroir, tome 3 : la mémoire de Babel, Christelle Dabos

Le troisième tome de la passe-miroir est paru le 1er juin en France. J’ai résisté à peu près trois jours avant de foncer dans une librairie pour l’acheter. J’en attendais beaucoup, vu le niveau des deux premiers tomes, qui m’avaient transportés dans un univers fantastique époustouflant.

J’ai aimé ce 3ème opus, même s’il m’a laissé un peu sur ma faim. On retrouve Ophélie qui part à la recherche de Thorn, disparu depuis bientôt deux ans. Pour cela, elle se rend sur Babel avec l’aide de ses amis du pôle. La-bas, elle va devoir s’adapter à une société très codifiée et intégré une école où la concurrence est rude pour progresser dans ses recherches.

J’ai trouvé la première moitié du roman un peu longue à se mettre en place pour être honnête. Ophélie subie un bizutage en règle en arrivant dans sa nouvelle école et aucun responsable ne semble s’apercevoir de rien. Christelle Dabos a le mérite d’aborder la thématique du bullying même si ça a déjà été traité plus d’une fois ailleurs. Je pense notamment à Eleanor and Park de Rainbow Rowell.

Les personnages secondaires que l’on connaissait dans les deux premiers tomes sont les grands absents de celui-ci. A peine quelques pages leurs sont consacrées et je dois avouer qu’ils m’ont beaucoup manqué, surtout Archibald et Bérenilde que j’adore. En revanche, nous faisons connaissances avec la fille de Bérénilde, la petite Victoire, pendant quelques chapitres. Elle est dotée d’un pouvoir étrange, qui va l’amener à se mettre dans une situation terrifiante à la fin du livre. Les nouvelles rencontres faites par Ophélie à Babel sont assez peu développées, notamment son amitié avec Octavio qui reste superficielle. J’aurai aimé connaitre ses nouveaux personnages un peu mieux. On ressent vraiment toute la solitude d’Ophélie au fil des pages.

Mais venons-en à ce que j’ai le plus apprécié dans ce tome : voir Ophélie grandir. Elle évolue doucement mais surement et devient une femme de plus en plus sure d’elle, qui sait ce qu’elle veut et l’assume. Une des dernières scènes est révélatrice de cela. La deuxième moitié du roman est très riche en rebondissements et révélations sur le monde éclaté et Dieu. Cela donne très envie de connaitre la suite, donc j’achèterais forcément le tome 4. 😉

Finalement ce tome est un entre deux à mon sens : l’auteure met en place tous les pions dont elle aura besoin pour conclure et développe la force de son héroïne. Il y a forcément moins d’action que dans les deux premiers, mais le roman reste très agréable à lire.

Comment éviter de se fâcher avec la Terre entière en devenant parent ? – la paternalité en 9 questions qui divisent, Béatrice Kammerer et Amandine Johais

Même si je n’ai pas d’enfants (et que ce n’est vraiment pas prévu), je suis passionnée par tout ce qui touche à la parentalité et à l’éducation, en particulier l’éduction non violente. J’ai déjà lu plusieurs ouvrages sur le sujet et j’en ai d’autres qui m’attendent sagement dans ma PAL. Quand j’ai vu que Béatrice Kammerer sortait un livre sur le sujet, je me suis empressée d’aller le chercher. Je lis le blog des vendredis intellos depuis un moment et je trouve son travail toujours rigoureux et précis, cherchant avant tout à se baser sur l’état actuel des connaissances scientifiques et non à faire de la propagande pour un camp ou un autre. L’éduction des enfants étant un sujet qui divise (no shit ! comme disent les anglais ^^), je trouve cette approche vraiment salvatrice.

On retrouve cet état d’esprit tout le long des quelques 300 pages du livre. Les auteures veulent avant tout faire un état des lieux des connaissances sur les problématiques qu’elles abordent. Aucune leçon de morale, aucune recette magique pour élever des enfants parfaitement sages et épanouis. Les auteures sont réalistes quant au quotidien des parents, ayant elles-mêmes plusieurs enfants. Elles plaident pour un « evidence-based parenting », une éduction basée des preuves.

Dans Comment éviter de se fâcher avec la terre entière en devenant parent ?, elles reviennent notamment sur l’accouchement physiologique (et pourquoi vouloir accoucher chez soit quand on ne présente aucun signe alarmant n’est pas une hérésie), le concept d’enfant-rois, l’âge auquel on est supposé faire des enfants, la pression à avoir des enfants « indépendants » tôt, les nouveaux pères, l’apprentissage par le jeu ou encore l’adolescence (ce fléau)(ou pas).

J’ai trouvé le livre absolument passionnant et l’ai dévoré en une semaine. Bon en même temps si ce n’était pas le cas, je n’en parlerai pas ici nous sommes d’accord. Le langage est soutenu mais accessible à tous. La lecture est facilité par les traits d’humour disséminés ici et là. Il faut simplement se laisser le temps d’assimiler les informations car le contenu est très dense.

En résumé si vous êtes parents, grands-parents, oncles, tantes, parrains ou marraines, nounou, baby-sitter ou si vous vous intéressez un tant soit peu à ce sujet, je vous le conseille chaudement ! Il vous donnera des pistes pour reconsidérer ce que vous pensiez savoir ou pour argumenter vos choix.

Sex and the series, Sexualités féminines, Une révolution télévisuelle, Iris Brey

Le petit dernier de cette revue, Sex and the series, qui comme son nom l’indique, traite de la sexualité des femmes dans les séries américaines et à l’influence que ces scènes télévisuelles ont sur nos mœurs (et inversement).

J’ai vu passer cet essai sur le compte instagram de tout est politique, qui parle régulièrement de féminisme. Le sujet m’a tout de suite interpelé. Le fait que je sois une femme et que j’aime les séries US a du aider un peu !

Iris Bey aborde la sexualité des femmes dans les séries à travers plusieurs problématiques : la façon dont on parle de ladite sexualité sur le petit écran, comment le plaisir des femmes est montré et abordé, comment les violences sexuelles sont mises en scène et enfin les sexualités queer. Certaines choses sont vraiment révélatrices. Par exemple, aux Etats-Unis, il est impossible de dire le mot vagin ou clitoris en prime time sur les chaines nationales, même dans un contexte éducatif. C’est jugé indécent ! Il faut soit inventer des mots, soit juste les taire. Alors que dire 17 fois pénis dans un épisode de 40 minutes ne choque personne…

L’auteure nous montre comment l’évolution de ce que l’on voit à l’écran reflète l’évolution de nos pratiques. Et à contratio, elle nous explique que les séries peuvent choisir soit de perpétuer des stéréotypes soit au contraire, de les exploser et d’aider à rendre certaines pratiques « normales » pour la majorité des gens en nous montrant des personnages ou pratiques différentes. Par exemple en développant des personnages à la sexualité fluide, en mettant en scène des femmes qui s’assument, des personnages transgenre… J’ai été particulièrement intéressée par la partie où Iris Brey aborde les violences faites aux femmes. En fonction de la façon dont les scènes de violence sont traitées, elles peuvent également soit dénoncer les violences et montrer l’impact qu’elles ont sur leurs victimes, ou au contraire ne servir à rien d’autre qu’augmenter l’audimat.

Cet essai est passionnant. Il permet de prendre un peu de recul par rapport à ce que l’on regarde : « quel message nous fait-on passer ? ». Et évidemment, il donne envie de regarder plein de séries différentes. 😉 J’ai d’ailleurs commencer Frankie & Grace, série mettant scène la vie de deux femmes de 70 ans fraichement divorcées.

Y-a-t-il un livre qui vous tente parmi cette sélection ? Et vous, quelles sont vos dernières lectures marquantes ?

Mes 10 coups de cœur littéraire de 2016

Mes 10 coups de cœur littéraire de 2016

Mes 10 coup de cœur littéraires de 2016

En 2016, j’ai lu 70 livres en tout : romans, essais et bande-dessinées inclus. J’adore lire, c’est une de mes premières passions et il ne se passe pas un jour sans que je lise quelques pages. Evidemment certaines périodes sont plus propices que d’autres à la lecture et je dévore plus lors des vacances par exemple.

Je lis un peu de tout avec une préférence pour les auteurs contemporains et surtout, j’essaie de lire plus de femmes auteures. J’ai déjà lu beaucoup d’hommes par le passé, notamment pour les cours, alors je me rattrape un peu maintenant. 😉 Ce que j’aime par-dessus tout c’est un roman qui arrive à me divertir ET à ma faire réfléchir sur des sujets importants.

Je vous présente donc juste en dessous mes 10 livres coup de cœur de 2016, dans l’ordre où je les ai lus.

10 coups de cœur littéraire 2016

1/ Un goût d’espoir et de cannelle de Sarah Mc Coy

Un goût d’espoir et de cannelle est un des premiers livres que j’ai lu en 2016. C’est un roman historique qui nous fait rencontrer deux héroïnes qui vont devoir faire face à des choix difficiles. Il y a  Reba qui est journaliste aux Etats-Unis, vivant proche de la frontière Mexicaine à notre époque et puis Eslie en Allemagne, qui cache chez elle un enfant juif pendant la seconde guerre mondiale. Leurs deux vies finiront par s’entrecroiser autour de la boulangerie d’Elsie lorsque Reba viendra pour l’interviewer pour son journal. L’histoire d’Elsie est particulièrement touchante et propice à la réflexion. J’ai aimé ce roman pour les différents niveaux de lecture qu’il propose. On peut lire une belle histoire « feelgood » ou bien aller plus loin et réfléchir au parallèle entre l’Histoire et ce qui se passe à notre époque.

2/ La passe-miroir, tome 1 et 2 de Christelle Dabos

Oui, je vous parle des tomes 1 et 2 en même temps. Mais ils comptent comme un seul livre, je triche un peu ! J’ai découvert la passe-miroir par le biais d’un article de Céline sur Les mots Ailés (blog que je vous conseille 1000 fois si vous aimez les belles plumes). Ce sont des romans dits « jeunesse », mais j’invite les grandes personnes à les lire aussi puisque ce sont de belles pépites (et que ces clivages littératures adultes/ littératures jeunesse sont un peu surfaits je trouve). Il s’agit de l’histoire d’Ophélie qui se voit forcée de se marier à Thor, homme froid et (très) renfermé car c’est une alliance désirée par ses aînés. Elle doit pour cela se rendre à la citacielle, capitale flottante du Pôle située très loin de chez elle. Là-bas, elle est obligée de cacher sa véritable identité car plusieurs hauts personnages en ont après sa vie pour asseoir leur propre pouvoir. Intrigues politiques à foison, rebondissements, amitiés et actions au programme, mais tout en subtilité. Christelle Dabos a su créer un univers merveilleusement riche et surprenant ainsi que des personnages complexes loin des clichés de la fantasy. On commence à en aimer ou à détester certains puis, l’auteure nous fait découvrir une autre partie de leur histoire, ce qui nous amène à les reconsidérer. D’autres restent ambigus du début à la fin. Beaucoup de personnages ont des pouvoirs qui servent l’histoire et qui permettent aussi de réfléchir sur des aspects semblables à ce que l’on observe dans notre monde à nous. Je pense notamment à la question des apparences, si cher à certains notables de la citacielle.

Maintenant j’attends le tome 3 !

3/ Dans le désordre de Marion Brunet

On change de registre, ou plutôt de genre littéraire. Si Dans le désordre est aussi un roman « jeunesse », l’action se déroule cette fois-ci à notre époque et est bien ancrée dans notre société française avec les tensions politiques et sociales qui lui sont propres. Marion Brunet signe un roman percutant et extrêmement riches en émotions, n’ayons pas peur des mots. Pour résumer rapidement, suite à une manifestation, un groupe de 7 jeunes décide de mettre en action leurs convictions politiques et se rassemblent pour vivre ensembles dans un squat. On suit leur vie au quotidien, on en apprend plus sur ce qui les anime, ce qui les fait avancer, leurs peurs, leurs doutes, leurs espoirs aussi. On aime avec eux, on rit avec eux, on est en colère avec eux et on pleurs avec eux. Les questions posées sont, à mon sens,  essentielles : comment vivre ensemble, quels systèmes politique et économique pour un monde plus juste, quelles possibilités avons-nous pour créer un monde meilleur, sommes-nous justes des idéalistes utopiques… Marion Brunet pose aussi la question de la légitimité des violences légales comme la violence policière. Cela m’avait particulièrement touché puisque j’ai lu le livre au moment des nombreuses manifestations qui dégénéraient.

Pour autant, l’auteure ne pose pas de jugements péremptoires que ce soit sur nos héros anticonformistes militants ou les « autres gens », ceux qui acceptent la société et se coulent dans le moule mis à leur disposition. Le roman est tout en finesse et cherche uniquement à nous faire réfléchir. D’ailleurs certaines scènes familiales entre un des héros et sa famille ne sont pas piquées des vers comme dirait ma maman.

La fin est époustouflante et laisse sous le choc. Il m’a fallu un moment pour la digérer et pouvoir ouvrir un nouveau roman.

Dans le désordre est  certainement une de mes plus belles découvertes littéraire de l’année. Si je le pouvais, je le mettrais entre toutes les mains !

4/ La couleur pourpre par Alice Walker

Un roman plus « adulte » cette fois avec La couleur pourpre, publié en 1982, qui met en scène Celie, jeune femme noire vivant en Géorgie dans les années 30. L’histoire de Celie nous est racontée sous la forme de lettres qu’elle écrit pour sa sœur dont elle a été séparée étant enfant.

Alice Walker est une militante américaine engagée contre le racisme, le sexisme et la violence. Elle  livre ici un texte fort qui raconte les conditions de vie des femmes noires de l’époque. Elle n’épargne rien ou presque à ses personnages : mariages forcés, vols de leurs enfants, viols, violences domestiques, prison, alcool… Le tableau ainsi dressé est dur, sans concession et pour autant on ne tombe jamais dans le pathos. Je me suis beaucoup attaché à Celie et aux autres personnages. Heureusement la fin apporte un peu de douceur à tous.

C’est un beau roman, parfois difficile à lire en raison de ce qu’il raconte mais néanmoins nécessaire et qui rappelle à quel point le travail pour les droits humains est nécessaire.

10 coups de cœur littéraire 2016

5/ Le livre de perle de Timothée de Fombelle

On revient à plus de douceur avec un joli conte : Le livre de Perle. Timothée de Fombelle est un auteur que j’apprécie particulièrement pour la tendresse qu’il fait passer à travers ses écrits. Je l’ai découvert avec Tobie Lolness, une fable écologique pour enfants (à recommander aux plus grands également pour ouvrir les yeux sur le traitement infligé à notre belle planète).

J’ai eu envie de lire ce livre de perle grâce Céline, encore. Il se pourrait qu’elle soit à l’origine de quelques-unes de mes plus jolies lectures. Il s’agit d’un conte moderne dont l’action a lieu pour moitié dans un monde féerique et pour l’autre moitié en France pendant la seconde guerre mondiale. Deux histoires s’entrecroisent, Celle d’une fée et d’un prince déchu envoyés et celle d’un un jeune garçon qui se retrouve mêlé bien malgré lui aux aventures des deux premiers.

L’histoire est complexe et la narration également. On ne comprend tous les ressorts de l’intrigue qu’à la toute fin du roman. Au début, on ne saisit pas qui sont les personnages, ce qu’ils veulent, où ils vont… Il faut prendre son temps et accepter de ne pas comprendre tout ce que l’on lit tout de suite. Déguster les lignes et se laisser surprendre. La plume est poétique, comme toujours avec Timothée de Fombelle. Un petit bijou à glisser dans les mains de lecteurs patients et avertis.

6/ Journal d’un vampire en pyjama de Mathias Malzieu

Journal d’un vampire en pyjama est en fait le carnet de bord de Mathias Malzieu qui retrace un an de sa vie à partir du moment où il apprend qu’il est atteint d’une maladie auto-immune jusqu’à la greffe qui lui sauvera la vie.

« Me faire sauver la vie est l’aventure la plus extraordinaire que j’aie jamais vécue. » sont les mots présents sur la quatrième de couverture. Ils résument bien le livre. Mathias Malzieu se met à nu dans ce récit, nous livre ses émotions sans fausse pudeur. L’écriture est très poétique et même drôle malgré la gravité du sujet. On a beau connaitre la fin, on a peur avec lui. On vit ses angoisses lors de l’attente d’un donneur, son quotidien de malade. C’est un livre très fort émotionnellement et une superbe leçon de vie, que je recommande chaudement.

7/ La quête d’Eliwan, la trilogie par Pierre Bottero

J’ai lu les 3 tomes de La quête d’Eliwan lors de mon hospitalisation au mois d’août et je les ai littéralement dévorés. Ils m’ont rendu ces quelques jours moins pénibles.

Nous sommes plongés dans l’action dès les premières lignes du premier tome. Pas le temps de comprendre où nous sommes et qui est Camille que déjà, il se passe plein de choses. Par la suite, nous sommes entraînés avec Camille, notre héroïne, et Salim, son meilleur ami, dans un nouveau monde nommé Gwendalavir. Evidemment nos deux héros devront aider à sauver ce monde d’un ennemi mortel et Camille devra apprendre à maîtriser le talent qu’elle vient de se découvrir. Une belle fable Fantasy. Les points forts de Pierre Bottero, ce sont ces personnages tout en finesse et la richesse de son univers où chaque détail est pensé. On ne peut que s’attacher à Camille, Salim et les autres et leur souhaiter le meilleur. Gros coup de cœur pour Elana qui arrive en milieu de roman et qui est une fille badass comme je les aime. Je n’ai pas voulu lâcher les livres avant de connaitre le point final de l’aventure, une lecture parfaite en été quand on a le temps pour dévorer plein de livres d’un coup !

8/ L’espace d’un an par Becky Chambers

L’espace d’un an de est un énorme coup de cœur pour moi comme pour Jo. C’est une superbe fable se déroulant à bord d’un vaisseau qui mêle amour, amitié et action tout en délivrant un message de tolérance et d’acceptation de « l’autre » dans toute sa différence. C’est aussi un critique de notre système politique actuel. Jo en a parlé plus en détail ici et je vous laisse lire sa chronique pour en savoir davantage.

9/ Orgueil et préjugés de Jane Austen

Un grand classique. J’avais envie de découvrir l’œuvre de Jane Austen depuis longtemps et je me suis finalement laissé tenter cet automne en commençant par Orgueil et préjugés. Grand bien m’en a pris puisque j’ai adoré suivre les tribulations de la très caustique Elizabeth Bennet et du flegmatique Monsieur Darcy. Si l’histoire d’amour est finalement assez commune, la plume est délicieuse et les personnages complexes. Jane Austen nous montre à travers leur histoire ainsi que celles des sœurs d’Elizabeth que pour les femmes anglaises du 19ème siècle, il n’y a point de salut en dehors du mariage. Elle nous raconte la vie de la bourgeoisie de l’époque, leurs us et coutumes. Elle a un point de vue très critique sur tout cela et certaines scènes sont vraiment très drôles, et désespérantes à la fois car criantes de vérité. Je pense à une scène très cocasse de demande en mariage où Elizabeth essaie de convaincre son prétendant de la sincérité de son refus alors que celui-ci refuse de la croire parce que « quand une femme dit non, elle pense oui ». Ça vous rappelle quelque chose que vous avez déjà entendu ? A lire, si ce n’est pas déjà le cas.

10/ Le voile de Téhéran de Parinoush Sanié

J’ai lu Le voile de Téhéran de Parinoush Sanié dans le cadre du club de lecture organisé par Victoria de Mango & salt. Ce n’est pas un livre vers lequel j’aurai été naturellement parce que je sais que le sujet est difficile et que c’est le genre de livre qui me fait enragé à la lecture. Et effectivement, au bout de 2 chapitres j’étais en colère contre le monde entier ou pas loin.^^ Au troisième « les filles ça ne sert à rien, ce sont justes des bouches à nourrir » j’avais envie d’assommer un certains nombres de protagonistes. Et pourtant… C’est un roman très fort, qui m’a marqué grâce à son héroïne beaucoup plus forte qu’elle n’y parait, prête à tout pour les siens. Elle subira sa vie jusqu’au bout malgré tout, toujours fille de, mère de ou femme de. Jamais vraiment elle-même, jamais libre de ses décisions. La fin du roman, à ce sujet, m’a laissé un arrière-goût amer. Quant à savoir si l’histoire contée est représentative des conditions de vie des femmes en Iran, je ne sais pas.

Le deuxième personnage principal du livre, c’est l’Iran. Cette lecture m’a permis de mieux connaitre ce pays, sa culture et son histoire. A compléter par le visionnage du très bon film Nous trois ou rien de Kheiron et par la bande dessiné Persepolis pour aller plus loin sur ces thématiques.

Et vous, quelles sont vos lectures marquantes de 2016 ? Connaissez-vous déjà certains des livres dont je parle plus haut ?

Lectures d’octobre

Lectures d’octobre

lectures d'octobreCe mois-ci, j’ai lu 7 romans dont un gros flop que je détaillerai très peu en fin d’article. Parmi les 6 autres livres, deux m’ont particulièrement plus. Je vous laisse les découvrir.

La maitresse de Guerre

Par Gabriel Katz, aux éditions Pocket

469 pages

lectures d'octobre - la maitresse de guerreRésumé

Dans le même univers que celui du Puits des mémoires, Kaelyn, fille d’un maître d’armes, rêve de reprendre le flambeau paternel, tandis que les autres filles de son âge rêvent d’un beau mariage. Elle a le talent, l’instinct, la volonté. Elle ne demande qu’à apprendre. Mais cela ne suffit pas : c’est un monde dur, un monde d’hommes, où la place d’une femme est auprès de son mari, de ses enfants, de ses casseroles. Il va falloir lutter. Elle s’engage donc dans cette grande armée qui recrute partout des volontaires pour aller se battre au bout du monde. Des milliers de soldats partis « libérer » le lointain sultanat d’Azman, plaque tournante de l’esclavage, terre barbare où règnent les cannibales. Dans la violence de la guerre, elle veut acquérir seule ce que personne n’a voulu lui enseigner. Mais le grand sud, plongé dans le chaos de l’invasion, va bouleverser son destin bien au-delà de ses attentes…

Mon avis

Après avoir lu Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, qui est une lecture assez sérieuse, j’ai eu envie d’un peu de légèreté. J’ai lu énormément de romans de fantaisie étant adolescente, jusqu’à l’écœurement complet. J’avais complètement laissé de côté le genre jusqu’à ce que ma curiosité soit piquée par une vidéo de Margaud Liseuse qui vantait le talent de Gabriel Katz (oui elle a beaucoup d’influence sur mes lectures en ce moment !). C’est donc  tout naturellement que je me suis laissé tenter, quand au détour d’un rayon de librairie, je suis tombée sur La maîtresse de Guerre de cet auteur. Ce roman  a un autre avantage non négligeable pour moi, c’est un one-shot, ce qui est assez rare en fantaisie pour le souligner.

J’ai apprécié que la quatrième de couverture ne dévoile quasiment rien de l’intrigue. Tout ce qui y est décrit se passe dans les premières pages du roman ! Pas de spoiler pour une fois !

Après un micro-chapitre pour nous poser le contexte, on est directement plongé dans l’action. Kaelyn est une fille badass, parce qu’elle sait se battre et qu’elle veut se faire une place en temps que guerrière dans un monde d’homme. En même temps, elle garde ses faiblesses, manque de confiance en elle et d’expérience. C’est une débutante dans l’art de la guerre. Tout cela la rend plus humaine à mes yeux. On la retrouve alors qu’elle vient de s’engager dans l’armée des libérateurs et malheureusement pour elle, rien ne va se passer comme prévu. Première bataille, première défaite et… je ne peux pas en dire plus sans spoiler à fond l’histoire.

J’ai adoré les personnages, même ceux que l’on est censé détester mais j’ai été frustrée de ne pas en apprendre plus sur eux et sur leur passé. Je pense à Hadrian notamment, qui restera énigmatique jusqu’au bout.

J’ai trouvé l’univers du roman très riche et bien décrit, l’humour très présent également. Néanmoins, vu le contexte de guerre et d’esclavagisme présenté et des scènes sanglantes, le déroulé de l’action est un peu trop lisse et propret à mon goût. Finalement, rien de « vraiment » grave n’arrive directement à l’héroïne. Elle s’en sort toujours par une pirouette scénaristique. Tout se passe « facilement » pour elle.

L’évolution du point de vue de Kaelyn sur « l’ennemi barbare» permet de réfléchir sur l’attitude de libérateur de certains peuples/ gouvernement et je pense que l’on peut faire un parallèle avec la politique internationale occidentale.

En résumé, j’ai passé un bon moment de lecture et j’ai aimé suivre les aventures des personnages. Il y a beaucoup de retournement de situation et la scène de fin est parfaite. C’est un très bon roman d’initiation sur fond de guerre. Je trouve cependant que l’histoire aurait gagné à être un peu plus sombre, et peut-être du même coup plus réaliste.

Manifeste pour une maison rangée

D’Anne-Solange Tardy, aux éditions First

126 pages

lectures d'octobreRésumé

Qui n’a jamais ressenti brusquement le désir de faire le vide dans son appartement ou sa maison ? A un tournant de la vie, naissance, rupture, déménagement, ou simplement parce que trop, c’est trop…

 Anne-Solange Tardy nous propose, de sa plume touchante, poétique et bienveillante, parfois drôle, un texte pour nous accompagner dans ce moment-clé. Car entreprendre un grand rangement c’est avant tout s’interroger sur ses envies du moment, ses besoins aussi, ses habitudes. Et déterminer ce que l’on veut vraiment. Bien plus qu’un simple coup de balai…

Mon avis

Il faut que je vous avoue une chose : j’adore tout ce qui touche au mouvement minimaliste. Pourtant, je ne suis pas moi-même une « vraie » minimaliste. J’ai plein de livres partout par exemple. Mais c’est un sujet qui me touche et m’intéresse parce que j’ai à cœur de me simplifier la vie et d’arriver à dompter mon côté matérialiste. Je lis plein de blogs sur le sujet et j’ai même plusieurs livres qui en parlent.

Alors quand j’ai vu qu’Anne-Solange, dont j’apprécie beaucoup le travail, avait sorti un livre sur ce thème, je me suis jetée dessus laissé amadouer et je l’ai commandé. Bien m’en a pris, vu qu’à la suite de cette lecture, on s’est enfin décidé à changer la table basse qui nous sortait par les yeux et le fauteuil complètement fichu. Pour le moment c’est juste un test mais je dois dire que la nouvelle disposition de nos meubles me plait beaucoup plus qu’avant. J’ai gagné en confort visuel.

Ce que j’ai adoré avec ce livre, c’est qu’il n’est pas là pour nous donner une solution clé en main ou nous apprendre à plier nos chaussettes pour avoir l’intérieur minimaliste parfait. Au contraire, durant les 126 pages, l’auteure nous répète que notre intérieur doit s’adapter à nos besoins particulier (et non l’inverse) et que notre démarché de simplification sera forcément différente de celle de notre voisin. Elle nous invite à vraiment faire le point sur nos habitudes de vie et nos envies afin de pouvoir ensuite mettre en œuvre ce qu’il faut pour se créer un cocon. Pas de listes de choses à jeter, à avoir ou à acheter. On ne nous pousse pas du tout à la consommation. A vrai dire, Anne-Solange fait plutôt l’apologie de la débrouille.

Enfin c’est un concentré de bienveillance, qui incite à être plus doux envers soi-même.

Si je ne devais garder ou conseiller qu’un livre sur le désencombrement, ça serait celui-ci.

Miss Peregrine et les enfants particuliers

De ransom Riggs, aux éditions Bayard, traduit de l’américain par Sidonie Van den Dries

444 pages

lectures d'octobreQuatrième de couverture

Jacob Portman, 16 ans, écoute depuis son enfance les récits fabuleux de son grand-père. Ce dernier, un juif polonais, a passé une partie de sa vie sur une minuscule île du pays de Galles, où ses parents l’avaient envoyé pour le protéger de la menace nazie. Le jeune Abe Portman y a été recueilli par Miss Peregrine Faucon, la directrice d’un orphelinat pour enfants « particuliers ». Selon ses dires, Abe y côtoyait une ribambelle d’enfants doués de capacités surnaturelles, censées les protéger des « Monstres ». Un soir, Jacob trouve son grand-père mortellement blessé par une créature qui s’enfuit sous ses yeux. Bouleversé, Jacob part en quête de vérité sur l’île si chère à son grand-père. En découvrant le pensionnat en ruines, il n’a plus aucun doute : les enfants particuliers ont réellement existé. Mais étaient-ils dangereux ? Pourquoi vivaient-ils ainsi reclus, cachés de tous ? Et s’ils étaient toujours en vie, aussi étrange que cela puisse paraître…

Mon avis

J’ai entendu parler de Miss Peregrine et les enfants particuliers à peu près partout. Même ma libraire me l’a vendu comme génial. Je me suis donc décidée à le lire, juste avant la sortie du film éponyme.

Et j’ai été surprise. Je ne m’attendais pas tout à ce que j’ai trouvé à la lecture : une ambiance ultra glauque, des personnages très étranges et des situations franchement malsaines par moment à mon avis… Clairement ce n’est pas un livre pour jeunes enfants !

On suit Jacob, qui a beaucoup de mal à se remettre du décès de son grand-père qui a eu une mort très brutale à laquelle il a assisté. Durant toute son enfance, son grand-père lui a conté des histoires sur une île paradisiaque, un orphelinat et les enfants particuliers qui l’habitent. Juste avant de mourir, il murmure à Jacob de trouver l’île… Ce que celui-ci finira par faire. C’est là qu’il rencontrera Miss Peregrine et les enfants, notamment Emma.

Jacob est un adolescent vivant aux Etats-Unis dans une famille somme toutes assez ordinaire, ayant une vie toute tracée devant lui. Il rêve d’aventure, est introverti et peu sociable. Il a un seul ami avec qui il entretient une relation donnant-donnant plutôt qu’une véritable amitié. Il n’est véritablement attaché qu’à son grand-père. Il a cru les histoires de celui-ci une bonne partie de sa vie, avant de grandir et de passer dans le camp des sceptiques comme son père, puis de douter à nouveau à sa mort. Il se remet alors à croire aux monstres et fera tout pour remonter la piste de l’enfance de son grand-père et en même temps découvrir qui il est.

Le personnage de Miss Peregrine est à la fois effrayant et maternant. Elle contrôle toute la vie sur l’île, garde toutes les informations importantes pour elle et dirige les enfants d’une main de fer. J’avoue n’avoir eu aucune sympathie pour elle tout au long du roman.

Les enfants ont tous des dons étranges que je vous laisse découvrir par vous-même, qui change de ce que l’on peut rencontrer habituellement. On verra principalement Emma qui peut produire des flammes, jeune fille qui prendra jacob en grippe avant de s’attacher à lui.

Les monstres sont… vraiment des monstres ! Sur tous les plans ! Je pense qu’au cinéma, ils doivent bien rendre visuellement.

Le livre met un moment avant de vraiment démarrer, environ 150 pages tout de même. J’ai eu l’impression que l’auteur nous racontait des choses inutiles mais finalement, tout est utilisé à la fin du roman. Le rythme est lent, la totalité de l’intrigue n’est dévoilé quasiment qu’à la fin. C’est vraiment un premier tome pour mettre en place l’univers et ses personnages. Si j’ai apprécié ma lecture, ce n’est clairement pas un coup de cœur pour moi. Je pense tout de même lire la suite, au moins pour faire plaisir à ma libraire qui l’adore ! 😉

Le crime d’Halloween

D’Agatha Chritie, aux éditions Poche, traduit de l’anglais par Janine Lévy

230 pages

lectures d'octobre

Quatrième de couverture

Le 31 octobre, les sorcières s’envolent sur leur manche à balai : c’est Halloween, la fête du potiron. À cette occasion, Mrs Drake a organisé une soirée pour les « plus de onze ans ». Les enfants participent aux préparatifs, sous l’œil nonchalant de Mrs Oliver, qui croque son éternelle pomme. « Savez-vous que j’ai eu l’occasion d’assister à un vrai meurtre ? » se vante Joyce, une fillette à la langue bien pendue, devant la célèbre romancière. Tout le monde lui rit au nez : Joyce ne sait plus qu’inventer pour se rendre intéressante. La fête est un succès, et les enfants font un triomphe au jeu du Snapdragon qui clôt la réception. Tous les enfants ? C’est en rangeant la maison, après le départ des invités, qu’on découvre le cadavre de la petite Joyce dans la bibliothèque. Bouleversée, Mrs Oliver fait aussitôt appel à son ami, le grand Hercule Poirot.

Mon avis

Certains mois, je participe au club de lecture crée par Victoria du blog Mango & Salt que j’apprécie beaucoup. Pour le mois d’octobre, elle avait proposé une belle sélection de saison et le livre finalement choisi fut Le crime d’Halloween, un roman policier parfait pour la période !

Jusqu’à maintenant je n’avais lu qu’un seul roman d’Agatha Christie. Il s’agissait des 10 petits nègres que j’avais découverts à l’occasion d’un cours de français. A l’époque je l’avais adoré et j’avais été abasourdie par la fin et l’énorme retournement de situation ! De fait, pour Le crime d’Halloween, je partais avec un à-priori très positif et j’en attendais beaucoup !

Et je dois avouer que j’ai été déçue. J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l’histoire. Impossible d’avoir de l’empathie pour les personnages, même pour l’adolescente assassinée. J’ai également eu des difficultés avec le personnage d’Hercule Poirot, que je découvrais pour la première fois. Je l’ai trouvé arrogant et superficiel. Vous me direz, c’est peut-être le but. Mais là il me tapait sur le système plus qu’autre chose. En revanche, j’ai apprécié l’ambiance très automnale qui se dégageait : les pommes, les citrouilles, les jardins…

La première partie du livre est assez longue. Certains passages sont, à mon goût, de trop. Je pense par exemple à un chapitre qui se déroule dans des jardins. Poirot divague pendant plusieurs pages sur la beauté des plantes, ce qui ne sert pas vraiment le récit et m’a fait lire en diagonale! Cependant, le rythme s’accélère enfin à la deuxième moitié du roman, pour mon plus grand plaisir. Quant aux indices disséminés ça et là par l’auteure, je les ai trouvés assez grossiers et j’avais deviné l’identité du tueur bien avant la fin. Pas de surprise donc.

Si j’ai finalement apprécié ma lecture sur la fin, je ne pense pas retenter l’expérience avec un autre roman de la série d’Hercule Poirot.

Charley Davidson, tome 1 Première tombe sur la droite

De Darynda Jones, aux éditions Milady, traduit de l’américain par Isabelle Pernot

429 pages

lectures d'octobreQuatrième de couverture

Charley Davidson est détective privée et faucheuse. Son boulot consiste à convaincre les morts « d’aller vers la lumière ». Mais ce n’est pas toujours si simple : parfois Charley doit les aider à accomplir quelque chose avant qu’ils acceptent de s’en aller, comme retrouver l’assassin de ces trois avocats. Ce qui ne serait pas un problème si Charley ne passait pas son temps à faire des rêves érotiques provoqués par une entité qui la suit depuis toujours… Or, il se pourrait que l’homme de ses rêves ne soit pas mort. Il pourrait même être tout à fait autre chose…

Mon avis

Je n’ai pas forcément grand-chose à dire sur celui-ci. Les romans de bit-lit, c’est mon petit péché mignon un peu honteux quand j’ai envie d’une lecture facile, rapide, plein d’action et des monstres (vampires, fantômes, tout ça…). Pas de la grande littérature mais des très bons moments de lecture tout de même.

J’ai entamé le premier tome de Charley Davidson après en avoir entendu parler sur les blogs et je n’ai été agréablement surprise. Déjà par l’héroïne, Charley qui est super badass, franche, drôle et intelligente. Et même temps, elle reste sensible et n’est pas complètement blasée face à ce qu’elle rencontre dans ses boulots, qu’elle prend très à coeur. Elle se débrouille comme elle peut avec son don de faucheuse en accompagnant les morts vers la lumière et en aidant la police à résoudre des enquêtes. Ce que j’ai particulièrement aimé chez elle, c’est qu’elle ne se prend pas la tête. Elle agit, et ça, ça me change des héroïnes américaines habituelles qui « overthink » tout !

Les autres personnages ne sont pas en reste et sont hauts en couleur. Certains connaissent le don de Charley, d’autres ne veulent pas la croire… Mention spéciale pour la meilleure amie Cookie que j’ai adoré et Reyes, le mâle alpha du bouquin, qui est parfait.

Ce premier tome met en place l’univers de Charley et les différentes règles qui régissent son don. On apprend à la connaitre, on découvre son passé, ses craintes et ses proches. Il y a de l’action à chaque page et plusieurs intrigues en parallèle.

J’ai passé un très bon moment de lecture et je lirais avec plaisir le second tome.

Fangirl

De Rainbow Rowell, aux éditions Castelmore et traduit de l’anglais par Cédric Degottex

508 pages

lectures d'octobreQuatrième de couverture

Cath et Wren sont des jumelles inséparables. Fans de Simon Snow, elles passent leur temps sur les forums consacrés à l’auteur. Mais la passion de Cath a tellement pris le pas sur sa vie que Wren lui annonce l’impensable : cette année, à la fac, elles feront chambre à part. L’une est prête à renoncer à ses rêves pour profiter dignement des joies de la vie estudiantine. L’autre est soudain projetée dans un univers hostile dans lequel tout le monde ses profs, sa famille et sa colocataire méprise la fanfiction. C’est alors qu’elle tombe sous le charme d’un obsédé de la littérature…

Mon avis

Je me suis gardé Fangirl de Rainbow Rowell exprès pour l’automne comme on garde un bon gâteau parfumé pour les weekends pluvieux. Samedi dernier, je me suis dit qu’un long weekend de 4 jours se prêtait à merveille à cette lecture et, je l’ai finalement terminé en 24h. Donc vous vous en douté, j’ai aimé ce roman.

Le style de l’auteur est simple, fluide et sans fioritures. Il y a peu de descriptions mais beaucoup de dialogues, que j’ai trouvés très bien faits. L’intrigue avance rapidement. D’ailleurs dès les premières pages, nous sommes plongés dans l’univers de Cath qui fait sa rentrée scolaire dans le Nebraska. Je ne me suis pas ennuyée un instant à la lecture.

Le roman est centré sur le personnage Cath : autour d’elle gravitent sa sœur jumelle Wren, sa coloc Reagan, l’ami de sa coloc Lévi ainsi que son père Arthur. Ils sont attachants et ressemblent à de « vrais » gens, ce qui fait qu’on peut s’identifier à eux. Au début du livre, Cath vient de rentrer à l’université. Elle emménage sans joie sur le campus avec Reagan après que sa sœur jumelle lui ait dit ne pas vouloir s’installer avec elle. Chose qu’elle a (très) mal pris. Cath est écrivaine. Elle écrit surtout des fanfictions sur l’histoire d’un mage (toute ressemblance avec Harry Potter ne serait pas fortuite^^) et rencontre énormément de succès sur la toile. Le seul cours qui l’intéresse vraiment à la fac est celui d’écriture créative. Elle est aussi très introvertie, peu sociable et un peu bizarre parfois. Du genre à passer un mois à manger des barres de céréales pour ne pas avoir à chercher le réfectoire… J’ai été touchée par son introversion. Et le fait qu’elle ait du mal avec les gens et les normes sociales en général. J’ai pu me reconnaitre en elle, étant moi-même introvertie, n’aimant pas les fêtes, boire de l’alcool, etc. Cependant, je dois avouer que par moment, j’ai été agacée de la voir tout compliquer « pour pas grand-chose », même si elle explique clairement pourquoi elle agit de telle ou telle manière. Cath est aussi une jeune fille aimante et très protectrice avec les siens. Elle prend grand soin de ses proches. Finalement, on la voit évoluer au fils des pages. Cath grandit tout le long pour finalement devenir une jeune adulte qui s’assume de plus en plus.

Wren ne m’a pas marquée plus que ça. Je ne l’ai pas trouvée sympathique du tout, voir égoïste par moment. Son personnage permet tout de même d’aborder les problèmes d’alcool sur les campus américain. Reangan, la coloc, a un caractère bien trempé et c’est ce qui fait son charme. Elle peut être très mordante mais est finalement très gentille avec ses proches. Je l’ai adorée ! Pour finir, Lévi, le garçon de l’histoire est la gentillesse incarnée, toujours à sourire, à rendre service. Pour autant il n’est pas effacé et saura raisonner Cath quand elle en aura besoin ! Une romance est évidemment à prévoir, qui prend d’ailleurs beaucoup de place à mon goût par moment.

Le livre a un petit côté féministe qui m’a (beaucoup) plu. L’auteure dénonce les violences faites aux femmes, les problèmes liés aux agressions sexuelles sur les campus, au GHB… Il y a aussi une scène entre Lévi et Cath que j’ai adoré où celle-ci lui demande de la respecter en tant que femme et notamment de respecter sa force et d’arrêter de partir du principe que parce que c’est un mec il a le devoir de porter ses affaires à elle. Merci de prendre note, si on a besoin d’un coup de main, on demande. Sinon c’est qu’on gère !

Fangirl, c’est aussi un livre sur les débuts en tant qu’auteur, l’angoisse de la page blanche, la difficulté de créer de nouveaux univers et des personnages à partir de rien. On suit Cath quand elle écrit, avec toutes les difficultés que l’exercice recèle mais aussi ce que ça lui apporte. Une libération par les mots.

C’est un joli roman « bonbon » comme j’aime à les appeler : une histoire simple avec des personnages attachants et qui parle de nos vies à tous, dans laquelle on peut se retrouver.

Soyez imprudents les enfants

De Véronique Ovaldé, aux éditions Flammarion

400 pages

Enfin en Octobre, j’ai lu Soyez imprudents les enfants , que je n’ai pas aimé du tout. C’est pourtant merveilleusement bien écrit mais l’histoire ne m’a pas touchée. Impossible de m’intéresser à l’héroïne, je me suis ennuyée quasiment tout le long. Les passages que j’ai le plus apprécié étaient ceux concernant ces ancêtres, une toute petite partie du roman donc. De cette auteure, je vous conseille plutôt Ce que je sais de Vera Candida, que j’avais dévoré !

Et vous, qu’avez-vous lu en Octobre ? Partagez moi vos coups de cœur !

Coup de cœur littéraire : L’Espace d’un An de Becky Chambers

Coup de cœur littéraire : L’Espace d’un An de Becky Chambers

Je ne savais pas trop quoi lire. Je venais de terminer ma phase « pirates » et je voulais refaire le monde, encore une fois. En parcourant les étagères de ma librairie favorite, je suis tombé sur ce livre : L’espace d’un An, de Becky Chambers (édition Atalante). Que dis-je : cette merveille ! Mais ça, je ne le savais pas encore… Et j’étais loin de m’y attendre !

Je n’ai jamais été fan des histoires qui se déroulent dans l’espace. Je préfère celles qui sont plus proches du réel. Oui bon, je sais, les zombies c’est pas vraiment réel… Mais c’est parce que vous ne m’avez jamais vu un lundi matin avant mon café, sinon, vous vous trimbaleriez toujours avec une batte de baseball à la ceinture ! Bref, passons. Après avoir fini ma lecture, ce monde-là, ces personnes-là, je ne voulais pas les quitter… Au point que j’ai traîné un peu pour finir les quelques pages qui me restaient. Non pas que ça traînait en longueur, mais je ne voulais vraiment pas que cela se termine.

Espace d'un an

Quatrième de couverture

Rosemary, jeune humaine inexpérimentée, fuit sa famille de richissimes escrocs. Elle est engagée comme greffière à bord du Voyageur, un vaisseau qui creuse des tunnels dans l’espace, où elle apprend à vivre et à travailler avec des représentants de différentes espèces de la galaxie : des reptiles, des amphibiens et, plus étranges encore, d’autres humains. La pilote, couverte d’écailles et de plumes multicolores, a choisi de se couper de ses semblables ; le médecin et cuistot occupe ses six mains à réconforter les gens pour oublier la tragédie qui a condamné son espèce à mort ; le capitaine humain, pacifiste, aime une alien dont le vaisseau approvisionne les militaires en zone de combat ; l’IA du bord hésite à se transférer dans un corps de chair et de sang…
Les tribulations du Voyageur, parti pour un trajet d’un an jusqu’à une planète lointaine, composent la tapisserie chaleureuse d’une famille unie par des liens plus fondamentaux que le sang ou les lois : l’amour sous toutes ses formes.

Loin de nous offrir un space opera d’action et de batailles rangées, Becky Chambers signe un texte tout en humour et en tendresse subtile. Elle réussit le prodige de nous faire passer en permanence de l’exotisme à la sensation d’une familiarité saisissante.

L’Equipage

Rosemary est nouvelle à bord. Humaine, greffière spécialisée dans les relations inter-espèces, fraîchement sortie de l’école, elle va aider le capitaine à mettre un peu d’ordre dans ses rapports. Elle est novice dans les voyages spatiaux. Elle a grandi sur Mars mais semble vouloir fuir sa planète à tout prix. Nous découvrons avec elle ce vaste et riche univers.

Ashby, le capitaine du Voyageur, humain aussi, est né et a grandi dans l’espace. Lui et son équipage creusent des tunnels dans l’espace (worm hole) pour relier des points éloignés de l’espace.

Sissix est la pilote du Voyageur. Elle est Aandrisk, une espèce qui vit normalement en communauté, mais elle en a décidé autrement.

Kizzy, humaine, est la tech méca. Déjantée, elle est passionnée par ce qu’elle fait, et a soif d’en apprendre toujours plus, de vivre toujours plus.

Elle est cul et chemise avec Jenks, le tech info. Leur relation est celle qui m’a le plus touché. Il a un penchant pour les Intelligences Artificielles.

Docteur Miam est la papa du groupe. C’est un Grum.  Il est médecin et cuisinier (combo magique). Il prend soin des autres comme de ses propres enfants, et bien sûr, surveille leur alimentation.

Corbin, c’est … Corbin. Humain, grincheux by design, il est l’alguiste du groupe (les algues servent de carburant au vaisseau). Son métier en fait un solitaire, toujours dans son labo à surveiller les algues. Il a beaucoup de mal  avec les autres, en particulier avec Sissix, avec qui tout est prétexte à dispute !

Lovelace, Lovey est l’IA du vaisseaux. Elle est très proche de Jenks, et songe a se faire transférer dans un corps. Seul problème : cette opération est illégale au sein de l’union galactique…

Ohan sont le navigateur. Oui, « sont ». Ils sont sianates. Les sianates sont des paires : un individu infecté par un virus, quelques années après sa naissance. Le virus en question leur donne la capacité extraordinaire de comprendre l’univers. Rien que ça. Et cette capacité aide les tunneliers comme le Voyageur à naviguer pendant les opérations de perçage.

Nos héros sont envoyés en mission dans un espace lointain par l’UG pour percer un tunnel vers le territoire d’un peuple, avec qui ils viennent de signer un traité. Mais voilà, un voyage d’un an les sépare de leur destination finale. Cela nous donne le temps, comme Rosemary, de découvrir plus en détails ses nouveaux collègues et amis.

Espace d'un an 2

Mon avis sur le livre : une leçon de tolérance

Comme je le disais, je ne suis généralement pas fan de science-fiction. La raison principale pour ça, est que j’ai énormément de mal à lire des noms d’objets sans être capable de tout de suite me représenter à quoi ça ressemble et à quoi ça sert. Je me rappelle avoir commencé la saga Hyperion de Dan Simmons … J’ai voulu jeter le livre sous le métro tellement ça me donnait des mots de tête ! (Bon, je l’ai pas fait, parce que c’était sur ma liseuse … mais vous saisissez l’intention). Alors que dans L’Espace d’un An, c’est simple, limpide, pas besoin d’avoir fait math sup. On peut avoir bu un peu trop de mik, ou fumé du smash qu’on comprendait encore ! … … … Simple j’vous dis !

Cet univers n’est pas très éloigné du notre. Le capital le régit, sous couvert de politique (l’Union Galactique ou UG). Il faut travailler pour gagner sa vie. Les démarcations entre les classes sociales se font bien sentir. On y trouve beaucoup d’espèce « intells » différentes : Exodiens (humains), Aandriskes, Harmagiens, Rosks, Aéluons, Grums (espèce non-UG) (… et bien d’autres encore), chacune avec leurs spécificités physiques, leur culture, leur langage, leur religion, leur guerre… rien de bien différent qu’ici-bas finalement :-). Et dans cet espace infini, de plus en plus proche grâce aux technologies de transports améliorées, et de perçage interstratique (trop la classe !), se trouve notre équipage. Etoiles, j’ai de la nostalgie rien que de penser à eux ! J’ai adoré ces personnages. Chacun d’entre eux, même le plus antipathique. Leur histoire, leur être, leur façon d’appréhender l’autre… C’est une vraie famille dont on a envie de faire partie.

Une ambiance chaleureuse émane de ce groupe. Et ce n’est pas toujours évident, quand on se retrouve dans un espace confiné pendant une longue durée, avec des gens d’une autre culture que la sienne. D’une autre espèce même ! Avec des odeurs différentes ! … Et cette chaleur, cet amour, cette tolérance, qui nous rend attentif aux besoins d’autrui … Ça m’a réconforté. Dans une société favorisant toujours plus l’individualité, la performance, et toutes ces conneries, lire ces lignes m’a sincèrement fait du bien, et m’a aussi montré que j’avais beaucoup à apprendre.

À titre d’exemple, je ne comprenais pas pourquoi, en lisant des articles féministes, les autrices employaient des formes neutres pour désigner quelqu’un : illes, é-e-s à la fin des participes, etc. Je n’arrivais pas à saisir l’importance de la chose. Et puis, dans ce livre, j’ai lu la forme « Iel« , pour désigner une personne, dont le genre n’est pas connu en avance. Normal, quand on rencontre une espèce dont le genre ne peut pas être identifié facilement. Encore plus que un individu change de sexe en cours de route. Et là, c’était l’évidence même. Tout était clair. Dans ce monde comme dans le mien.

L’humain, cette jeune espèce

Je ne suis pas fan de l’espèce humaine. Surtout nous occidentaux. Nous sommes désespérés pour tout ce qui peut nous rendre la vie plus facile, pour pouvoir faire plus de chose, remplir notre emploi du temps, remplir notre maison d’objets, essayer d’y trouver notre self-estime que notre façon de vivre détruit dès le plus jeune âge. Et pour aller plus vite, on arrête de penser, on s’empresse de ranger les choses dans des cases, et surtout, on arrête de se remettre en cause. Le problème, c’est l’autre ! Ce n’est pas nous ! Ça ne peut pas être nous, sinon ça voudrait dire qu’il faudrait nous réparer nous-même. Et ça, c’est dur, et ça prend du temps. Nan, c’est plus simple si ça vient de l’autre. Nous, on ne peut pas se tromper. On détient la vérité…. Sauf que non. Nous détenons seulement notre vérité. Un ensemble d’idées cohérentes, qui n’est valable que pour nous, et elle s’arrête lors de la rencontre avec l’autre. C’est à nous de faire l’effort d’accueillir l’autre, ce qu’il est, et ce qu’il pense (et surtout, pourquoi il le pense), pour qu’on puisse vivre un peu mieux tous ensemble.

Lire ce livre m’a fait penser qu’on a encore beaucoup à faire, en tant qu’espèce, avant de pouvoir se prétendre évolué. Et je suis heureux de voir que de plus en plus, les gens se lèvent se révoltent, s’indignent des injustices qui leur sont faites à eux, mais aussi aux autres aussi. Il reste beaucoup à faire, oui, mais nous sommes en bon chemin. Du moins j’aime le croire.