Bilan lecture : J’aurais dû être pirate …

Bilan lecture : J’aurais dû être pirate …

skull

Oui, je sais ce que vous allez dire. « Mais les pirates, ils sont méchants ! Ce sont des brutes sanguinaires qui pillent, violent et détruisent tout sur leur passage ! ».

Et si on vous avez menti ?

« Quoi ? Mensonges et fourberie ? Pirates des caraïbes n’est pas une description exacte de la réalité ? Mais qui étaient-ils alors ? Et pourquoi donc suis-je en train de lire un article sur les pirates ? »

Et bien les enfants, essayez-vous dans votre canapé préféré, avec un bon chocolat chaud (parce qu’il faut prendre les bon réflexes de l’automne approchant), et laissez-vous conter leurs histoires !  … Et puis faut dire ce qui est, y’en a marre des zombies !

LES PIRATES DE TOUS LES PAYS – MARCUS REDIKER

Converture pirate

J’ai tendance à fonctionner par phase. Philosophie, psychologie, éducation, zombies … et maintenant, pirates (cherchez le lien). Il y a quelques temps, j’étais dans ma phase « Politique », et au détour d’une vidéo, je suis tombé sur une personne ventant le système politique des pirates. Il avait gagné mon indivisible attention. Cette personne, dont je ne saurais retrouver le nom malheureusement, conseillait les ouvrages de Marcus Rediker, historien et professeur, portant un intérêt particulier pour les boucaniers et flibustiers de l’atlantique, et affirmait que les pirates n’étaient pas des barbares comme on essaie de nous faire croire, mais des personnes extrêmement démocratiques ! (Whaaaaat ?!)

Piqué au vif, je me suis (enfin) procuré son livre, et je n’en suis absolument pas déçu ! À tel point que j’ai saoulé mes collègues à en parler sans cesse, et j’avais une folle envie de m’acheter un tricorne et de mettre un eye-patch !

RÉSUMÉ DU LIVRE (4E DE COUVERTURE)

L’âge d’or de la piraterie atlantique (1716-1726)

« Maudit sois-tu, tu n’es qu’un lâche, comme le sont tous ceux qui acceptent d’être gouvernés par les lois que des hommes riches ont rédigées afin d’assurer leur propre sécurité. Ils nous font passer pour des bandits, ces scélérats, alors qu’il n’y a qu’une différence entre eux et nous, ils volent les pauvres sous couvert de la loi tandis que nous pillons les riches sous la protection de notre seul courage. »
Charles Bellamy.

Qui étaient les pirates ? Au nom de quel idéal ont-ils hissé leur drapeau à tête de mort, cet énigmatique « Jolly Roger » ? En quoi ont-ils perturbé durablement le commerce colonial et les traites négrières du début du XVIIIe siècle ?
Dans cet ouvrage passionnant et novateur, traduit pour la première fois en français, Marcus Rediker raconte une fabuleuse histoire. Celle des quelques milliers de « scélérats » qui refusèrent de se soumettre à l’ordre mercantile et à l’exploitation pour préférer la liberté et la jovialité, dussent-ils le payer de leur vie.

SUR LA ROUTE DES FLIBUSTIERS

Livre pirate

Edward Teach dit Barbe Noire, Bartholomew Robert dit le Baronnet Noir, England, Kennedy, Fly, mais aussi Anne Bonny et Mary Read, ce livre nous fait le récit de leurs aventures, mais surtout nous raconte comment et pourquoi ils et elles se sont « mis et misent à leur compte ». C’est un livre d’histoire certes,mais pas celle des vainqueurs. Et c’est tout de suite moins noir et blanc.

Il s’agit d’histoires de héros ! Car oui, ces hommes et ses femmes étaient considérés comme des héros par beaucoup. Ils se battaient contre les Etats et les marchands, et pour un monde meilleur, régit par des règles qu’ils auraient tous choisi. La fin du XVIe siècle voit la naissance du capitalisme, et laissez moi vous dire, que ça s’est pas fait dans la joie et l’harmonie ! Ça fout même plutôt la rage, et on comprend vite pourquoi les mutineries étaient fréquentes. Imaginez que vous arriviez au bureau le matin, que le capitaine vous attende avec un fouet au cas où vous voudriez prendre une pause café, que vous pouviez vous asseoir sur votre salaire, qui de toutes façons ne pèse pas bien lourd, et qu’à manger le midi, vous aillez à peine de quoi remplir une carie. C’est bon ? Maintenant imaginez que c’est le XVIIe siècle et que la médecine avait encore beaucoup de progrès à faire … Et c’est pas un bureau, mais un bateau. Et vous n’avez pas vraiment voulu venir par vous même, alors on vous a forcé. Eh bien c’était ça, la marine du XVI et XVIIe siècle ! Française, anglaise, hollandaise, espagnole ou portugaise, même combat. Et ça, c’est si on avait de la chance. Parce qu’on pouvait aussi être un esclave, vendu au plus offrant…

Alors ça donne envie de casser de l’officier ? Ça vous rappelle quelqu’un au bureau, et vous irez travailler demain en chantant des chansons pirates ?

Parce que c’est là la volonté primaire de ces milliers de personnes : se venger des injustices commises, retrouver leur liberté et le droit de choisir. Choisir une vie plus joyeuse, plus remplie ! … Bon, plus courte du coup aussi, car hors-la-loi.

MON AVIS SUR LE LIVRE

Y’a pas à dire, j’ai vraiment apprécié lire ce livre. Je l’ai trouvé d’abord bien construit. La trame ne se base pas sur le temps, mais prend un élément de la vie pirate (vie à bord, système politique, justice, etc…) et prends plusieurs exemple sur la période historique.

Cette lecture a beaucoup raisonné en moi, car c’est malgré tout d’actualité. Beaucoup de monde essaie de trouver une issue à notre société actuelle. Ecologie, décroissance,  grèves, pédagogies alternatives … Tous les sujets sont taclés par le peuple pour trouver de meilleures solutions à celles proposées, et tendre vers plus de bonheur. C’est aussi ça d’être un pirate !

Illustration pirate

Un petit mot sur les illustrations se trouvant à l’intérieur du livre, à chaque début de chapitre. Elles ont été réalisées par Thierry Guitard. Elles aident beaucoup à l’immersion, et ont bien stimulées mon imagination ! XD

CONCLUSION

L’histoire est écrite par les vainqueurs. Mais heureusement que les historiens sont là pour rétablir la vérité. J’ai adoré apprendre l’univers des pirates, et je ne peux que vous conseiller d’en faire de même. D’une manière générale, ce livre me rappelle qu’il faut sans cesse remettre en question ce qu’on nous dit et ce qu’on nous a appris, de sans cesse apprendre, réfléchir, et contruire. Cela ne pourra que nous rapprocher de notre liberté, et de celle qui nous suivront.