Lectures de Septembre

lectures de septembre

Au mois de septembre j’ai lu 4 romans aux styles très différents  et aux auteurs variés : trois femmes et un homme. Deux d’entre eux sont des gros coup de cœur! Je vous laisse les découvrir plus en détails.

Eleanor & Park

Par Rainbow Rowel, aux éditions France Loisirs et traduit par Juliette Paquereau

Paru le 5 juin 2014, 378 pages

Eleanor & Park

Quatrième de couverture

Etats-Unis, 1986. Eleanor est une lycéenne trop rousse, trop ronde et est harcelée par tout le monde au lycée. Dans le bus scolaire, elle a l’habitude de s’asseoir à côté de Park, un garçon timide, qui l’ignore poliment. Peu à peu, les deux lycéens vont se rapprocher, liés par leurs passions communes pour les comics et les Smiths.

Mon avis

Je me suis décidé à lire Eleanor & Park environ mille ans après tout le monde je pense. Je le voyais tellement partout que j’y allais à reculons et puis finalement, au détour d’une vidéo de Margaud Liseuse, j’ai me suis laissée tenter.

Et grand bien m’en a pris, parce que ce roman est un vrai coup de cœur. J’ai été happé par l’histoire dés les premières pages. J’ai adoré voir les liens se tisser entre les deux adolescents, leur relation se renforcer de jours en jours. C’est ma partie favorite du roman. Les personnages sont normaux, entendez par là que l’on peut s’identifier à eux, ce que je trouve franchement chouette pour un roman destiné aux adolescents. Eleanor est une jeune fille intelligente, un peu ronde, qui se pose beaucoup (trop) de questions, ne se trouve pas jolie et possède un style vestimentaire bien à elle qui ne manque pas de la faire remarquer partout où elle va. Park est un adolescent  dans la moyenne, pas particulièrement populaire, pas  looser non plus, avec comme signe distinctif d’être le seul asiatique dans un quartier blanc. Nos deux protagonistes vont se rencontrer dans le bus qui les emmènent au lycée et apprendre à se connaitre tout doucement, jour après jour.

Les émotions, les conflits intérieurs et les sensations sont merveilleusement bien décrits. J’ai eu l’impression de revenir quelques années en arrière, à l’heure des premiers amours où toutes les sensations sont plus vives et les émotions plus violentes. L’alternance de points de vue entre Eleanor et Park est aussi particulièrement bien trouvée. Elle permet par exemple de voir les personnages tels qu’ils sont grâce au regard de l’autre et non tels qu’ils se perçoivent eux-mêmes.

En dehors de l’histoire d’amour, ce roman nous parle du bullying à l’école et des dégâts qu’il occasionne, de la nécessité d’accepter les autres, d’apprendre à les connaitre. Je pense notamment à Park qui se demande sans cesse comment il avait pu penser « ça » d’Eleanor la première fois qu’il la vu. Enfin le livre nous montre ce que peut être la violence physique et psychologique au sein d’une famille.

La fin est riche en émotion (et m’a fait verser quelques larmes) et laisse libre court à l’imagination du lecteur. Si j’ai été d’abord très frustrée par la conclusion du dernier chapitre, j’ai fini par décider moi-même de la fin de l’histoire et elle me convient très bien ! 😉

Pour toutes ces raisons, Eleanor & Park est un petit bijou, un livre bonbon qui se savoure et que je vous recommande chaudement. Moi je me suis déjà offert Fangirl, de la même auteure, et je me le réserve pour un long weekend d’automne !

Fahrenheit 451

De Ray Badbury, aux éditions folio SF et traduit de l’américain par Jacques Chambon et Henri Robillot

Paru en 1953, nouvelle traduction française en 1995, 236 pages

Fahrenheit 451

Quatrième de couverture

En 1953, Ray Bradbury eut à travers son roman Fahrenheit 451, devenu depuis un classique de la science-fiction, l’une des visions les plus effroyables de l’avenir. Dans cette première adaptation autorisée en bande dessinée, réalisée en étroite collaboration avec Ray Bradbury, Tim Hamilton a su créer une oeuvre d’art véritablement saisissante. La prise de conscience par le héros des méthodes d’un gouvernement violemment obscurantiste s’y accompagne de la découverte de l’importance de la lecture en tant que liberté individuelle.

Mon avis

J’ai découvert Fahrenheit 451 pour la première fois au détour d’une page de livraddict et ma curiosité a tout de suite été piquée ! Pensez-vous, un monde où les livres sont interdits, ça ne peut que m’interloquer ! Ça se rapproche de mon pire cauchemar.

Le livre a été écrit en 1953 aux Etats-Unis, à une époque où les voitures allaient lentement et où les télévisions arrivaient à peine dans les foyers. Il s’agit d’une dystopie et l’auteur nous dépeint un monde froid, où les interactions sociales ont disparu, où les gens ne réfléchissent plus ni ne marchent.

Dans ce pays, le rôle des pompiers a changé : maintenant que les maisons sont toutes ignifugées, ils brûlent tous les livres qu’ils trouvent. Leur possession est interdite et passable de punition. C’est dans ce contexte que Montag, pompier de son état, va rencontrer Clarisse, sa jeune voisine. Lui, ne se pose pas de questions et exécute simplement son travail. Elle, c’est une originale. Elle marche dans la rue, regarde la lune, discute de choses et d’autres. Au fil de leurs rencontres, Montag commence à  s’interroger sur sa vie et finit par se rebeller en volant un livre lors d’une opération « de nettoyage ». S’en suit une course poursuite entre lui et ses anciens employeurs, tandis que son ancienne vie tombe en ruine.

Honnêtement, le style d’écriture n’est pas magnifique et j’ai trouvé que le roman souffrait de quelques longueurs. Malgré tout, il se lit très rapidement. Petit bémol concernant le personnage de Clarisse. Elle est là uniquement pour changer le héros. Quand c’est chose faite, pouf, elle disparaît. Oui, ça m’a un peu agacé.

Ceci étant dit, j’ai surtout aimé ce livre pour les idées mises en avant. Et surtout, en faisant le parallèle entre l’univers dépeint et notre époque, j’ai été un peu scotchée.

Voyez-vous-même : les voitures vont de plus en plus vite et il y a une vitesse minimum à respecter ( !) ; les habitants se mettent des appareils dans les oreilles pour écouter des bruits plus intéressants que ceux de la nature et les «4 murs à images» remplissent les salons, empêchant ainsi toutes discussions entre personnes ; les livres ont disparu parce que les gens ont arrêté de lire progressivement; la société est pensée pour apporter un bonheur facile et superficiel ; le héros (et les autres) se sentent vides et il y a beaucoup de tentatives de suicides ; la violence augmente ; les gens recherchent de plus en plus les sensations ; à l’intérieur du pays on mange à sa faim mais partout ailleurs c’est la misère ; les médias manipulent les images et les informations ; on sait qu’il y a des conflits armés ailleurs mais personne ne n’y intéresse vraiment… Honnêtement ça ne vous rappelle rien ?

J’ai eu l’impression en lisant, que tout de même, on s’en rapproche un peu de ce monde. Pour ça, je vous conseille ce roman.

L’appel du coucou

De Robert Galbraith, aux éditions France Loisirs et traduit de l’anglais par François Rosso

Publié en 2013, 695 pages

l'appel du coucou

Quatrième de couverture

Lorsque le célèbre mannequin Lula Landry est trouvée morte, défenestrée, dans un quartier chic londonien, l’affaire est vite classée. Suicide. Jusqu’au jour où John Bristow, le frère de la victime, frappe à la porte du détective privé Cormoran Strike. Cet ex-lieutenant de l’armée, revenu d’Afghanistan amputé d’une jambe, est au bout du rouleau : sa carrière de détective est au point mort et sa vie privée, un naufrage. Aidé par une jeune intérimaire finaude, virtuose de l’Internet, il reprend l’enquête. De boîtes de nuit branchées en palaces pour rock stars, Strike va passer de l’autre côté du miroir glamour de la mode et du people pour plonger dans un gouffre de secrets, de trahisons, et de vengeances.

Mon avis

Robert Galbraith est le pseudonyme qu’à utiliser J.K. Rowling pour pouvoir publier un nouveau roman anonymement. Ais-je vraiment besoin d’expliquer plus en détails pourquoi je tenais à lire L’appel du coucou ? 😉

Habituellement quand je lis un polar, je lis la fin très rapidement. Là, vous vous dites sans doute que je suis complètement folle puisque tout l’intérêt d’un roman policier, c’est le suspens… Bon, et bien, vous serez contents de savoir que pour une fois, j’ai fait un effort surhumain et je ne me suis pas spoiler la fin ! Tout ça pour savoir si je pouvais deviner le coupable à l’avance. Si c’est pas de l’abnégation…

Le roman est assez long, plus de 600 pages tout de même. J’ai eu des difficultés à vraiment rentrer dans l’histoire et du coup mis quasiment 2 semaines à le finir, vu que je le délaissais au profit d’autre chose. Je n’avais pas spécialement envie de replonger dedans et pourtant, à chaque fois que je reprenais la lecture, je passais un bon moment. C’était assez bizarre. J’ai trouvé le rythme plus lent que d’habitude pour un roman policier. J’ai été un peu déroutée au début puis j’ai finalement commencé à apprécier cette lenteur. Je pense qu’on se rapproche plus du rythme d’une véritable enquête. Il n’y a pas de l’action à chaque page. Tout n’est pas résolu en 48h, il faut plusieurs semaines à notre héros pour avancer et récupérer ses indices et ses preuves.

Le héros parlons-en. Cormoran Strike est détective privé et son affaire ne marche pas très bien. Il est même carrément au bout du rouleau. Il m’a fait l’effet d’un gros ours, un homme bourru et hirsute, peu délicat et pourtant gentil dans le fond. Je m’y suis facilement attachée. Avec tout ce qu’il a vécu (et ce qu’il vit !), on a envie que ça s’arrange enfin pour lui. L’enquête sur la mort du superbe mannequin Lula Landy, il l’accepte comme l’enquête de la dernière chance pour remonter son affaire. Il est accompagné dans son travail par Robin, secrétaire intérimaire fraichement arrivée à Londres. Elle lui est d’un grand secours et apporte un peu de chaleur humaine au roman si je puis dire. J’espère cependant que son personnage sera plus développé dans les opus suivants.

Londres est superbement bien décrit, on a l’impression de visiter la ville avec les personnages. Apparemment les descriptions sont précises et réalistes. N’étant pas Londonienne, je ne saurais confirmer.

L’appel du coucou est finalement un bon roman policier, qui respecte tous les codes du genre : des personnages hauts en couleurs parfois sympathiques mais souvent détestables, des suspects en pagaille, des rebondissements et une jolie fin que, personnellement, je n’avais pas vu venir. Par contre on n’échappe pas à la tirade explicative du meurtrier à la fin ! De toute façon, je crois bien qu’on n’y échappe jamais que ce soit dans un livre, un film ou une série.

L’espace d’un an

De Becky Chambers, aux éditions L’atalante

L'Espace d'un an

 

Je ne vais pas vous dire grand-chose sur ce roman, à part que c’est un énorme coup de cœur. Et je pèse mes mots.

Il mérite un article pour lui tout seul et c’est Jo qui s’en chargera.

Je vous dirais simplement que si vous cherchez un roman qui montre ce qu’est vraiment l’acceptation des différences d’autrui, inclusif au possible, drôle, émouvant et plein de rebondissements, c’est celui-ci qu’il vous faut !

Avez-vous lu ces romans ? Certains vous tenteraient pour vos prochaines lectures ?

4 réflexions au sujet de « Lectures de Septembre »

  • 23 octobre 2016 à 14 h 57 min
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    Je découvre ton blog via le commentaire que tu as laissé sur le mien (je viens de te répondre d’ailleurs). Du voyage, de la bouffe, de la lecture, du sport, il y a tout ce que j’aime ici ! Je prendrai le temps de le découvrir un peu plus en profondeur bientôt.

    Je suis tentée et à la fois pas trop par Eleanor & Park mais ne m’y suis pas encore mise. J’ai un peu peur du côté « livre qui se consacre entièrement à une histoire d’amour », ça a tendance à me gaver très vite. Un jour peut être !

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    • 23 octobre 2016 à 17 h 17 min
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      Moi j’ai découvert ton blog via un commentaire sur un autre blog… Comme quoi!^^
      Eleanor & Park c’est une histoire d’amour mais que. ça parle aussi d’acceptation, de l’adolescence, du bullying, de la violence conjugale… Le tout à travers les yeux d’adolescents. Si tu te laisses tenter, je serais curieuse de connaître ton avis. Bonne fin de dimanche!

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  • 7 novembre 2016 à 12 h 32 min
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    Tiens c’est rigolo ça, tu es arrivée de quel blog sur le mien ?
    Il fait tellement parler de lui ce bouquin que je me dis qu’il faudrait que je tente. Je ne manquerai pas de te le dire si je m’y mets !

    Bon début de semaine !

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    • 7 novembre 2016 à 14 h 59 min
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      Et bien… Je ne sais plus trop. Je crois que j’avais lu un de tes commentaires sur le blog Les mots ailés, où Céline parle du processus d’écriture.

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