L’adoption du mode de vie minimaliste : notre déclic

En ce début année, propice aux bonnes résolutions, j’ai eu envie de parler de minimalisme et de partager avec vous notre expérience sur le sujet ainsi que nos motivations, nos échecs et nos réussites.

D’ici un mois ou deux, nous allons voir fleurir un peu partout les sujets sur le ménage de printemps, le rangement et la bonne organisation des placards. Or pour la plupart d’entre nous, j’ai tendance à penser que nous ne manquons pas vraiment de place ou d’organisation mais que nous avons surtout beaucoup trop d’affaires ! (si vous habitez dans une chambre de bonne de 9m² sous les toits à Paris – douche comprise et toilettes sur le palier – vous n’êtes pas visé évidemment^^).

Parler de minimalisme permet de réfléchir sur notre rapport aux objets, à leur valeur que nous leur portons, à la manière dont nos affaires peuvent changer le regard que l’on porte sur nous-même ou de comment le regard des autres modifie notre façon de consommer.

Dans ce premier article sur le sujet, je vais d’abord vous parler de notre parcours : qu’est-ce qui nous a poussés à suivre ce chemin ? Quels sont les objectifs d’une telle démarche ?

Notre déclic

Bougie

Pour nous, tout a commencé un soir d’hiver il y a 3 ans un dimanche soir. Nous nous préparions à aller nous coucher, pas tout à fait prêts à entamer une nouvelle semaine. Gwen était déjà dans la chambre, je finissais de me brosser les dents et d’enfiler mon pyjama. Quelques vérifications de routine : porte d’entrée bien fermée, extinction des lumières, les chats dans le salon… Direction la chambre pour une nuit de sommeil bien méritée. C’était sans compter sur la poignée de porte qui qui choisit à ce moment là de me rester dans la main, condamnant la porte avec Gwen d’un côté et moi de l’autre. J’ai repensé aux trois autres poignées de portes déjà cassées pendant le mois et à notre facture de chauffage astronomique malgré les 16°C dans l’appart, c’en était trop ! Après un long moment à essayer de démonter la poignée avec une lame de rasoir (les tournevis étaient rangés dans la chambre, logique je sais), j’ai décidé que, là, vraiment, il fallait qu’on bouge : « On déménage ! ».

La décision était prise, mais on ne savait pas encore où cela nous mènerait. En effet, pour pouvoir déménager plus facilement nous avons du nous délester de beaucoup de nos biens matériels.

Nous avons donc commencé, plein d’enthousiasme, à préparer les cartons, remplir les valises, vider les meubles et la cave. Ah la cave ! A l’époque elle était tellement pleine qu’on ne pouvait littéralement plus passer la porte. Pour accéder au fond, il fallait escalader une cuisinière si je me souviens bien, la faute à toutes nos affaires d’étudiants entassées dedans. Nous nous sommes donc retrouvés un peu ahuris devant notre montagne de bazar en nous demandant « comment on a fait pour accumuler autant de trucs ?!».  Cette étape nous a vraiment permis de nous rendre compte de la quantité d’objets que nous possédions et d’ouvrir les yeux sur notre surconsommation. Quand vous retrouvez un pèle-pomme au fin fond d’un placard alors que vous avez l’habitude de les manger entières avec la peau, vous vous interrogé sérieusement sur votre capacité à acheter n’importe quoi (et à balancer vos sous par les fenêtres par la même occasion !).

Nous avons alors débuté le grand jeu du tri en mettant les choses « qui ne servent à rien » d’un côté et tout le reste de l’autre. Parmi les choses éliminées, il y avait tous les vêtements que nous n’avions pas mis depuis 1 an ou plus, les gadgets, de vieilles peluches, les DVDs qu’on ne regardait jamais, nos anciennes affaires d’étudiants, les trucs en double ou en triple exemplaire… L’idée était simple : moins on en garde, moins de cartons on aura à faire et à transporter. #teamfeignasse. Nous avons ainsi pu éliminer six ou sept de sacs de 100L de vêtements, donner plus de 300 lots d’objets en tout genre et revendu pas mal des choses entassées à la cave. C’est donc considérablement allégés que nous avons enfin quitté notre vieille appartement !

En arrivant dans la nouvelle maison, nous nous sommes fixés une règle : tout doit rentrer dans les placards intégrés, à une exception prête : les livres, la grande passion de la maison. Que voulez-vous, nous ne sommes pas parfaits 😉 . Nous nous sommes alors rendu compte que nous avions toujours trop d’affaires. Les placards débordaient toujours et nous avions du mal à tenir notre résolution à garder la table à manger sans rien dessus. C’est à ce moment que nous avons découvert que ce que l’on avait fait naturellement portait un nom « le minimalisme » et que plein de gens en parlaient sur les blogs, dans les livres ou les magazines ! Il se trouve qu’actuellement, le rangement et le désencombrement sont des sujets qui ont le vent en poupe, il y a donc pléthore de bouquins disponibles dans les rayons, des plus pratiques au plus théoriques en passant par les plus farfelus aussi. Vous trouverez ci-dessous une petite sélection non-exhaustive de livres sur ce thème. Ceux avec une petite étoile devant sont ceux que nous avons lus :

Chaque auteur propose sa propre définition du minimalisme. Ils sont tous inspirant à leur manière et donnent envie de commencer à désencombrer. Par contre certains adoptent un ton extrêmement péremptoire, du style à vous dire combien de paires de chaussettes vous êtes supposés avoir dans votre tiroir pour être un « vrai » minimaliste. Il faut donc garder son esprit critique et prendre un peu de recul par rapport à ce qu’on lit. Ce n’est pas du tout notre vision des choses et je vous propose maintenant de vous parler de notre façon de faire.

Notre vision du minimalisme

Salon

Définir ce qu’est le minimalisme n’est pas une mince affaire tant les points de vue diverges.

Commençons par le plus évident : non (!), ce n’est pas souhaiter vivre dans une cabane au fond d’un bois de l’arrière-pays, vivant uniquement d’amour et d’eau fraiche en élevant des brebis (Maman, merci pour ton soutien sans faille XD Je t’aime !).

Notez qu’on a le droit de vouloir ça hein ! Certaines personnes vont effectivement jusqu’à vivre avec 100 objets ou moins et adopter un style nomade. Ceci étant dit, c’est loin d’être la majorité des cas et je ne pense pas que ce style de vie convienne à tout le monde.

Le minimalisme n’est pas non plus réservé à ceux qui ont plein de sous, sont sans enfants, vivent à Paris, aux hippies ou à ceux tiennent un compte instagram ou une galerie sur Pinterest (rayez les mentions inutiles). On n’est pas obligé d’adopter les murs tous blancs ou de vivre dans un appart digne d’un magazine de déco ! Et même les familles avec enfants peuvent s’y mettre. J’irais même jusqu’à dire qu’elles le devraient ! 😉 Plein de familles partagent leur témoignage sur le net, par exemple ici, ici ou .

Le principe du minimalisme d’après nous : vivre aussi bien (ou mieux), avec moins de choses, revenir à nos vrais besoins, libérer de l’espace et retrouver du temps pour voir nos proches, vivre des expériences enrichissantes et réaliser tous les projets qui nous tiennent à cœur mais que l’on reporte en permanence d’habitude. Le minimalisme c’est aussi très bien pour simplement prendre le temps pour faire la sieste (j’adore la sieste) !

À mon sens, il n’y a pas de minimaliste parfait, d’objets à avoir ou au contraire, à éviter absolument. Chaque personne ou famille doit adopter un mode de vie qui lui convient en prenant le temps de réfléchir à ses propres besoins. Certains vous diront qu’ils n’ont pas besoin d’un micro-onde ou d’un canapé, d’autres qu’ils n’ont plus aucuns livres ou d’objets de décoration chez eux… Chez nous, des bouquins, il y en a plein (Gwen a une collectionnite aigüe de livres de cuisine végétale) (il parait qu’elle se soigne mais j’ai un doute). On a aussi une chambre qui sert de salle de sport avec plein de poids, d’haltères, kettlebells et autres joyeusetés parce qu’on s’en sert tous les jours. (Ca fait parti des avantages d’habiter à la campagne de pouvoir faire ça, je le reconnais.) Chez d’autres, ça serait totalement superflu. En revanche, vous ne trouverez pas de consoles de jeu ou de tablettes chez nous. Il n’y a pas un minimalisme mais autant de façon de faire et de vivre que de personnes.

Vinyles

Certains vont jusqu’à compter le nombre de leur possession pour pouvoir ensuite juger de leur degré de minimalisme. Personnellement je n’en vois pas l’intérêt du tout. Pour moi, le minimalisme c’est se détacher du matériel, et non remplacer une obsession (accumuler des objets) par une autre (réduire ses possessions coûte que coûte). Je trouve que compter ses affaires revient à remettre les objets au centre de notre attention alors que l’on cherche justement à s’en défaire.

Pour nous le mode de vie minimalisme est aussi fortement lié aux problématiques environnementales, à la réduction de nos déchets et au végétarisme. Nous y reviendrons un peu plus tard.

Dans les prochains articles sur ce thème, je reviendrais plus en détails sur les aspects pratiques : comment désencombrer et que faire des objets en trop. Je tenterais de répondre à la « grande question » que tous nos proches se posent « sont-ils fous ? » « Qu’est-ce que cela peut bien leur apporter de tout vider comme ça, aussi bien mentalement que physiquement ? ».

15 réflexions au sujet de « L’adoption du mode de vie minimaliste : notre déclic »

  • 8 février 2017 à 14 h 36 min
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    Super article ! Je suis complètement d’accord, je suis souvent tombée sur des blogs où les pièces étaient entièrement blanches, sans vie. J’ai effectué un gros tri en Mai dernier mais ce n’est pas fini loin de là (il y a un bazar monstre) ! Le fait d’y aller petit à petit mais permis de prendre plus de recul et de me rendre compte qu’il est important d’adapter le minimalisme à son style de vie, à son environnement. Les besoins sont différents en ville, à la campagne, en montagne. Quand je vois les capsule wardrobe je ne pourrai clairement pas m’amuser à sélectionner un nombre défini de pièces. Même si je mets les mêmes affaires au quotidien ce n’est pas compliqué de trier mais dès que l’on ajoute les facteurs « chiens » et « montagne », il faut des vêtements adaptés… donc en garder un peu plus ! Bref, la notion de besoins est donc essentielle en effet !

    Je suis ravie de lire une vision du minimalisme loin des clichés ! Comme vous, je m’intéresse au minimalisme pour plusieurs problématiques mais ce que je veux dans un premier temps c’est pouvoir me libérer du temps pour souffler un peu. Côté cuisine, j’ai commencé une liste (il y a déjà quelques mois) qui va de pair avec le zéro déchet. Quels sont les ingrédients que j’ai besoin au quotidien etc. Cela permet aussi de faire ses courses rapidement 🙂

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    • 8 février 2017 à 16 h 25 min
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      Merci Elsa pour ton commentaire :-). Les articles suivants décriront les méthodes qu’on a utilisé pour faire le tri dans nos affaires. Pour les vêtements, je suis entièrement d’accord, je vais pas mettre mon jean pour faire de la course à pieds XD. Du coup, on peut découper les objets en catégories, puis sous-catégories, etc… et garder « l’essentiel », ce dernier n’étant pas absolu, relatif à chacun. Les vêtements de sport est un bon exemple : selon la fréquence de pratique, le nombre de pièce sera à adapter.

      Au final, désengorger la maison, c’est vraiment reprendre une bouffée d’oxygène, ça nous a fait un bien fou ! Bonne continuation dans ta quête ! 😉

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  • 10 février 2017 à 22 h 47 min
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    Bsr,
    J’attends avec impatience votre dossier sur le désencombrement. J’ai déménagé en juin 2015 dans un logement un peu plus petit qu’auparavant sans aucun rangement et une cave en moins. J’ai viré pas mal de cartons mais il en reste encore dont je n’arrive pas à me débarasser. Par ex de la belle vaisselle qui provient de ma liste de mariage mais que je n’utilise plus et qui encombre mon salon. J ‘aime bcp cet article. Quand je vois la maison de Béa Johnson par ex où tout est blanc c’est vraiment déprimant. Il faut savoir adopter le minimalisme à son style de vie.

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    • 10 février 2017 à 22 h 52 min
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      C’est d’ailleurs bizarre car avec ma famille nous avons bcp déménagé et mes parents se sont toujours adaptés à la taille du logement qu’ils avaient. Je devrais prendre exemple sur eux.

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    • 11 février 2017 à 15 h 12 min
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      C’est marrant parce que souvent les gens déménagent pour plus grand et s’adapte à la taille de leur logement. C’est à dire qu’on accumule encore plus! XD
      J’avoue qu’avec cet article on avait envie de prendre un peu le contre-pied de tous les blogs sur le minimalisme qui pronent le tout blanc, l’épuré à fond et tout. Nous, ça ne nous parle du tout! En témoigne nos bibliothèques bien remplis (mais triées ;-)).
      J’espère que la suite des articles te plaira!

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  • Ping : Minimalisme 4 méthodes pour désencombrer | Simple Miso Vert

  • 28 février 2017 à 17 h 03 min
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    « Pour moi, le minimalisme c’est se détacher du matériel, et non remplacer une obsession (accumuler des objets) par une autre (réduire ses possessions coûte que coûte). »
    → Alors là, je plussoie totalement ! Peut-être qu’il y a un côté « défi personnel » dans le fait de parvenir à réduire ses possessions matérielles à moins d’une centaine d’objets ? Surtout que, de ce que j’ai compris, une fourchette comme UN objet à part entière (je trouve ça un peu extrême tout de même)… Comme tu le soulignes, le but du minimalisme est justement de se libérer de l’emprise de toutes ces choses qui nous entourent pour les remettre à leur place et ne plus qu’elles aient l’occasion de graviter au centre de notre existence.
    Billet très intéressant au passage, je suis contente d’être tombée ici par hasard ! 😉

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    • 1 mars 2017 à 10 h 09 min
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      Merci pour ton retour.
      Effectivement pour moi le minimaliste, ça permet de gagner une certaine sérénité vis à vis de tout ça.
      Mais je pense comme toi qu’il doit y avoir un côté défi perso. Je me vois mal vivre avec 2 fourchettes seulement perso.^^ J’aime bien recevoir et autant, je veux bien demander aux gens d’amener des chaises en plus, autant j’aurais du mal à leur demander de venir avec leur vaisselle. ^^
      Belle journée !

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  • Ping : avantages minimalisme |

  • Ping : Minimalisme dans le dressing #1 : désencombrer et mieux se connaître |

  • 28 septembre 2017 à 11 h 39 min
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    Bravo pour cet article! Je partage votre démarche et si cela peut aider plus de gens à s’y mettre, c’est un petit pas dans le bon sens. Je donne des ateliers pour aider justement à entreprendre cette démarche qui parait souvent difficile à accomplir et surtout extrêmement difficile à entamer. La route est encore longue pour que le concept de minimalisme perçu comme « surfaces blanches et vides » laisse la place à un style de vie épuré sans être dépourvu d’objets et de plaisir. Et puis on se sent tellement bien quand on trouvé le bon moyen de procéder et qu’on retrouve le plaisir des petits objets qu’on aime (mais qui étaient ensevelis sous un tas de choses inutiles 🙂 bravo encore!

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    • 29 septembre 2017 à 11 h 44 min
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      Merci pour votre commentaire. C’est vrai qu’on voit surtout des intérieurs très épurés et tous blancs… C’est assez cliché. Alors si on peut aider à casser un peu cette image et motiver d’autres personnes à se lancer, je suis ravie ! Belle journée

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