Bonheur : 3 livres qui me guident au quotidien

Bonheur : 3 livres qui me guident au quotidien

L’automne est ici. On a rangé les claquettes et ressorti les grosses chaussettes.  Les journées se font doucement plus courtes, et on se dit qu’on resterait bien juste à côté de la cheminée, avec une tasse de café et un bon livre (#teamcafé).

J’ai un sentiment mitigé vis-à-vis de l’automne. J’adores ses couleurs ! J’adore retrouver la bouffe doudou, la chaleur des plaids et les allées couvertes de feuilles orangées. Mais en même temps que la météo, l’humeur commence aussi à se faire capricieuse. Ça devient plus facile de râler, je suis toujours dans les premiers à choper un rhume, et y’a toujours une partie de mon corps qui a froid. Et en même temps que cette baisse de moral vient irrémédiablement une remise en question, le doute, la fatigue. C’est tous les automnes la même chose et j’ai beau le savoir en avance, pas moyen d’y échapper. Jusqu’au moment où j’ai dit STOP.

Photo : Autumn is coming

Alors je me suis plongé dans mes livres. Psycho, philo, développement personnel. Et j’en ai tiré des leçons applicables bien au-delà du blues automnal. Si j’en avais une seule à partager, ça serait ceci :

Tout commence en nous.

De but en blanc, là comme ça, à froid, c’est difficile de comprendre l’étendue de ces quatre mots. Mais ils sont pour moi essentiels, et je vais essayer, à travers trois livres, de vous faire comprendre pourquoi.

Au cœur des émotions de l’enfant – Isabelle Filliozat

Résumé

Quentin se roule par terre dans le supermarché, Lucie pleure toutes les larmes de son corps parce que son ballon a éclaté, François se réveille toutes les nuits parce qu’un monstre le poursuit, Pierre est terrifié par les tunnels… Les parents sont souvent démunis devant les émotions de leurs enfants. Que faire devant les larmes ? Que dire face aux hurlements ? Comment réagir vis-à-vis des paniques ? Que dire aussi à Paul qui a perdu son papa ? à Mathilde, atteinte d’un cancer ? à Simon dont les parents divorcent ? Voici un livre très concret qui, puisant ses exemples dans le quotidien, vous aidera à accompagner votre enfant vers l’autonomie, à retrouver le contact avec votre propre enfance et à aller vers davantage d’harmonie familiale.

Source : https://www.babelio.com/livres/Filliozat-Au-coeur-des-emotions-de-lenfant/118287

Ce livre de parentalité m’a appris beaucoup plus que je ne l’aurais imaginé et m’a donné un regard neuf sur le monde, et sur moi-même. Je l’ai lu à la base par simple curiosité, parce que, ben, on n’a pas d’enfant, et c’est pas encore dans les tuyaux ^^. Mais je me suis vite rend compte que ce livre était bien plus. Qu’est-ce qui se passerait si on le lisait en se mettant à la place de l’enfant qu’on a été ? Secouez très fort, versez, et vous obtenez une bonne auto-thérapie !

Pourquoi est-ce nécessaire, me direz-vous ? Comprendre de quoi nous sommes faits, nos émotions, nos impulsions, nos peurs, nos manques, nos envies, nous permet d’avoir une meilleure emprise sur nous-même, et nous sommes les premiers acteurs face à nos émotions. C’est donc quelque chose de primordial. Cela passe d’abord par prendre conscience de nos défauts. Je ne parle pas ici de se dire “Ah, mais en fait je suis une plus grosse merde que ce que je pensais !”  Non ! Pas de jugement. C’est une prise de conscience, pas un pugilat ! Connaître nos défauts permet de savoir sur quoi il faut qu’on travaille pour s’améliorer. C’est la première pierre de l’édifice. L’objectif n’est pas non-plus d’être parfait. Parce que 1 : on s’en fout de l’être, 2 : de toutes façons c’est impossible, sauf sur Insta. Il s’agit plutôt de prendre pleinement conscience de qui nous sommes, et de bâtir à partir de là.

J’ai donc fait ce travail de déliaison (comme dirait Frédéric Lenoir dans La Puissance de la Joie). J’ai analysé mon passé pour comprendre qui j’étais aujourd’hui, sans rien épargner. Par exemple, je sais pourquoi j’ai tendance à faire le minimum syndical pour m’en sortir et passer à l’étape suivante. Disons que la stratégie parentale du “Tu peux mieux faire !” n’a pas marché super super sur moi… Oups 🙂 Là où ça devient problématique, c’est que j’ai tendance à ne pas aller jusqu’au bout des choses à cause de cela. Je travaille encore sur le sujet, il faut dire que c’est une habitude tenace, mais j’apprends petit à petit à me donner un cadre pour changer cela. J’essaie de mettre en place des astuces pour m’aider aller jusqu’au bout des choses, comme utiliser le plus possible mon calendrier. Mais si je n’y arrive pas, je me souviens que c’est un travail en cours et que je fais de mon mieux, qu’à cet instant précis, je suis comme je suis, et que j’essaie de m’améliorer, et que c’est là l’essentiel. (#empathie)

Le petit traité de l’abandon – Alexandre Jollien

Résumé

Alexandre Jollien poursuit sa quête d’une sagesse qui apporte la paix intérieure. Si la joie est le but, la voie royale pour la vivre est l’abandon ou, en termes bouddhistes, la « non-fixation ». Ne pas « fixer », c’est se débarrasser des représentations, et par là laisser la vie être ce qu’elle est. Cela rend la perte vivable. Cela rend ouvert à l’autre, au monde. C’est aussi un chemin pour s’accepter tel que l’on est, même handicapé.

Chacune des 20 pensées réunies dans ce livre est à la fois un remède et une méditation sur les obstacles qui nous écartent de la joie, et les chemins qui nous y conduisent. Ainsi s’esquisse « un art de vivre qui nous dépouille du trop et nous aide à trouver l’audace de danser joyeusement dans la ronde de l’existence ».

Source : https://www.babelio.com/livres/Jollien-Petit-traite-de-labandon–Pensees-pour-accueilli/702909

Passé la première étape de remise à plat des fondations, vient la seconde : construire des murs et un toit solide qui nous protégeront. Les conseils d’Alexandre Jollien pour cela, par ce qu’il a vécu et ce qu’il essaie de mettre en pratique au quotidien sont précieux.

Prenons un exemple concret : la comparaison aux autres. Je ne compte plus le nombre de fois où, après avoir scrollé bon nombre de comptes Instagram (oui, c’est mon réseau social favori, pourquoi ?), je me retrouvais avec le moral dans les chaussettes, regardant le prix des cordes chez Casto, parce que j’avais le sentiment que ma vie, et par extension, ma personne, n’avait aucune valeur. Vous voyez de quoi je parle ? Jollien nous livre ses pensées et ses outils mentaux contre ce fléau. Cela commence par accepter ce que nous sommes. Placer la perfection que nous recherchons dans la réalité et dans l’instant présent. En d’autres termes, ce que nous voyons chez les autres, notamment à travers les réseaux sociaux, ne représente qu’une vision artificielle des choses, un idéal, un imaginaire. Nous pouvons nous en inspirer, mais il serait illusoire de vouloir l’atteindre. Non, la vraie question est, comment faire pour atteindre la joie, ici, et maintenant. Car c’est ça qui est vraiment important, l’essentiel.

Une autre notion importante à mes yeux qui a vraiment changé mon existence est de reconnaître les choses qui dépendent ou pas de moi. Cette idée vient de la philosophie stoïcienne (Epictète).  Elle nous dit qu’il ne faut pas désirer ce qui ne dépend pas de nous si l’on veut accéder au bonheur : si quelque chose ne dépend pas de nous, nous ne pouvons donc pas maîtriser cette chose. Et si cette chose n’est pas comme nous le souhaitons, alors nous sommes malheureux. Alors que faire ? Accepter les choses qui ne dépendent pas de nous comme elles sont, et agir sur ce qui dépend de nous pour façonner notre réalité.

Avec cet outil en poche et avec un peu d’entraînement, nous pouvons mieux accueillir les événements, et construire ces murs qui nous protégerons. Et il en faudra de l’entrainement, car accepter ce qui ne dépend pas de nous est un exercice difficile. Accueillir nos sentiments comme ils sont, les laisser vivre et mourir, et passer à la suite, ce n’est pas quelque chose d’évident au début. Mais, comme une maison ne se bâtit pas en un jour, notre force mentale non plus. Cela demande du temps, de la patience, de l’attention, et de l’empathie envers nous-même. Ça tombe bien, on a toute la vie :).

La puissance de la joie – Frédéric Lenoir

Résumé

« Existe-t-il une expérience plus désirable que celle de la joie ?
Plus intense et plus profonde que le plaisir, plus concrète que le bonheur, la joie est la manifestation de notre puissance vitale. La joie ne se décrète pas, mais peut-on l’apprivoiser ? La provoquer ? La cultiver ?

J’aimerais proposer ici une voie d’accomplissement de soi fondée sur la puissance de la joie. Une voie de libération et d’amour, aux antipodes du bonheur factice proposé par notre culture narcissique et consumériste, mais différente aussi des sagesses qui visent à l’ataraxie, c’est-à-dire à l’absence de souffrance et de trouble.

Pour ma part, je préfère une sagesse de la joie, qui assume toutes les peines de l’existence. Qui les embrasse pour mieux les transfigurer. Sur les pas de Tchouang-tseu, de Jésus, de Spinoza et de Nietzsche, une sagesse fondée sur la puissance du désir et sur un consentement à la vie, à toute la vie…

… Pour trouver ou retrouver la joie parfaite, qui n’est autre que la joie de vivre. »

Source : https://www.babelio.com/livres/Lenoir-La-puissance-de-la-joie/785305

Je pense que ce livre, je vais le lire, lire et relire encore !  Il m’a appris à faire la différence entre le bonheur, le plaisir, la joie, et les liens entre ces notions. À travers les philosophies aussi bien occidentales qu’orientales, Frédéric Lenoir tente de nous montrer la voie vers la joie. La voie, ou les voies, car il en existe plus d’une, mais c’est avant tout quelque chose qui se cultive. Un état où nos émotions les plus belles explosent en nous et nous subliment.

La joie selon Spinoza, philosophe du XVIIe siècle, et l’un de mes chouchous : il distingue deux types majeurs de joies : passive et actives. Les joies passives sont celles qui dépendent d’une source extérieure, comme un partenaire, un collègue, etc. Les joies actives sont celles qui n’a que nous comme cause. Ces dernières sont plus fortes, plus longues, plus intenses. Les joies passives ne sont pas toutes mauvaises pour autant. Elles peuvent elles aussi nous aider dans notre construction personnelle. Mais elles peuvent aussi nous apporter plus de malheur que prévu.Par exemple quand nous idéalisons quelque chose. Il est rare que ces choses soient à la hauteur de nos attentes, ce qui provoquera chez nous l’inverse de l’effet escompté.

Ok, et qu’est-ce qu’on fait de ça, me diriez-vous ? Si les joies actives sont fortes et durables, il serait judicieux de préparer en nous un terrain propice à leur apparition. En nous, encore une fois, parce que par définition, ces joies sont actives parce que nous en sommes la seule cause. Pour moi, cela passe par me fixer des objectifs d’évolution : lire et écrire plus, faire de la longboard, m’améliorer en photographie. Uniquement des choses qui ne dépendent que de moi.

Petite parenthèse sur les objectifs. Un objectif ne se définit pas n’importe comment. Il faut de la précision dans la matière. C’est comme les résolutions de début d’année. Si c’est trop irréaliste, ça rate parce que la marche est trop grande. Si c’est trop vague, ça rate parce qu’il n’y a pas de limite et on ne sait pas quand on remplit l’objectif ou non. S’il n’y a pas d’objectif de date, ça rate parce qu’on peut toujours repousser la limite de temps. Prenons la longboard dans mon cas. Je voulais absolument en faire, parce que, beh, je trouve ça super cool. J’ai défini mon plan d’action comme suit :

Objectif : Pouvoir me balader dans la rue sur ma planche.

  • Etape 1 : Tenir sur la planche en statique
  • Etape 2 : Tenir sur le planche en roulant à plat, dans un endroit dégagé et sur route toute propre
  • Etape 3 : Rouler sur les trottoirs dégagés (pour appréhender les trous)
  • Etape 4 : Utiliser la longboard pour mes déplacements en ville.

Objectif de temps : 1 mois (réalisable, parce que j’avais déjà fait un peu de skateboard)

Entrainement : Week-end au début, puis tous les midis 20 minutes.

Simple, réalisable, précis.

Mais revenons à nos moutons. La réalisation de ses objectifs ne dépend que de moi. Je suis acteur de ma vie, et seul maître à bord. La joie que j’en tire n’a pas d’égal. Si je n’y parviens pas, je n’aurais quand même pas été statique. J’aurais appris, sur moi, sur le sujet en question (photographie, skate, etc.). J’aurais essayé. Spinoza parle de la force de vie, qui nous met en mouvement. Le Conatus, la persévérance dans son être. Cette persévérance augmente quand nous sommes fidèles à ce que nous sommes, et que nous essayons de nous améliorer, ce qui a aussi pour incidence d’augmenter notre ouverture à la joie.

Conclusion

La joie est donc une recherche permanente, quotidienne. Elle se trouve dans les petites choses de la vie, dans le partage, l’échange, l’empathie. L’empathie envers les autres, mais aussi et d’abord envers nous-même. Apprendre à se connaître, accepter qui l’on est et d’où nous venons constitue la première étape vers le bonheur. Ces trois ouvrages sont mes guides vers une vie meilleure, et j’espère que les partager ici pour vous aider, ne serait-ce qu’un peu, à améliorer la vôtre.

Et vous ? Quels sont vos trucs pour vous rendre la vie meilleure ?

Bilan lecture #3

Bilan lecture

Aujourd’hui, on se retrouve pour le troisième bilan lecture sur le blog. Je vous propose une sélection éclectiques avec des titres légers et d’autres beaucoup plus sérieux. J’ai beaucoup aimé découvrir ces 4 ouvrages, j’espère qu’il en sera de même pour vous.

Tu comprendras quand tu seras grande, Virginie Grimaldi

Bilan lecture

Ce livre, je vous l’accorde, on le voit un peu partout (le second dont je vous parle aussi d’ailleurs) mais ce n’est pas grave. J’assume mon côté suiveuse de monde littéraire ! Fin juillet, j’étais fatiguée et j’avais envie d’une lecture reposante et apaisante. J’ai opté pour ce roman de Virginie Grimaldi parce que j’en avais entendu beaucoup de bien et que j’avais apprécié son premier roman, Le premier jour du reste de ma vie.

Cette lecture m’a effectivement fait beaucoup de bien. C’est frais, léger et intéressant en même temps. On suit Julia, qui part vivre dans le sud de la France suite à de gros bouleversements dans sa vie. Elle décide de tout plaquer à Paris et part travailler comme psychologue dans une maison de retraite. Si au début, elle a peur de côtoyer des personnes âgées au quotidien, elle s’attache vite à eux et surtout fait exploser ses idées préconçues jours après jours. C’est une autre vision de la vieillesse que nous propose l’auteure, pleine de bienveillance et de douceurs. En parallèle, elle n’oublie toutefois pas de traiter les difficultés liées à cette période de la vie (malade, douleurs, deuil).

Les personnages du roman sont hauts en couleurs, certains sont adorables, d’autres détestables. J’ai énormément ri en le lisant. Certains passages m’ont fait verser de petites larmes, ceci dit je suis bon publique et je pleurs très facilement à la moindre séquence émotion dans un roman, un film, une série… En dernière partie de roman, une romance vient se greffer à l’histoire. Cela donne lieu à quelques scènes cocasses.

Si je devais retenir un message du livre, ce serait que la vie ne s’arrête pas à la retraite et que l’on peut faire des projets quelque soit notre âge. En bref, si vous avez envie de vous détendre et de réfléchir en même temps, que vous aimez les romans qui dissimulent quelques leçons de vie, je vous le conseille très fort.

Rien à voir avec le roman suivant. Pour celui-là, il faut déjà être dans une bonne période !

La servante écarlate, de Margaret Atwood

Bilan lecture

Le roman La servante écarlate de Margaret Atwood est un roman dystopique qui relate la vie d’une « servante » au sein de Gilead, état totalitaire situé à l’emplacement des Etats-Unis. Dans ce monde, la natalité a chuté brusquement, sans que l’on sache vraiment pourquoi, et la majorité des gens ne peuvent plus avoir d’enfants. Le gouvernement américain a été renversé et des fondamentalistes religieux ont pris le pouvoir. La population est repartie par classe sociale avec, évidemment, ses élites : les commandants et leurs épouses, ainsi que les Yeux, espions à la solde de l’état qui sont partout. Dans cette société, les femmes sont réparties par « fonctions » : les épouses, les marthas (bonnes à tout faire en quelques sortes), les éconofemmes et enfin, les servantes écarlates qui forment une caste à part. Les servantes sont en fait des femmes encore fertiles  qui ont été déclarées impures afin de pouvoir les faire prisonnières et les contrôler. Et croyez moi, à Gilead, il y a plein de raisons pour déclarer quelqu’un impur…  Les servantes sont attribuées aux familles des élites ne pouvant pas avoir d’enfant et le seul but de leur existence est de procréer pour les autres. L’état loue leur utérus aux plus riches quoi…

Dans le roman, Defred, le personnage principal, nous décrit sa vie en temps que servante au service d’un commandant. Elle raconte également sa formation au centre rouge ainsi que l’organisation de la vie à Gilead : cérémonie mensuelle lors de la période d’ovulation pour recevoir la semence du commandant de façon naturelle, sévices physiques au centre de formation, humiliations, interdictions de lire, d’écrire, de montrer son visage, de porter autre chose qu’une immense robe rouge pour ne pas susciter de désir, interdiction de discuter, de vivre tout simplement. Il y a aussi ses petites victoires, qui font du bien même si elles semblent dérisoires finalement. Et toujours la possibilité de se faire prendre, et donc de mourir.

Au moment où Defred vit tout ça, le changement de régime est récent. Elle se rappelle donc sa vie d’avant, quand elle était libre. D’ailleurs elle répète à plusieurs reprises quelque chose comme « c’est fou comme on s’habitue vite »,  « comme quelque chose devient normal rapidement ». Il y a beaucoup de flashback et au fur et à mesure on capte quelques brides d’informations. On comprend un peu ce qui a pu se passer, même si on reste tout de même dans un grand flou vis-à-vis de ce qui a rendu les gens stériles. On n’en sait pas plus qu’elle finalement. Le fait que Defred se souviennent d’avoir pu aller courir, s’habiller en jean, travailler, faire l’amour avec qui elle voulait, ect, a fait que je me suis facilement s’identifiée à elle. Et du coup, je me suis aussi identifiée à elle lorsqu’elle subissait la cérémonie ou les autres joyeusetés. Dans ces conditions, il est facile de se dire « ça pourrait arriver ici ». Et c’est terrifiant. Enfin personnellement, la perte de mes droits fondamentaux sous prétexte que je suis une femme, ça fait parti du top 3 de mes cauchemars personnels ! Et c’est ce qui nourrit mon féminisme depuis mon adolescence !

Certains passages sont vraiment marquants et peuvent être transposés facilement au contexte politique actuel. Je pense notamment à une double page où Defred raconte la façon dont le renversement de régime s’est fait. A savoir dans l’indifférence générale, et même avec l’assentiment du peuple qui souhaitait plus de sécurité suite aux coups d’états, tandis que les attentats étaient mis sur le dos des « fanatiques islamiques ». A chaque fois, il est bon de se souvenir que le roman a été publié en 1985 et non 2016… Il parait qu’une bonne dystopie doit pouvoir être lue et comprise, peut importe l’époque. Et bien je pense que celle-ci est très bonne.

 Le roman a récemment refait surface peu après l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis. Vous savez, cet homme qui dit tranquillou en interview qu’il peut attraper les femmes par la chatte parce qu’il a de l’argent… Et qui est élu à la tête des USA peut après… Celui qui, à peine arrivé au pouvoir, a commencé par rendre l’accès à l’avortement extrêmement difficile d’accès et à couper les subventions aux organisations qui le pratiquent ou simplement informent sur la contraception. Et c’est sans parler de son climato-septisme, de sa politique raciste ou transphobe…  Bref, on comprend que le roman ait pu facilement faire écho à un vécu en cette période là-bas.

Par ailleurs, la postface écrite récemment par l’auteure est édifiante. Elle explique qu’elle n’a rien voulu inventer pour son roman afin d’éviter d’être accusée de prêter des intentions perverses à l’être humain. Alors elle a simplement pioché dans ce qui a déjà été fait dans nos contrées occidentales et « chrétiennes » en matière de dictature, de contrôle des femmes, des populations, de punitions ou de mises à mort…

Je pense que c’est un très livre important à lire. Il nous rappelle que ce que l’on prend pour acquis, nos droits en tant que femmes entre autre, ne l’est pas. Il suffit de peu pour revenir en arrière finalement.

Pour aller plus loin, je vous propose de lire cet article de Slate : pourquoi la servante écarlate nous fait-elle si peur ?

Amours, Leonor de Récondo

Bilan lecture

Dernier roman de cette sélection, Amours est une petite pépite découverte complètement pas hasard cet été. En arrivant à Saint Denis d’Oléron à la fin du mois d’aout, nous sommes allés faire une petite balade sur le port et avons découvert une librairie indépendante « La pêche aux livres ». Evidemment, on y est entré. Evidemment, je suis ressorti avec un livre. Mais pour une fois, je suis ressortie sans savoir ce que j’avais acheté. Les gérantes ont une petite sélection de romans emballés à disposition, pour un blind date avec un roman ! J’ai choisi celui-ci d’après les quelques mots écrits sur la carte par la libraire « ôde à la féminité et au dépassement de soi ». Personnellement j’aime beaucoup le concept. Je trouve que c’est un très bon moyen de sortir de ma zone de confort et de varier mes lectures.

Amours raconte l’histoire d’amours entre deux femmes de conditions différentes, que tout oppose, dans une maison bourgeoise au 20ème siècle. Le roman est dense, un peu plus de 200 pages seulement. L’histoire est raconté mais sans empressement. L’écriture est précise. Je me suis beaucoup attaché à Céleste et Victoire. Les femmes subissent toutes les deux leur condition de femme et le manque de liberté qui va avec, malgré leur statut social très différent. D’ailleurs, quand Victoire se débarrasse d’un objet contraignant pour elle, elle le dit « je veux être une femme libre ».

Le roman traite aussi indirectement du sort qui était réservé aux domestiques dans les maisons de bonnes familles, puisque Céleste se retrouve à devoir porter l’enfant de l’homme de la maison après avoir été violée à répétition par celui-ci. Et encore, c’est juger par la plupart des personnages comme un traitement de faveurs puisque normalement, elle aurait du être chassée !

Amours est un très beau roman sur la féminité, le désir, l’amour maternel et d’autres choses encore. Je le conseille vivement. Apparemment Leonor de Récondo a publié un nouveau roman, je pense le lire prochainement.

Eat & Run (manger pour gagner), Scott Jurek

Bilan lecture

On change complètement de catégorie avec Eat & run de Scott Jurek. J’avais entendu parler de ce livre il y a un bon moment déjà mais je ne m’étais jamais décidée à l’acheter. Pourtant, étant amoureuse de course à pied et végé moi-même, il m’appelait. En passant un peu de temps dans le rayon sport d’une librairie en août, je suis tombée dessus et je suis repartie avec.

Scott Jurek est un athlète végétalien coureur d’ultramarathon, discipline particulière qui consiste à courir sur des distances allant de 80 km à plus de 200 km… D’aucuns disent que ces épreuves sont pour les surhumains. Scott Jurek, lui, considère qu’elles sont à la portée de chacun avec un bon entrainement. Il l’écrit d’ailleurs dans le livre. Bon personnellement j’ai un gros doute la dessus. Pour encaisser de tels traitements, je pense que les corps des coureurs d’ultra doivent quand même être plus résistants que la moyenne. Mais ça fait toujours du bien de rêver un peu en lisant les exploits que certains arrivent à réaliser.

Le titre est explicite. Run, pour courir et eat, pour manger. Le livre est divisé en 21 petits chapitres qui se lisent rapidement. Scott Jurek nous raconte ses débuts en course à pieds, les grandes lignes de sa vie et ses grandes courses. Il nous parle de ses mentors, des athlètes qu’il admire. On sent sa soif de gagner et son amour de la compétition à chaque page. L’homme a tout de même finit un ultra avec une grosse entorse à la cheville et entamé (et gagné !) un autre avec un orteil cassé… Ses exploits sont impressionnants, ça va sans dire. Quand je lis les distances et les dénivelés des ultras, j’hallucine juste ! A l’heure actuelle, ma distance de course maximum est de 16 km… Autant vous dire que la lecture de ce livre redonne un peu d’humilité !

Il explique sans rentrer dans les détails que le végétarisme, puis le végétalisme lui ont permis d’aller plus loin dans sa pratique du running. Ses temps de récupération sont devenus plus courts et sa forme s’est améliorée en adoptant une alimentation végétale. Il est donc convaincu qu’une alimentation saine et végétale est la clé pour performer. Une recette végétalienne ponctue d’ailleurs la fin de chaque chapitre.

Ceci dit, ce qui ressort le plus des pages, je trouve que c’est la force de son mental avec un mantra « parfois il faut juste faire les choses ». Cette capacité qu’il a de s’arrêter pour faire le point, puis de repartir quand tout le monde s’arrêterait. Ça m’a vraiment impressionnée. Et surtout motivée à fond. Le weekend suivant après avoir fini ma lecture, je participais à une course nature. Au 9ème kilomètre j’ai été prise d’un très gros point de côté qui ne m’a pas lâché jusqu’au bout. J’avais mal, mais je me suis dit qu’il s’il pouvait finir une course de 217 dans la vallée de la mort, par plus de 40°C, après avoir vomi tripes et boyaux, je pouvais bien aller au bout de mes 16 bornes. xD Motivant ce livre je vous dis.

Un excellent livre pour les amoureux de la course à pied ou du sport en général. Un livre fort, sur le dépassement de soi, l’amitié, la course, la vie et ses difficultés, l’alimentation végétale et bien d’autres sujets. Je le recommande sans modération. Moi, je sens que je vais bientôt lire Finding ultra, de Rich Roll, dans la même veine !

C’est déjà fini pour ce troisième bilan lecture. Si vous le souhaitez, vous pouvez retrouver l’intégralité de mes lectures ainsi qu’un avis sommaire sur chacune sur mon profil livraddict.

Avez-vous lu certains de ces livres ? Lequel vous tenterait le plus ?

 

Bilan lectures #2

Bilan lectures #2

Nouveau bilan lectures, le deuxième de l’année. Il était temps, le dernier date du mois de mars ! Un tous les trimestres, ça doit être mon rythme. Comme la dernière fois je vous parle des livres qui m’ont vraiment touché et pas des trucs nuls que j’ai eu envie de jeter par la fenêtre.

Dans la sélection du jour, vous trouverez 4 romans et 2 essais. Dans la plupart des romans que je lis en ce moment, et même pour ceux que j’ai envie de lire, il y a une thématique récurrente : le changement de vie (plus ou moins) radical. Cela fait tout simplement échos à ma propre envie de changement et de mouvement. Ces personnages qui osent tout plaquer, ou qui n’ont pas le choix de recommencer leur vie, m’inspirent et me motivent à évoluer.

Je vous laisse découvrir mes coups de cœur !

Mange, prie, aime, Elizabeth Gilbert

Bilan lectures

J’ai eu envie de lire Mange, prie, aime d’Elizabeth Gilbert après ma lecture de Comme par magie de la même auteure. Elle y fait référence à plusieurs reprises tandis qu’elle explique son processus créatif. J’avais vu le film éponyme au cinéma lors de sa sortie il y a quelques années et il ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable. Et pour cause, il est beaucoup (beaucoup beaucoup) moins riche que le roman.

Dans Mange, prie, aime, Elizabeth nous raconte une année de sa vie, l’année de sa reconstruction. L’écriture est fluide et j’ai fini les quelques 500 pages rapidement. Ce n’est pas un roman au style parfait mais j’ai été touchée, particulièrement lors des premiers chapitres lorsque l’auteure revient sur sa dépression et ce mal-être qui la ronge de l’intérieur. On comprend mieux son processus intérieur  et son besoin impérieux de partir pour se retrouver que dans le film.

Le roman est divisé en trois grandes parties. La première concerne son voyage en Italie, où elle se redécouvre et apprend le plaisir, notamment de manger. Autant vous dire que depuis que j’ai lu ce bouquin, je rêve d’aller à Rome déguster des pasta et des gellato. Et tant qu’à faire j’irais bien aussi faire un petit tour à Naples pour manger une pizza. La seconde partie revient sur son voyage en Inde et sa quête spirituel, son envie de se rapprocher de Dieu. Je suis une athée convaincue et assez hermétique à la spiritualité en général, et pourtant ce passage m’a parlé. Je trouve qu’Elizabeth Gilbert arrive à bien retranscrire  les sensations liées à la méditation, qui ne sont pas si faciles à expliquer. Enfin la troisième et dernière partie se déroule à Bali où elle cherche à trouver son équilibre.

Le livre est drôle, notamment grâce aux protagonistes que l’auteure rencontre mais aussi grâce à l’autodérision dont elle sait faire preuve. Je l’ai aussi trouvé très touchant car elle se livre totalement. Je trouve qu’on ressent la sincérité de la démarche dans chaque chapitre. C’est un roman que j’ai adoré, surement parce qu’il correspond à ce dont j’ai besoin en ce moment, ayant le même type d’interrogations qu’elle (la dépression en moins).

Les derniers jours de Rabbit Hayes, Anna McPartlin

Bilan lectures

J’ai acheté Les derniers jours de Rabbit Hayes sur un coup de tête, parce que je trouvais la couverture jolie (je suis influençable comme ça oui). La quatrième de couverture promettait beaucoup d’émotions et de rire. Et c’est effectivement ce que j’ai trouvé entre ces pages.

On connait la chute de l’histoire dès le départ. Il n’y a pas de surprise de côté là. Il reste 9 jours à vivre à Mia Hayes, affectueusement surnommée Rabbit par ses proches, et on les vit avec elle. Rabbit est en phase terminal d’un cancer et passe ses derniers jours dans une maison de soin spécialisée, entourée par ses proches qui se relaient à ses côtés. Le postulat de départ n’est pas joyeux du tout et d’ailleurs le roman ne l’est pas. Accompagner un proche qui soufre et qui est encore jeune s’apparente à un cauchemar pour beaucoup de gens. Malgré tout, Ann McPartlin arrive à nous faire rire souvent, grâce à l’humour noir de Rabbit et des autres personnages.

L’intrigue alterne entre le présent et les flash-backs de Rabbit, qui se souvient de son amour de jeunesse, johnny, dans son sommeil. Johnny est deuxième personnage principal du roman et le moins que l’on puisse dire c’est que nos deux héros n’ont pas été épargné par la vie.

Les proches de Rabbit sont des personnages attachants, réalistes et terriblement touchants. Tous réagissent différemment à l’annonce de la mort toute proche de Rabbit : il y a le déni des parents face à la maladie et le décès tout proche de leur fille. Ils cherchent à tous prix un traitement expérimental qui pourrait la sauver. Ses frères et sœurs se demandent comment faire pour s’occuper au mieux de Juliette, la fille de Rabbit. Et enfin, il y a Juliette qui prend soin de sa mère depuis l’annonce du cancer et qui attend désespérément qu’on lui annonce la date de retour à la maison de Rabbit.

Malgré son sujet sombre, c’est un roman que j’ai dévoré et qui m’a fait beaucoup de bien. Prévoyez simplement quelques mouchoirs pour accompagner votre lecture si vous avez la larme facile comme moi.

La petite boulangerie du bout du monde, Jenny Colgan

On passe à un roman plus léger avec La petite boulangerie du bout de monde. Ici on suit Polly qui, suite à la faillite de son entreprise et sa séparation, se retrouve à louer un appartement délabré sur une petite île isolée de Cornouailles, contre l’avis de ses proches. Une fois sur place, elle profite de son surplus de temps libre pour s’adonner à sa passion : faire du pain, beaucoup de pain. Ses délices lui permettent d’amadouer certains des habitants de l’île. Au fil de ses rencontres, elle se lie d’amitié avec les pécheurs du port, adopte un petit macareux blessé et tombe sous le charme de l’apiculteur du coin, lui-même expatrié et venant des Etats-Unis. Par la force des choses, Polly est amenée à travailler avec la boulangère en titre de l’île. Commence alors une cohabitation difficile avec cette femme possédant un très fort caractère (euphémisme bonjour !) et franchement désagréable. Polly doit prouver ses compétences de boulangère professionnelle, se créer sa place sur l’île et décider de ce qu’elle souhaite pour son avenir.

Les personnages du roman sont parfois clichés et j’ai vu venir l’histoire d’amour 100 pages à l’avance. Ceci étant, l’auteur se rattrape en approfondissant les histoires personnelles de certains protagonistes. Au fil des pages, on apprend à mieux connaitre la boulangère acariâtre et à la comprendre. Même si je n’ai pas réussi à l’apprécier, j’ai ressenti de l’empathie pour elle. Jenny Colgan nous rappelle également à quel point le métier de pécheur peut être dangereux et de quelle façon la vie insulaire diffère de la vie sur le continent.

C’est un roman qui permet de passer un bon moment et de réfléchir à nos propres aspirations pour notre vie. Je trouve que c’est aussi une sorte de plaidoyer pour vivre autrement, plus lentement en échos aux différents mouvements slow. Le livre se lit facilement et met du baume au cœur. Pile ce dont j’ai besoin actuellement donc. J’ai vu qu’il existe un second tome. Je me le garde pour cet été.

La passe-miroir, tome 3 : la mémoire de Babel, Christelle Dabos

Le troisième tome de la passe-miroir est paru le 1er juin en France. J’ai résisté à peu près trois jours avant de foncer dans une librairie pour l’acheter. J’en attendais beaucoup, vu le niveau des deux premiers tomes, qui m’avaient transportés dans un univers fantastique époustouflant.

J’ai aimé ce 3ème opus, même s’il m’a laissé un peu sur ma faim. On retrouve Ophélie qui part à la recherche de Thorn, disparu depuis bientôt deux ans. Pour cela, elle se rend sur Babel avec l’aide de ses amis du pôle. La-bas, elle va devoir s’adapter à une société très codifiée et intégré une école où la concurrence est rude pour progresser dans ses recherches.

J’ai trouvé la première moitié du roman un peu longue à se mettre en place pour être honnête. Ophélie subie un bizutage en règle en arrivant dans sa nouvelle école et aucun responsable ne semble s’apercevoir de rien. Christelle Dabos a le mérite d’aborder la thématique du bullying même si ça a déjà été traité plus d’une fois ailleurs. Je pense notamment à Eleanor and Park de Rainbow Rowell.

Les personnages secondaires que l’on connaissait dans les deux premiers tomes sont les grands absents de celui-ci. A peine quelques pages leurs sont consacrées et je dois avouer qu’ils m’ont beaucoup manqué, surtout Archibald et Bérenilde que j’adore. En revanche, nous faisons connaissances avec la fille de Bérénilde, la petite Victoire, pendant quelques chapitres. Elle est dotée d’un pouvoir étrange, qui va l’amener à se mettre dans une situation terrifiante à la fin du livre. Les nouvelles rencontres faites par Ophélie à Babel sont assez peu développées, notamment son amitié avec Octavio qui reste superficielle. J’aurai aimé connaitre ses nouveaux personnages un peu mieux. On ressent vraiment toute la solitude d’Ophélie au fil des pages.

Mais venons-en à ce que j’ai le plus apprécié dans ce tome : voir Ophélie grandir. Elle évolue doucement mais surement et devient une femme de plus en plus sure d’elle, qui sait ce qu’elle veut et l’assume. Une des dernières scènes est révélatrice de cela. La deuxième moitié du roman est très riche en rebondissements et révélations sur le monde éclaté et Dieu. Cela donne très envie de connaitre la suite, donc j’achèterais forcément le tome 4. 😉

Finalement ce tome est un entre deux à mon sens : l’auteure met en place tous les pions dont elle aura besoin pour conclure et développe la force de son héroïne. Il y a forcément moins d’action que dans les deux premiers, mais le roman reste très agréable à lire.

Comment éviter de se fâcher avec la Terre entière en devenant parent ? – la paternalité en 9 questions qui divisent, Béatrice Kammerer et Amandine Johais

Même si je n’ai pas d’enfants (et que ce n’est vraiment pas prévu), je suis passionnée par tout ce qui touche à la parentalité et à l’éducation, en particulier l’éduction non violente. J’ai déjà lu plusieurs ouvrages sur le sujet et j’en ai d’autres qui m’attendent sagement dans ma PAL. Quand j’ai vu que Béatrice Kammerer sortait un livre sur le sujet, je me suis empressée d’aller le chercher. Je lis le blog des vendredis intellos depuis un moment et je trouve son travail toujours rigoureux et précis, cherchant avant tout à se baser sur l’état actuel des connaissances scientifiques et non à faire de la propagande pour un camp ou un autre. L’éduction des enfants étant un sujet qui divise (no shit ! comme disent les anglais ^^), je trouve cette approche vraiment salvatrice.

On retrouve cet état d’esprit tout le long des quelques 300 pages du livre. Les auteures veulent avant tout faire un état des lieux des connaissances sur les problématiques qu’elles abordent. Aucune leçon de morale, aucune recette magique pour élever des enfants parfaitement sages et épanouis. Les auteures sont réalistes quant au quotidien des parents, ayant elles-mêmes plusieurs enfants. Elles plaident pour un « evidence-based parenting », une éduction basée des preuves.

Dans Comment éviter de se fâcher avec la terre entière en devenant parent ?, elles reviennent notamment sur l’accouchement physiologique (et pourquoi vouloir accoucher chez soit quand on ne présente aucun signe alarmant n’est pas une hérésie), le concept d’enfant-rois, l’âge auquel on est supposé faire des enfants, la pression à avoir des enfants « indépendants » tôt, les nouveaux pères, l’apprentissage par le jeu ou encore l’adolescence (ce fléau)(ou pas).

J’ai trouvé le livre absolument passionnant et l’ai dévoré en une semaine. Bon en même temps si ce n’était pas le cas, je n’en parlerai pas ici nous sommes d’accord. Le langage est soutenu mais accessible à tous. La lecture est facilité par les traits d’humour disséminés ici et là. Il faut simplement se laisser le temps d’assimiler les informations car le contenu est très dense.

En résumé si vous êtes parents, grands-parents, oncles, tantes, parrains ou marraines, nounou, baby-sitter ou si vous vous intéressez un tant soit peu à ce sujet, je vous le conseille chaudement ! Il vous donnera des pistes pour reconsidérer ce que vous pensiez savoir ou pour argumenter vos choix.

Sex and the series, Sexualités féminines, Une révolution télévisuelle, Iris Brey

Le petit dernier de cette revue, Sex and the series, qui comme son nom l’indique, traite de la sexualité des femmes dans les séries américaines et à l’influence que ces scènes télévisuelles ont sur nos mœurs (et inversement).

J’ai vu passer cet essai sur le compte instagram de tout est politique, qui parle régulièrement de féminisme. Le sujet m’a tout de suite interpelé. Le fait que je sois une femme et que j’aime les séries US a du aider un peu !

Iris Bey aborde la sexualité des femmes dans les séries à travers plusieurs problématiques : la façon dont on parle de ladite sexualité sur le petit écran, comment le plaisir des femmes est montré et abordé, comment les violences sexuelles sont mises en scène et enfin les sexualités queer. Certaines choses sont vraiment révélatrices. Par exemple, aux Etats-Unis, il est impossible de dire le mot vagin ou clitoris en prime time sur les chaines nationales, même dans un contexte éducatif. C’est jugé indécent ! Il faut soit inventer des mots, soit juste les taire. Alors que dire 17 fois pénis dans un épisode de 40 minutes ne choque personne…

L’auteure nous montre comment l’évolution de ce que l’on voit à l’écran reflète l’évolution de nos pratiques. Et à contratio, elle nous explique que les séries peuvent choisir soit de perpétuer des stéréotypes soit au contraire, de les exploser et d’aider à rendre certaines pratiques « normales » pour la majorité des gens en nous montrant des personnages ou pratiques différentes. Par exemple en développant des personnages à la sexualité fluide, en mettant en scène des femmes qui s’assument, des personnages transgenre… J’ai été particulièrement intéressée par la partie où Iris Brey aborde les violences faites aux femmes. En fonction de la façon dont les scènes de violence sont traitées, elles peuvent également soit dénoncer les violences et montrer l’impact qu’elles ont sur leurs victimes, ou au contraire ne servir à rien d’autre qu’augmenter l’audimat.

Cet essai est passionnant. Il permet de prendre un peu de recul par rapport à ce que l’on regarde : « quel message nous fait-on passer ? ». Et évidemment, il donne envie de regarder plein de séries différentes. 😉 J’ai d’ailleurs commencer Frankie & Grace, série mettant scène la vie de deux femmes de 70 ans fraichement divorcées.

Y-a-t-il un livre qui vous tente parmi cette sélection ? Et vous, quelles sont vos dernières lectures marquantes ?

Bilan lecture #1

Bilan lecture #1

bilan lecture 1

Petit changement pour la rubrique lecture. Au lieu de chroniquer mes lectures tous les mois, je passe maintenant aux « bilans lectures ». Comme ça, je pourrais les écrire quand je le souhaite. C’est beaucoup plus facile pour moi vu que je n’arrive pas à me forcer à écrire à date fixe. J’ai également décidé que je ne vous parlerai plus de tous les livres que je lis mais uniquement de ceux qui m’ont vraiment marqués. Vous pouvez cependant retrouver l’intégralité de mes lectures et des avis succins sur chacune d’entre elles sur livraddict ; j’utilise le pseudo gwendoline_and_co.

Depuis début janvier, j’ai lu un peu plus d’une douzaine de livres. Ici je vous en présente 6, de styles assez variés : de la littérature jeunesse, de la littérature japonaise, du contemporain et deux bandes dessinées.

Le restaurant de l’amour retrouvé, Ito Ogawa

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Celui-là, on me l’a offert à Noël. Jamais je ne l’aurais acheté par moi-même car je lis très rarement des auteurs japonais. Pourtant, Le restaurant de l’amour retrouvé fut une très (très) belle surprise et mon premier coup de cœur de l’année (merci Choupette pour le cadeau !).

C’est l’histoire de Rinco qui, suite à une grosse déception amoureuse et la perte de tous ses biens, devient aphone. Elle alors décide de quitter son travail de chef cuisinier en ville et de retourner dans son village natal pour y vivre avec sa mère qu’elle n’a pas revu depuis des années. En arrivant là-bas, la jeune fille n’a plus rien à elle en dehors de ce qu’elle porte et de la saumure de sa grand-mère. Aidée de ses proches, elle ouvre son propre restaurant dans une des dépendances de la maison de sa mère. Elle crée alors un restaurant très particulier et je n’en dirais pas plus pour que vous puissiez découvrir l’originalité de l’endroit dans le roman. Rinco a un don merveilleux, elle aide les gens grâce à sa cuisine : un futur couple à se découvrir, une famille à faire ses adieux, une veuve à reprendre goût à la vie… Ce roman met en avant la magie de la cuisine, tout ce que l’on peut transmettre en nourrissant les autres (au sens propre et au figuré), la beauté des produits du terroir et des beaux légumes, l’amour que l’on met dans nos plats quand on les prépare avec attention pour nos proches…

Le restaurant de l’amour retrouvé est une ode à la cuisine ainsi qu’une fresque familiale touchante. Au fur et à mesure des pages, Rinco se rapproche doucement de sa mère, même si les sentiments restent tus, conformément à culture Japonaise.

C’est un roman que je vous conseille si vous aimez la cuisine ou que vous voulez comprendre ces gens qui adorent cuisiner.

(Attention pour les végés, la fin peut surprendre et gêner un peu.)

Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan

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Dans Rien ne s’oppose à la nuit, L’auteure nous raconte sa mère, Lucile, depuis son enfance jusqu’à son décès. On voit donc Lucile grandir au sein de sa grande famille dans leur appartement parisien, la vie semble lui sourire et on lui promet un bel avenir. Puis les années passent, life happens comme disent les anglais, et la jeune Lucile doit encaisser les coups (qui sont nombreux !) comme elle peut. Cette fois, nous la suivons au grès de ses pérégrinations, plus ou moins rythmés par la maladie, en espérant à chaque fois qu’elle arrivera finalement à se relever. Delphine de Vigan nous livre un portrait de femme très fort, un très bel hommage à sa mère et nous rappelle combien il est important de prendre soin de proches, même quand cela devient difficile.

Le livre alterne entre des chapitres racontant la vie de Lucile et d’autres, durant lesquels on découvre le processus d’écriture de l’autrice, ses doutes sur la légitimité à écrire ce livre, ses peurs quant à la réception du roman par les frères et sœurs de sa mère, les recherches ainsi que les entretiens qu’elle doit mener afin de récolter des souvenirs, des anecdotes et mieux reconstituer « sa version » de la vie de sa mère. Si j’ai été un peu déroutée au départ par la construction du récit, je m’y suis finalement faite très rapidement. Je trouve que connaître les états d’âme de Delphine apporte énormément au récit.

En conclusion, Rien ne s’oppose à la nuit est un roman biographique touchant et émouvant. C’est un livre qui marque. J’ai eu besoin de quelques jours avant de pouvoir lire autre chose, le temps de digérer ma lecture en quelque sorte. C’est le second livre de Delphine de Vigan que je lis après No et moi. Je découvre cette auteure et je peux déjà vous dire que je ne compte pas m’arrêter là !

Les carnets de Cerise, tome 1 : le zoo pétrifié, de A. Neyret et J. Chamblain

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À peu près 1000 ans après tout le monde, j’ai découvert la BD Les carnets de Cerise grâce à ma libraire préférée. Elle m’a mis la BD entre les mains en disant, à peu de choses près, « je déteste l’auteur mais les dessins sont magnifiques et l’histoire adorable, il faut absolument que vous la lisiez ». Et bien je confirme les planches sont superbes et l’histoire met du baume au cœur.

C’est Cerise qui nous raconte l’histoire, en écrivant dans son carnet secret. La petite fille est une véritable aventurière en herbe, passionnée de nature et de lecture (forcément je l’adore cette gamine !). Avec ses deux meilleures amies, elles décident de mener l’enquête sur un mystérieux individu : un vieil homme recouvert de tâches de peinture. Elles vont ainsi découvrir un ancien zoo, oublié de tous et aider notre homme à aller au bout de son rêve.

Cette bande dessinée est donc une très belle histoire d’amitié et d’entraide servie par des planches aux couleurs délicates et aux dessins tous doux. Une petite merveille et un régal pour les yeux. J’ai évidemment déjà acheté le tome 2, qui m’attend sagement dans ma bibliothèque.

À lire si vous avez conservé votre âme d’enfant. 😉

Les culottées, Tome 1, Pénélope Bagieu

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Comme pour la BD précédents, j’ai lu le premier tome des Culottées  avec beaucoup de retard. Enfin je l’ai lu… Je l’ai dévoré ! J’ai adoré découvrir toutes ces femmes exceptionnelles, si différentes les unes des autres, mais ayant en commun d’avoir vécu comme elles l’entendaient, parfois au péril de leur vie, et non comme la société l’exigeait.

Les histoires sont courtes, seulement quelques pages sont consacrées à chacunes femme présentée. C’est frustrant parfois, on voudrait en savoir plus, entrer dans les détails. Dans tous les cas on ne peut que survoler la vie de ces héroïnes du monde réel. Une bonne occasion pour faire ensuite nos propres recherches ! L’histoire des sœurs Mariposas, opposantes au régime en place en République Dominicaine, ainsi que celle d’Agnodice, gynécologue à Athènes durant l’antiquité, m’ont particulièrement marquées.

Si vous cherchez un livre inspirant et mettant en avant des femmes oubliées par l’Histoire avec un grand H, foncez !

Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie

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Pour tout vous dire, la critique d’Americanah, je ne savais pas trop par quel bout la prendre. J’avais le livre sur mes étagères depuis plus d’un an et je ne me décidais pas à le lire parce que j’appréhendais une lecture difficile (et que c’est un pavé de plus de 600 pages aussi !). Effectivement, je confirme, ce n’est pas le roman le plus accessible de la sélection d’aujourd’hui. Par contre, c’est sans doute le plus riche du lot !

Le livre commence avec Ifemelu, l’héroïne, qui décide de quitter les Etats-Unis où elle vit depuis 15 ans et de rentrer au Nigéria. Avant de partir, elle décide d’aller se faire tresser les cheveux dans un salon et replonge dans ses souvenirs. À partir de là, le récit alterne entre scènes au présent et retour dans le passé. On remonte jusqu’à son enfance, puis son adolescence où elle rencontre Obinze et tombe amoureuse. Ces deux-là file presque le parfait amour jusqu’à ce qu’Ifemelu parte étudier aux USA. Ils vont alors se perdre de vue et continuer leurs vies chacun de leur côté sans jamais vraiment s’oublier. Toute une partie du roman est consacrée à Obinze, qui essaie d’immigrer en Angleterre. Finalement, les souvenirs d’Ifemelu nous ramènent au salon de coiffure et on la suit ensuite, rentrant dans son pays d’origine où elle doit se réhabituer à sa propre culture.

Pour moi, l’histoire d’amour d’Americanah n’est qu’un prétexte pour évoquer des sujets beaucoup plus sérieux et importants. En vrac et évidemment de façon non exhaustive : le soin des cheveux crépu au naturel, l’absence de modèle noir dans les médias, la différence de culture entre les noirs américains et les non-américains, la corruption au Nigéria, le racisme, le désir d’une vie meilleure, l’angoisse de vivre sans papiers à l’étranger… J’en passe et des meilleures. Evidemment le fait qu’Ifemelu tienne un blog sur la race est bien pratique. Cela permet à l’auteure de faire passer toutes sortes de messages avec la subtilité d’un bulldozer, sans avoir à prendre de pincettes.^^ J’ai particulièrement apprécié les quelques pages à destination des blancs sur « comment être un bon allié anti-raciste ».

C’est donc un livre que j’ai vraiment apprécié et que je vous recommande, malgré quelques longueurs. Je pense qu’il faut le lire en prenant son temps, petits bouts par petits bouts, pour assimiler ce que l’auteure veut nous dire.

 Chimamanda Ngozi Adichie écrit dans Americanah que publier un livre sur la race, qui soit lu, est impossible et pourtant elle l’a fait avec succès.

Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers, Benjamin Alire Saenz

bilan lecture 1

Le petit dernier de cette sélection, et un gros coup de cœur pour Jo et moi. J’ai lu Aristote et Dante en 2 petits jours seulement, après en avoir beaucoup entendu parler. Aristote est adolescent et s’ennuie durant l’été. Pour passer le temps, il va à la piscine. Là-bas il rencontre Dante. Celui-ci lui apprend à nager et c’est le début d’une longue amitié entre les deux garçons. Ils sont pourtant très différents l’un de l’autre : Aristote se cherche encore. Il est en colère contre le monde entier ou pas loin, ne se sent à sa place nulle part et est très solitaire. Dante est au contraire un garçon très positif, joyeux et à l’aide avec tout le monde. Il sait qui il est et l’assume parfaitement.

Au fil des pages, on suit simplement l’évolution de leur relation, soumise aux aléas de la vie : accident, déménagement, premiers émois amoureux, acceptation de l’autre… L’étape charnière et délicate qu’est l’adolescence est bien cernée, surtout avec les états d’âme de Ari. Un exemple qui m’a frappé : il arrive à aimer et détester sa mère en même temps. Ça résume bien les fluctuations d’humeur à cet âge je pense.

J’ai trouvé le roman dynamique, touchant et souvent très drôle, surtout grâce aux dialogues. J’ai parfois eu envie de coller des baffes, vers la fin lors d’un évènement précis. À ce moment-là, on se souvient qu’on vit encore dans un monde où la différence n’est pas acceptée si facilement par tout le monde !

Un beau roman à lire à tout âge.

Y-a-t-il un livre parmi cette sélection qui vous tente ? Vous en avez déjà lu certains ? Je serais curieuse de connaître vos avis !

Mes 10 coups de cœur littéraire de 2016

Mes 10 coups de cœur littéraire de 2016

Mes 10 coup de cœur littéraires de 2016

En 2016, j’ai lu 70 livres en tout : romans, essais et bande-dessinées inclus. J’adore lire, c’est une de mes premières passions et il ne se passe pas un jour sans que je lise quelques pages. Evidemment certaines périodes sont plus propices que d’autres à la lecture et je dévore plus lors des vacances par exemple.

Je lis un peu de tout avec une préférence pour les auteurs contemporains et surtout, j’essaie de lire plus de femmes auteures. J’ai déjà lu beaucoup d’hommes par le passé, notamment pour les cours, alors je me rattrape un peu maintenant. 😉 Ce que j’aime par-dessus tout c’est un roman qui arrive à me divertir ET à ma faire réfléchir sur des sujets importants.

Je vous présente donc juste en dessous mes 10 livres coup de cœur de 2016, dans l’ordre où je les ai lus.

10 coups de cœur littéraire 2016

1/ Un goût d’espoir et de cannelle de Sarah Mc Coy

Un goût d’espoir et de cannelle est un des premiers livres que j’ai lu en 2016. C’est un roman historique qui nous fait rencontrer deux héroïnes qui vont devoir faire face à des choix difficiles. Il y a  Reba qui est journaliste aux Etats-Unis, vivant proche de la frontière Mexicaine à notre époque et puis Eslie en Allemagne, qui cache chez elle un enfant juif pendant la seconde guerre mondiale. Leurs deux vies finiront par s’entrecroiser autour de la boulangerie d’Elsie lorsque Reba viendra pour l’interviewer pour son journal. L’histoire d’Elsie est particulièrement touchante et propice à la réflexion. J’ai aimé ce roman pour les différents niveaux de lecture qu’il propose. On peut lire une belle histoire « feelgood » ou bien aller plus loin et réfléchir au parallèle entre l’Histoire et ce qui se passe à notre époque.

2/ La passe-miroir, tome 1 et 2 de Christelle Dabos

Oui, je vous parle des tomes 1 et 2 en même temps. Mais ils comptent comme un seul livre, je triche un peu ! J’ai découvert la passe-miroir par le biais d’un article de Céline sur Les mots Ailés (blog que je vous conseille 1000 fois si vous aimez les belles plumes). Ce sont des romans dits « jeunesse », mais j’invite les grandes personnes à les lire aussi puisque ce sont de belles pépites (et que ces clivages littératures adultes/ littératures jeunesse sont un peu surfaits je trouve). Il s’agit de l’histoire d’Ophélie qui se voit forcée de se marier à Thor, homme froid et (très) renfermé car c’est une alliance désirée par ses aînés. Elle doit pour cela se rendre à la citacielle, capitale flottante du Pôle située très loin de chez elle. Là-bas, elle est obligée de cacher sa véritable identité car plusieurs hauts personnages en ont après sa vie pour asseoir leur propre pouvoir. Intrigues politiques à foison, rebondissements, amitiés et actions au programme, mais tout en subtilité. Christelle Dabos a su créer un univers merveilleusement riche et surprenant ainsi que des personnages complexes loin des clichés de la fantasy. On commence à en aimer ou à détester certains puis, l’auteure nous fait découvrir une autre partie de leur histoire, ce qui nous amène à les reconsidérer. D’autres restent ambigus du début à la fin. Beaucoup de personnages ont des pouvoirs qui servent l’histoire et qui permettent aussi de réfléchir sur des aspects semblables à ce que l’on observe dans notre monde à nous. Je pense notamment à la question des apparences, si cher à certains notables de la citacielle.

Maintenant j’attends le tome 3 !

3/ Dans le désordre de Marion Brunet

On change de registre, ou plutôt de genre littéraire. Si Dans le désordre est aussi un roman « jeunesse », l’action se déroule cette fois-ci à notre époque et est bien ancrée dans notre société française avec les tensions politiques et sociales qui lui sont propres. Marion Brunet signe un roman percutant et extrêmement riches en émotions, n’ayons pas peur des mots. Pour résumer rapidement, suite à une manifestation, un groupe de 7 jeunes décide de mettre en action leurs convictions politiques et se rassemblent pour vivre ensembles dans un squat. On suit leur vie au quotidien, on en apprend plus sur ce qui les anime, ce qui les fait avancer, leurs peurs, leurs doutes, leurs espoirs aussi. On aime avec eux, on rit avec eux, on est en colère avec eux et on pleurs avec eux. Les questions posées sont, à mon sens,  essentielles : comment vivre ensemble, quels systèmes politique et économique pour un monde plus juste, quelles possibilités avons-nous pour créer un monde meilleur, sommes-nous justes des idéalistes utopiques… Marion Brunet pose aussi la question de la légitimité des violences légales comme la violence policière. Cela m’avait particulièrement touché puisque j’ai lu le livre au moment des nombreuses manifestations qui dégénéraient.

Pour autant, l’auteure ne pose pas de jugements péremptoires que ce soit sur nos héros anticonformistes militants ou les « autres gens », ceux qui acceptent la société et se coulent dans le moule mis à leur disposition. Le roman est tout en finesse et cherche uniquement à nous faire réfléchir. D’ailleurs certaines scènes familiales entre un des héros et sa famille ne sont pas piquées des vers comme dirait ma maman.

La fin est époustouflante et laisse sous le choc. Il m’a fallu un moment pour la digérer et pouvoir ouvrir un nouveau roman.

Dans le désordre est  certainement une de mes plus belles découvertes littéraire de l’année. Si je le pouvais, je le mettrais entre toutes les mains !

4/ La couleur pourpre par Alice Walker

Un roman plus « adulte » cette fois avec La couleur pourpre, publié en 1982, qui met en scène Celie, jeune femme noire vivant en Géorgie dans les années 30. L’histoire de Celie nous est racontée sous la forme de lettres qu’elle écrit pour sa sœur dont elle a été séparée étant enfant.

Alice Walker est une militante américaine engagée contre le racisme, le sexisme et la violence. Elle  livre ici un texte fort qui raconte les conditions de vie des femmes noires de l’époque. Elle n’épargne rien ou presque à ses personnages : mariages forcés, vols de leurs enfants, viols, violences domestiques, prison, alcool… Le tableau ainsi dressé est dur, sans concession et pour autant on ne tombe jamais dans le pathos. Je me suis beaucoup attaché à Celie et aux autres personnages. Heureusement la fin apporte un peu de douceur à tous.

C’est un beau roman, parfois difficile à lire en raison de ce qu’il raconte mais néanmoins nécessaire et qui rappelle à quel point le travail pour les droits humains est nécessaire.

10 coups de cœur littéraire 2016

5/ Le livre de perle de Timothée de Fombelle

On revient à plus de douceur avec un joli conte : Le livre de Perle. Timothée de Fombelle est un auteur que j’apprécie particulièrement pour la tendresse qu’il fait passer à travers ses écrits. Je l’ai découvert avec Tobie Lolness, une fable écologique pour enfants (à recommander aux plus grands également pour ouvrir les yeux sur le traitement infligé à notre belle planète).

J’ai eu envie de lire ce livre de perle grâce Céline, encore. Il se pourrait qu’elle soit à l’origine de quelques-unes de mes plus jolies lectures. Il s’agit d’un conte moderne dont l’action a lieu pour moitié dans un monde féerique et pour l’autre moitié en France pendant la seconde guerre mondiale. Deux histoires s’entrecroisent, Celle d’une fée et d’un prince déchu envoyés et celle d’un un jeune garçon qui se retrouve mêlé bien malgré lui aux aventures des deux premiers.

L’histoire est complexe et la narration également. On ne comprend tous les ressorts de l’intrigue qu’à la toute fin du roman. Au début, on ne saisit pas qui sont les personnages, ce qu’ils veulent, où ils vont… Il faut prendre son temps et accepter de ne pas comprendre tout ce que l’on lit tout de suite. Déguster les lignes et se laisser surprendre. La plume est poétique, comme toujours avec Timothée de Fombelle. Un petit bijou à glisser dans les mains de lecteurs patients et avertis.

6/ Journal d’un vampire en pyjama de Mathias Malzieu

Journal d’un vampire en pyjama est en fait le carnet de bord de Mathias Malzieu qui retrace un an de sa vie à partir du moment où il apprend qu’il est atteint d’une maladie auto-immune jusqu’à la greffe qui lui sauvera la vie.

« Me faire sauver la vie est l’aventure la plus extraordinaire que j’aie jamais vécue. » sont les mots présents sur la quatrième de couverture. Ils résument bien le livre. Mathias Malzieu se met à nu dans ce récit, nous livre ses émotions sans fausse pudeur. L’écriture est très poétique et même drôle malgré la gravité du sujet. On a beau connaitre la fin, on a peur avec lui. On vit ses angoisses lors de l’attente d’un donneur, son quotidien de malade. C’est un livre très fort émotionnellement et une superbe leçon de vie, que je recommande chaudement.

7/ La quête d’Eliwan, la trilogie par Pierre Bottero

J’ai lu les 3 tomes de La quête d’Eliwan lors de mon hospitalisation au mois d’août et je les ai littéralement dévorés. Ils m’ont rendu ces quelques jours moins pénibles.

Nous sommes plongés dans l’action dès les premières lignes du premier tome. Pas le temps de comprendre où nous sommes et qui est Camille que déjà, il se passe plein de choses. Par la suite, nous sommes entraînés avec Camille, notre héroïne, et Salim, son meilleur ami, dans un nouveau monde nommé Gwendalavir. Evidemment nos deux héros devront aider à sauver ce monde d’un ennemi mortel et Camille devra apprendre à maîtriser le talent qu’elle vient de se découvrir. Une belle fable Fantasy. Les points forts de Pierre Bottero, ce sont ces personnages tout en finesse et la richesse de son univers où chaque détail est pensé. On ne peut que s’attacher à Camille, Salim et les autres et leur souhaiter le meilleur. Gros coup de cœur pour Elana qui arrive en milieu de roman et qui est une fille badass comme je les aime. Je n’ai pas voulu lâcher les livres avant de connaitre le point final de l’aventure, une lecture parfaite en été quand on a le temps pour dévorer plein de livres d’un coup !

8/ L’espace d’un an par Becky Chambers

L’espace d’un an de est un énorme coup de cœur pour moi comme pour Jo. C’est une superbe fable se déroulant à bord d’un vaisseau qui mêle amour, amitié et action tout en délivrant un message de tolérance et d’acceptation de « l’autre » dans toute sa différence. C’est aussi un critique de notre système politique actuel. Jo en a parlé plus en détail ici et je vous laisse lire sa chronique pour en savoir davantage.

9/ Orgueil et préjugés de Jane Austen

Un grand classique. J’avais envie de découvrir l’œuvre de Jane Austen depuis longtemps et je me suis finalement laissé tenter cet automne en commençant par Orgueil et préjugés. Grand bien m’en a pris puisque j’ai adoré suivre les tribulations de la très caustique Elizabeth Bennet et du flegmatique Monsieur Darcy. Si l’histoire d’amour est finalement assez commune, la plume est délicieuse et les personnages complexes. Jane Austen nous montre à travers leur histoire ainsi que celles des sœurs d’Elizabeth que pour les femmes anglaises du 19ème siècle, il n’y a point de salut en dehors du mariage. Elle nous raconte la vie de la bourgeoisie de l’époque, leurs us et coutumes. Elle a un point de vue très critique sur tout cela et certaines scènes sont vraiment très drôles, et désespérantes à la fois car criantes de vérité. Je pense à une scène très cocasse de demande en mariage où Elizabeth essaie de convaincre son prétendant de la sincérité de son refus alors que celui-ci refuse de la croire parce que « quand une femme dit non, elle pense oui ». Ça vous rappelle quelque chose que vous avez déjà entendu ? A lire, si ce n’est pas déjà le cas.

10/ Le voile de Téhéran de Parinoush Sanié

J’ai lu Le voile de Téhéran de Parinoush Sanié dans le cadre du club de lecture organisé par Victoria de Mango & salt. Ce n’est pas un livre vers lequel j’aurai été naturellement parce que je sais que le sujet est difficile et que c’est le genre de livre qui me fait enragé à la lecture. Et effectivement, au bout de 2 chapitres j’étais en colère contre le monde entier ou pas loin.^^ Au troisième « les filles ça ne sert à rien, ce sont justes des bouches à nourrir » j’avais envie d’assommer un certains nombres de protagonistes. Et pourtant… C’est un roman très fort, qui m’a marqué grâce à son héroïne beaucoup plus forte qu’elle n’y parait, prête à tout pour les siens. Elle subira sa vie jusqu’au bout malgré tout, toujours fille de, mère de ou femme de. Jamais vraiment elle-même, jamais libre de ses décisions. La fin du roman, à ce sujet, m’a laissé un arrière-goût amer. Quant à savoir si l’histoire contée est représentative des conditions de vie des femmes en Iran, je ne sais pas.

Le deuxième personnage principal du livre, c’est l’Iran. Cette lecture m’a permis de mieux connaitre ce pays, sa culture et son histoire. A compléter par le visionnage du très bon film Nous trois ou rien de Kheiron et par la bande dessiné Persepolis pour aller plus loin sur ces thématiques.

Et vous, quelles sont vos lectures marquantes de 2016 ? Connaissez-vous déjà certains des livres dont je parle plus haut ?

Cold winter challenge 2016 : ma sélection de livres pour les fêtes

Cold winter challenge 2016 : ma sélection de livres pour les fêtes

Je participe pour la toute première fois à un challenge de lecture et je commence par le cold winter challenge, organisé cette année par Margaud Liseuse.

PAL cold winter challenge 2016

L’idée générale du challenge, c’est de se mettre de côté une petite pile de livres qu’on a envie de lire pendant la saison la froide et de les terminer dans le temps imparti : cette année, ça sera du 1er décembre 2016 au 31 janvier 2017. C’est un challenge tout simple, accessible à tous, puisque chacun est libre de définir le nombre de livres qu’il veut ! Il y a juste un défi à relever, lire deux livres sur une des thématiques suivantes :

  • Montagne enneigée : lire 2 livres dont la thématique principale est le froid, la neige ou l’hiver.
  • La magie de Noël : lire 2 livres se déroulant durant la période des fêtes de fin d’années.

Vous pouvez rejoindre le challenge en participant au groupe Facebook ou en partageant votre sélection sur vos réseaux sociaux avec le hastag #ColdWinterChallenge. Personnellement, j’ai choisi deux livres pour chaque menu et j’ai décidé de ne pas m’imposer d’autres lectures que celles-ci. Je préfère avoir la liberté de piocher au hasard de mes envies dans ma bibliothèque.

Pour les livres sur la magie de Noël, j’ai donc choisi:

  • La véritable histoire de Noël, de Marko Leino. J’en ai entendu beaucoup de bien et je pense qu’un joli compte de Noël sera parfait pour me détendre en cette période.
  • La liste de Noël, de Jojo Moyes. C’est une nouvelle toute courte; le résumé m’a donné envie de la lire parce que je crois que finalement beaucoup de gens se retrouvent parfois dans la situation de départ de l’héroïne. Vu que le texte est très court, j’en ajouterais peut-être un troisième sur ce thème.

Pour le thème montagne enneigée, j’ai pris :

  • La forêt des cœurs glacés, d’Anne Ursu.
  • Café givré de Suzanne Selfors.

J’ai hâte d’être à jeudi pour commencer !

Et vous, participez vous à ce genre de challenge? Gardez vous des livres pour les lire durant une période précise de l’année ?

Lectures d’octobre

Lectures d’octobre

lectures d'octobreCe mois-ci, j’ai lu 7 romans dont un gros flop que je détaillerai très peu en fin d’article. Parmi les 6 autres livres, deux m’ont particulièrement plus. Je vous laisse les découvrir.

La maitresse de Guerre

Par Gabriel Katz, aux éditions Pocket

469 pages

lectures d'octobre - la maitresse de guerreRésumé

Dans le même univers que celui du Puits des mémoires, Kaelyn, fille d’un maître d’armes, rêve de reprendre le flambeau paternel, tandis que les autres filles de son âge rêvent d’un beau mariage. Elle a le talent, l’instinct, la volonté. Elle ne demande qu’à apprendre. Mais cela ne suffit pas : c’est un monde dur, un monde d’hommes, où la place d’une femme est auprès de son mari, de ses enfants, de ses casseroles. Il va falloir lutter. Elle s’engage donc dans cette grande armée qui recrute partout des volontaires pour aller se battre au bout du monde. Des milliers de soldats partis « libérer » le lointain sultanat d’Azman, plaque tournante de l’esclavage, terre barbare où règnent les cannibales. Dans la violence de la guerre, elle veut acquérir seule ce que personne n’a voulu lui enseigner. Mais le grand sud, plongé dans le chaos de l’invasion, va bouleverser son destin bien au-delà de ses attentes…

Mon avis

Après avoir lu Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, qui est une lecture assez sérieuse, j’ai eu envie d’un peu de légèreté. J’ai lu énormément de romans de fantaisie étant adolescente, jusqu’à l’écœurement complet. J’avais complètement laissé de côté le genre jusqu’à ce que ma curiosité soit piquée par une vidéo de Margaud Liseuse qui vantait le talent de Gabriel Katz (oui elle a beaucoup d’influence sur mes lectures en ce moment !). C’est donc  tout naturellement que je me suis laissé tenter, quand au détour d’un rayon de librairie, je suis tombée sur La maîtresse de Guerre de cet auteur. Ce roman  a un autre avantage non négligeable pour moi, c’est un one-shot, ce qui est assez rare en fantaisie pour le souligner.

J’ai apprécié que la quatrième de couverture ne dévoile quasiment rien de l’intrigue. Tout ce qui y est décrit se passe dans les premières pages du roman ! Pas de spoiler pour une fois !

Après un micro-chapitre pour nous poser le contexte, on est directement plongé dans l’action. Kaelyn est une fille badass, parce qu’elle sait se battre et qu’elle veut se faire une place en temps que guerrière dans un monde d’homme. En même temps, elle garde ses faiblesses, manque de confiance en elle et d’expérience. C’est une débutante dans l’art de la guerre. Tout cela la rend plus humaine à mes yeux. On la retrouve alors qu’elle vient de s’engager dans l’armée des libérateurs et malheureusement pour elle, rien ne va se passer comme prévu. Première bataille, première défaite et… je ne peux pas en dire plus sans spoiler à fond l’histoire.

J’ai adoré les personnages, même ceux que l’on est censé détester mais j’ai été frustrée de ne pas en apprendre plus sur eux et sur leur passé. Je pense à Hadrian notamment, qui restera énigmatique jusqu’au bout.

J’ai trouvé l’univers du roman très riche et bien décrit, l’humour très présent également. Néanmoins, vu le contexte de guerre et d’esclavagisme présenté et des scènes sanglantes, le déroulé de l’action est un peu trop lisse et propret à mon goût. Finalement, rien de « vraiment » grave n’arrive directement à l’héroïne. Elle s’en sort toujours par une pirouette scénaristique. Tout se passe « facilement » pour elle.

L’évolution du point de vue de Kaelyn sur « l’ennemi barbare» permet de réfléchir sur l’attitude de libérateur de certains peuples/ gouvernement et je pense que l’on peut faire un parallèle avec la politique internationale occidentale.

En résumé, j’ai passé un bon moment de lecture et j’ai aimé suivre les aventures des personnages. Il y a beaucoup de retournement de situation et la scène de fin est parfaite. C’est un très bon roman d’initiation sur fond de guerre. Je trouve cependant que l’histoire aurait gagné à être un peu plus sombre, et peut-être du même coup plus réaliste.

Manifeste pour une maison rangée

D’Anne-Solange Tardy, aux éditions First

126 pages

lectures d'octobreRésumé

Qui n’a jamais ressenti brusquement le désir de faire le vide dans son appartement ou sa maison ? A un tournant de la vie, naissance, rupture, déménagement, ou simplement parce que trop, c’est trop…

 Anne-Solange Tardy nous propose, de sa plume touchante, poétique et bienveillante, parfois drôle, un texte pour nous accompagner dans ce moment-clé. Car entreprendre un grand rangement c’est avant tout s’interroger sur ses envies du moment, ses besoins aussi, ses habitudes. Et déterminer ce que l’on veut vraiment. Bien plus qu’un simple coup de balai…

Mon avis

Il faut que je vous avoue une chose : j’adore tout ce qui touche au mouvement minimaliste. Pourtant, je ne suis pas moi-même une « vraie » minimaliste. J’ai plein de livres partout par exemple. Mais c’est un sujet qui me touche et m’intéresse parce que j’ai à cœur de me simplifier la vie et d’arriver à dompter mon côté matérialiste. Je lis plein de blogs sur le sujet et j’ai même plusieurs livres qui en parlent.

Alors quand j’ai vu qu’Anne-Solange, dont j’apprécie beaucoup le travail, avait sorti un livre sur ce thème, je me suis jetée dessus laissé amadouer et je l’ai commandé. Bien m’en a pris, vu qu’à la suite de cette lecture, on s’est enfin décidé à changer la table basse qui nous sortait par les yeux et le fauteuil complètement fichu. Pour le moment c’est juste un test mais je dois dire que la nouvelle disposition de nos meubles me plait beaucoup plus qu’avant. J’ai gagné en confort visuel.

Ce que j’ai adoré avec ce livre, c’est qu’il n’est pas là pour nous donner une solution clé en main ou nous apprendre à plier nos chaussettes pour avoir l’intérieur minimaliste parfait. Au contraire, durant les 126 pages, l’auteure nous répète que notre intérieur doit s’adapter à nos besoins particulier (et non l’inverse) et que notre démarché de simplification sera forcément différente de celle de notre voisin. Elle nous invite à vraiment faire le point sur nos habitudes de vie et nos envies afin de pouvoir ensuite mettre en œuvre ce qu’il faut pour se créer un cocon. Pas de listes de choses à jeter, à avoir ou à acheter. On ne nous pousse pas du tout à la consommation. A vrai dire, Anne-Solange fait plutôt l’apologie de la débrouille.

Enfin c’est un concentré de bienveillance, qui incite à être plus doux envers soi-même.

Si je ne devais garder ou conseiller qu’un livre sur le désencombrement, ça serait celui-ci.

Miss Peregrine et les enfants particuliers

De ransom Riggs, aux éditions Bayard, traduit de l’américain par Sidonie Van den Dries

444 pages

lectures d'octobreQuatrième de couverture

Jacob Portman, 16 ans, écoute depuis son enfance les récits fabuleux de son grand-père. Ce dernier, un juif polonais, a passé une partie de sa vie sur une minuscule île du pays de Galles, où ses parents l’avaient envoyé pour le protéger de la menace nazie. Le jeune Abe Portman y a été recueilli par Miss Peregrine Faucon, la directrice d’un orphelinat pour enfants « particuliers ». Selon ses dires, Abe y côtoyait une ribambelle d’enfants doués de capacités surnaturelles, censées les protéger des « Monstres ». Un soir, Jacob trouve son grand-père mortellement blessé par une créature qui s’enfuit sous ses yeux. Bouleversé, Jacob part en quête de vérité sur l’île si chère à son grand-père. En découvrant le pensionnat en ruines, il n’a plus aucun doute : les enfants particuliers ont réellement existé. Mais étaient-ils dangereux ? Pourquoi vivaient-ils ainsi reclus, cachés de tous ? Et s’ils étaient toujours en vie, aussi étrange que cela puisse paraître…

Mon avis

J’ai entendu parler de Miss Peregrine et les enfants particuliers à peu près partout. Même ma libraire me l’a vendu comme génial. Je me suis donc décidée à le lire, juste avant la sortie du film éponyme.

Et j’ai été surprise. Je ne m’attendais pas tout à ce que j’ai trouvé à la lecture : une ambiance ultra glauque, des personnages très étranges et des situations franchement malsaines par moment à mon avis… Clairement ce n’est pas un livre pour jeunes enfants !

On suit Jacob, qui a beaucoup de mal à se remettre du décès de son grand-père qui a eu une mort très brutale à laquelle il a assisté. Durant toute son enfance, son grand-père lui a conté des histoires sur une île paradisiaque, un orphelinat et les enfants particuliers qui l’habitent. Juste avant de mourir, il murmure à Jacob de trouver l’île… Ce que celui-ci finira par faire. C’est là qu’il rencontrera Miss Peregrine et les enfants, notamment Emma.

Jacob est un adolescent vivant aux Etats-Unis dans une famille somme toutes assez ordinaire, ayant une vie toute tracée devant lui. Il rêve d’aventure, est introverti et peu sociable. Il a un seul ami avec qui il entretient une relation donnant-donnant plutôt qu’une véritable amitié. Il n’est véritablement attaché qu’à son grand-père. Il a cru les histoires de celui-ci une bonne partie de sa vie, avant de grandir et de passer dans le camp des sceptiques comme son père, puis de douter à nouveau à sa mort. Il se remet alors à croire aux monstres et fera tout pour remonter la piste de l’enfance de son grand-père et en même temps découvrir qui il est.

Le personnage de Miss Peregrine est à la fois effrayant et maternant. Elle contrôle toute la vie sur l’île, garde toutes les informations importantes pour elle et dirige les enfants d’une main de fer. J’avoue n’avoir eu aucune sympathie pour elle tout au long du roman.

Les enfants ont tous des dons étranges que je vous laisse découvrir par vous-même, qui change de ce que l’on peut rencontrer habituellement. On verra principalement Emma qui peut produire des flammes, jeune fille qui prendra jacob en grippe avant de s’attacher à lui.

Les monstres sont… vraiment des monstres ! Sur tous les plans ! Je pense qu’au cinéma, ils doivent bien rendre visuellement.

Le livre met un moment avant de vraiment démarrer, environ 150 pages tout de même. J’ai eu l’impression que l’auteur nous racontait des choses inutiles mais finalement, tout est utilisé à la fin du roman. Le rythme est lent, la totalité de l’intrigue n’est dévoilé quasiment qu’à la fin. C’est vraiment un premier tome pour mettre en place l’univers et ses personnages. Si j’ai apprécié ma lecture, ce n’est clairement pas un coup de cœur pour moi. Je pense tout de même lire la suite, au moins pour faire plaisir à ma libraire qui l’adore ! 😉

Le crime d’Halloween

D’Agatha Chritie, aux éditions Poche, traduit de l’anglais par Janine Lévy

230 pages

lectures d'octobre

Quatrième de couverture

Le 31 octobre, les sorcières s’envolent sur leur manche à balai : c’est Halloween, la fête du potiron. À cette occasion, Mrs Drake a organisé une soirée pour les « plus de onze ans ». Les enfants participent aux préparatifs, sous l’œil nonchalant de Mrs Oliver, qui croque son éternelle pomme. « Savez-vous que j’ai eu l’occasion d’assister à un vrai meurtre ? » se vante Joyce, une fillette à la langue bien pendue, devant la célèbre romancière. Tout le monde lui rit au nez : Joyce ne sait plus qu’inventer pour se rendre intéressante. La fête est un succès, et les enfants font un triomphe au jeu du Snapdragon qui clôt la réception. Tous les enfants ? C’est en rangeant la maison, après le départ des invités, qu’on découvre le cadavre de la petite Joyce dans la bibliothèque. Bouleversée, Mrs Oliver fait aussitôt appel à son ami, le grand Hercule Poirot.

Mon avis

Certains mois, je participe au club de lecture crée par Victoria du blog Mango & Salt que j’apprécie beaucoup. Pour le mois d’octobre, elle avait proposé une belle sélection de saison et le livre finalement choisi fut Le crime d’Halloween, un roman policier parfait pour la période !

Jusqu’à maintenant je n’avais lu qu’un seul roman d’Agatha Christie. Il s’agissait des 10 petits nègres que j’avais découverts à l’occasion d’un cours de français. A l’époque je l’avais adoré et j’avais été abasourdie par la fin et l’énorme retournement de situation ! De fait, pour Le crime d’Halloween, je partais avec un à-priori très positif et j’en attendais beaucoup !

Et je dois avouer que j’ai été déçue. J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l’histoire. Impossible d’avoir de l’empathie pour les personnages, même pour l’adolescente assassinée. J’ai également eu des difficultés avec le personnage d’Hercule Poirot, que je découvrais pour la première fois. Je l’ai trouvé arrogant et superficiel. Vous me direz, c’est peut-être le but. Mais là il me tapait sur le système plus qu’autre chose. En revanche, j’ai apprécié l’ambiance très automnale qui se dégageait : les pommes, les citrouilles, les jardins…

La première partie du livre est assez longue. Certains passages sont, à mon goût, de trop. Je pense par exemple à un chapitre qui se déroule dans des jardins. Poirot divague pendant plusieurs pages sur la beauté des plantes, ce qui ne sert pas vraiment le récit et m’a fait lire en diagonale! Cependant, le rythme s’accélère enfin à la deuxième moitié du roman, pour mon plus grand plaisir. Quant aux indices disséminés ça et là par l’auteure, je les ai trouvés assez grossiers et j’avais deviné l’identité du tueur bien avant la fin. Pas de surprise donc.

Si j’ai finalement apprécié ma lecture sur la fin, je ne pense pas retenter l’expérience avec un autre roman de la série d’Hercule Poirot.

Charley Davidson, tome 1 Première tombe sur la droite

De Darynda Jones, aux éditions Milady, traduit de l’américain par Isabelle Pernot

429 pages

lectures d'octobreQuatrième de couverture

Charley Davidson est détective privée et faucheuse. Son boulot consiste à convaincre les morts « d’aller vers la lumière ». Mais ce n’est pas toujours si simple : parfois Charley doit les aider à accomplir quelque chose avant qu’ils acceptent de s’en aller, comme retrouver l’assassin de ces trois avocats. Ce qui ne serait pas un problème si Charley ne passait pas son temps à faire des rêves érotiques provoqués par une entité qui la suit depuis toujours… Or, il se pourrait que l’homme de ses rêves ne soit pas mort. Il pourrait même être tout à fait autre chose…

Mon avis

Je n’ai pas forcément grand-chose à dire sur celui-ci. Les romans de bit-lit, c’est mon petit péché mignon un peu honteux quand j’ai envie d’une lecture facile, rapide, plein d’action et des monstres (vampires, fantômes, tout ça…). Pas de la grande littérature mais des très bons moments de lecture tout de même.

J’ai entamé le premier tome de Charley Davidson après en avoir entendu parler sur les blogs et je n’ai été agréablement surprise. Déjà par l’héroïne, Charley qui est super badass, franche, drôle et intelligente. Et même temps, elle reste sensible et n’est pas complètement blasée face à ce qu’elle rencontre dans ses boulots, qu’elle prend très à coeur. Elle se débrouille comme elle peut avec son don de faucheuse en accompagnant les morts vers la lumière et en aidant la police à résoudre des enquêtes. Ce que j’ai particulièrement aimé chez elle, c’est qu’elle ne se prend pas la tête. Elle agit, et ça, ça me change des héroïnes américaines habituelles qui « overthink » tout !

Les autres personnages ne sont pas en reste et sont hauts en couleur. Certains connaissent le don de Charley, d’autres ne veulent pas la croire… Mention spéciale pour la meilleure amie Cookie que j’ai adoré et Reyes, le mâle alpha du bouquin, qui est parfait.

Ce premier tome met en place l’univers de Charley et les différentes règles qui régissent son don. On apprend à la connaitre, on découvre son passé, ses craintes et ses proches. Il y a de l’action à chaque page et plusieurs intrigues en parallèle.

J’ai passé un très bon moment de lecture et je lirais avec plaisir le second tome.

Fangirl

De Rainbow Rowell, aux éditions Castelmore et traduit de l’anglais par Cédric Degottex

508 pages

lectures d'octobreQuatrième de couverture

Cath et Wren sont des jumelles inséparables. Fans de Simon Snow, elles passent leur temps sur les forums consacrés à l’auteur. Mais la passion de Cath a tellement pris le pas sur sa vie que Wren lui annonce l’impensable : cette année, à la fac, elles feront chambre à part. L’une est prête à renoncer à ses rêves pour profiter dignement des joies de la vie estudiantine. L’autre est soudain projetée dans un univers hostile dans lequel tout le monde ses profs, sa famille et sa colocataire méprise la fanfiction. C’est alors qu’elle tombe sous le charme d’un obsédé de la littérature…

Mon avis

Je me suis gardé Fangirl de Rainbow Rowell exprès pour l’automne comme on garde un bon gâteau parfumé pour les weekends pluvieux. Samedi dernier, je me suis dit qu’un long weekend de 4 jours se prêtait à merveille à cette lecture et, je l’ai finalement terminé en 24h. Donc vous vous en douté, j’ai aimé ce roman.

Le style de l’auteur est simple, fluide et sans fioritures. Il y a peu de descriptions mais beaucoup de dialogues, que j’ai trouvés très bien faits. L’intrigue avance rapidement. D’ailleurs dès les premières pages, nous sommes plongés dans l’univers de Cath qui fait sa rentrée scolaire dans le Nebraska. Je ne me suis pas ennuyée un instant à la lecture.

Le roman est centré sur le personnage Cath : autour d’elle gravitent sa sœur jumelle Wren, sa coloc Reagan, l’ami de sa coloc Lévi ainsi que son père Arthur. Ils sont attachants et ressemblent à de « vrais » gens, ce qui fait qu’on peut s’identifier à eux. Au début du livre, Cath vient de rentrer à l’université. Elle emménage sans joie sur le campus avec Reagan après que sa sœur jumelle lui ait dit ne pas vouloir s’installer avec elle. Chose qu’elle a (très) mal pris. Cath est écrivaine. Elle écrit surtout des fanfictions sur l’histoire d’un mage (toute ressemblance avec Harry Potter ne serait pas fortuite^^) et rencontre énormément de succès sur la toile. Le seul cours qui l’intéresse vraiment à la fac est celui d’écriture créative. Elle est aussi très introvertie, peu sociable et un peu bizarre parfois. Du genre à passer un mois à manger des barres de céréales pour ne pas avoir à chercher le réfectoire… J’ai été touchée par son introversion. Et le fait qu’elle ait du mal avec les gens et les normes sociales en général. J’ai pu me reconnaitre en elle, étant moi-même introvertie, n’aimant pas les fêtes, boire de l’alcool, etc. Cependant, je dois avouer que par moment, j’ai été agacée de la voir tout compliquer « pour pas grand-chose », même si elle explique clairement pourquoi elle agit de telle ou telle manière. Cath est aussi une jeune fille aimante et très protectrice avec les siens. Elle prend grand soin de ses proches. Finalement, on la voit évoluer au fils des pages. Cath grandit tout le long pour finalement devenir une jeune adulte qui s’assume de plus en plus.

Wren ne m’a pas marquée plus que ça. Je ne l’ai pas trouvée sympathique du tout, voir égoïste par moment. Son personnage permet tout de même d’aborder les problèmes d’alcool sur les campus américain. Reangan, la coloc, a un caractère bien trempé et c’est ce qui fait son charme. Elle peut être très mordante mais est finalement très gentille avec ses proches. Je l’ai adorée ! Pour finir, Lévi, le garçon de l’histoire est la gentillesse incarnée, toujours à sourire, à rendre service. Pour autant il n’est pas effacé et saura raisonner Cath quand elle en aura besoin ! Une romance est évidemment à prévoir, qui prend d’ailleurs beaucoup de place à mon goût par moment.

Le livre a un petit côté féministe qui m’a (beaucoup) plu. L’auteure dénonce les violences faites aux femmes, les problèmes liés aux agressions sexuelles sur les campus, au GHB… Il y a aussi une scène entre Lévi et Cath que j’ai adoré où celle-ci lui demande de la respecter en tant que femme et notamment de respecter sa force et d’arrêter de partir du principe que parce que c’est un mec il a le devoir de porter ses affaires à elle. Merci de prendre note, si on a besoin d’un coup de main, on demande. Sinon c’est qu’on gère !

Fangirl, c’est aussi un livre sur les débuts en tant qu’auteur, l’angoisse de la page blanche, la difficulté de créer de nouveaux univers et des personnages à partir de rien. On suit Cath quand elle écrit, avec toutes les difficultés que l’exercice recèle mais aussi ce que ça lui apporte. Une libération par les mots.

C’est un joli roman « bonbon » comme j’aime à les appeler : une histoire simple avec des personnages attachants et qui parle de nos vies à tous, dans laquelle on peut se retrouver.

Soyez imprudents les enfants

De Véronique Ovaldé, aux éditions Flammarion

400 pages

Enfin en Octobre, j’ai lu Soyez imprudents les enfants , que je n’ai pas aimé du tout. C’est pourtant merveilleusement bien écrit mais l’histoire ne m’a pas touchée. Impossible de m’intéresser à l’héroïne, je me suis ennuyée quasiment tout le long. Les passages que j’ai le plus apprécié étaient ceux concernant ces ancêtres, une toute petite partie du roman donc. De cette auteure, je vous conseille plutôt Ce que je sais de Vera Candida, que j’avais dévoré !

Et vous, qu’avez-vous lu en Octobre ? Partagez moi vos coups de cœur !

Coup de cœur littéraire : L’Espace d’un An de Becky Chambers

Coup de cœur littéraire : L’Espace d’un An de Becky Chambers

Je ne savais pas trop quoi lire. Je venais de terminer ma phase « pirates » et je voulais refaire le monde, encore une fois. En parcourant les étagères de ma librairie favorite, je suis tombé sur ce livre : L’espace d’un An, de Becky Chambers (édition Atalante). Que dis-je : cette merveille ! Mais ça, je ne le savais pas encore… Et j’étais loin de m’y attendre !

Je n’ai jamais été fan des histoires qui se déroulent dans l’espace. Je préfère celles qui sont plus proches du réel. Oui bon, je sais, les zombies c’est pas vraiment réel… Mais c’est parce que vous ne m’avez jamais vu un lundi matin avant mon café, sinon, vous vous trimbaleriez toujours avec une batte de baseball à la ceinture ! Bref, passons. Après avoir fini ma lecture, ce monde-là, ces personnes-là, je ne voulais pas les quitter… Au point que j’ai traîné un peu pour finir les quelques pages qui me restaient. Non pas que ça traînait en longueur, mais je ne voulais vraiment pas que cela se termine.

Espace d'un an

Quatrième de couverture

Rosemary, jeune humaine inexpérimentée, fuit sa famille de richissimes escrocs. Elle est engagée comme greffière à bord du Voyageur, un vaisseau qui creuse des tunnels dans l’espace, où elle apprend à vivre et à travailler avec des représentants de différentes espèces de la galaxie : des reptiles, des amphibiens et, plus étranges encore, d’autres humains. La pilote, couverte d’écailles et de plumes multicolores, a choisi de se couper de ses semblables ; le médecin et cuistot occupe ses six mains à réconforter les gens pour oublier la tragédie qui a condamné son espèce à mort ; le capitaine humain, pacifiste, aime une alien dont le vaisseau approvisionne les militaires en zone de combat ; l’IA du bord hésite à se transférer dans un corps de chair et de sang…
Les tribulations du Voyageur, parti pour un trajet d’un an jusqu’à une planète lointaine, composent la tapisserie chaleureuse d’une famille unie par des liens plus fondamentaux que le sang ou les lois : l’amour sous toutes ses formes.

Loin de nous offrir un space opera d’action et de batailles rangées, Becky Chambers signe un texte tout en humour et en tendresse subtile. Elle réussit le prodige de nous faire passer en permanence de l’exotisme à la sensation d’une familiarité saisissante.

L’Equipage

Rosemary est nouvelle à bord. Humaine, greffière spécialisée dans les relations inter-espèces, fraîchement sortie de l’école, elle va aider le capitaine à mettre un peu d’ordre dans ses rapports. Elle est novice dans les voyages spatiaux. Elle a grandi sur Mars mais semble vouloir fuir sa planète à tout prix. Nous découvrons avec elle ce vaste et riche univers.

Ashby, le capitaine du Voyageur, humain aussi, est né et a grandi dans l’espace. Lui et son équipage creusent des tunnels dans l’espace (worm hole) pour relier des points éloignés de l’espace.

Sissix est la pilote du Voyageur. Elle est Aandrisk, une espèce qui vit normalement en communauté, mais elle en a décidé autrement.

Kizzy, humaine, est la tech méca. Déjantée, elle est passionnée par ce qu’elle fait, et a soif d’en apprendre toujours plus, de vivre toujours plus.

Elle est cul et chemise avec Jenks, le tech info. Leur relation est celle qui m’a le plus touché. Il a un penchant pour les Intelligences Artificielles.

Docteur Miam est la papa du groupe. C’est un Grum.  Il est médecin et cuisinier (combo magique). Il prend soin des autres comme de ses propres enfants, et bien sûr, surveille leur alimentation.

Corbin, c’est … Corbin. Humain, grincheux by design, il est l’alguiste du groupe (les algues servent de carburant au vaisseau). Son métier en fait un solitaire, toujours dans son labo à surveiller les algues. Il a beaucoup de mal  avec les autres, en particulier avec Sissix, avec qui tout est prétexte à dispute !

Lovelace, Lovey est l’IA du vaisseaux. Elle est très proche de Jenks, et songe a se faire transférer dans un corps. Seul problème : cette opération est illégale au sein de l’union galactique…

Ohan sont le navigateur. Oui, « sont ». Ils sont sianates. Les sianates sont des paires : un individu infecté par un virus, quelques années après sa naissance. Le virus en question leur donne la capacité extraordinaire de comprendre l’univers. Rien que ça. Et cette capacité aide les tunneliers comme le Voyageur à naviguer pendant les opérations de perçage.

Nos héros sont envoyés en mission dans un espace lointain par l’UG pour percer un tunnel vers le territoire d’un peuple, avec qui ils viennent de signer un traité. Mais voilà, un voyage d’un an les sépare de leur destination finale. Cela nous donne le temps, comme Rosemary, de découvrir plus en détails ses nouveaux collègues et amis.

Espace d'un an 2

Mon avis sur le livre : une leçon de tolérance

Comme je le disais, je ne suis généralement pas fan de science-fiction. La raison principale pour ça, est que j’ai énormément de mal à lire des noms d’objets sans être capable de tout de suite me représenter à quoi ça ressemble et à quoi ça sert. Je me rappelle avoir commencé la saga Hyperion de Dan Simmons … J’ai voulu jeter le livre sous le métro tellement ça me donnait des mots de tête ! (Bon, je l’ai pas fait, parce que c’était sur ma liseuse … mais vous saisissez l’intention). Alors que dans L’Espace d’un An, c’est simple, limpide, pas besoin d’avoir fait math sup. On peut avoir bu un peu trop de mik, ou fumé du smash qu’on comprendait encore ! … … … Simple j’vous dis !

Cet univers n’est pas très éloigné du notre. Le capital le régit, sous couvert de politique (l’Union Galactique ou UG). Il faut travailler pour gagner sa vie. Les démarcations entre les classes sociales se font bien sentir. On y trouve beaucoup d’espèce « intells » différentes : Exodiens (humains), Aandriskes, Harmagiens, Rosks, Aéluons, Grums (espèce non-UG) (… et bien d’autres encore), chacune avec leurs spécificités physiques, leur culture, leur langage, leur religion, leur guerre… rien de bien différent qu’ici-bas finalement :-). Et dans cet espace infini, de plus en plus proche grâce aux technologies de transports améliorées, et de perçage interstratique (trop la classe !), se trouve notre équipage. Etoiles, j’ai de la nostalgie rien que de penser à eux ! J’ai adoré ces personnages. Chacun d’entre eux, même le plus antipathique. Leur histoire, leur être, leur façon d’appréhender l’autre… C’est une vraie famille dont on a envie de faire partie.

Une ambiance chaleureuse émane de ce groupe. Et ce n’est pas toujours évident, quand on se retrouve dans un espace confiné pendant une longue durée, avec des gens d’une autre culture que la sienne. D’une autre espèce même ! Avec des odeurs différentes ! … Et cette chaleur, cet amour, cette tolérance, qui nous rend attentif aux besoins d’autrui … Ça m’a réconforté. Dans une société favorisant toujours plus l’individualité, la performance, et toutes ces conneries, lire ces lignes m’a sincèrement fait du bien, et m’a aussi montré que j’avais beaucoup à apprendre.

À titre d’exemple, je ne comprenais pas pourquoi, en lisant des articles féministes, les autrices employaient des formes neutres pour désigner quelqu’un : illes, é-e-s à la fin des participes, etc. Je n’arrivais pas à saisir l’importance de la chose. Et puis, dans ce livre, j’ai lu la forme « Iel« , pour désigner une personne, dont le genre n’est pas connu en avance. Normal, quand on rencontre une espèce dont le genre ne peut pas être identifié facilement. Encore plus que un individu change de sexe en cours de route. Et là, c’était l’évidence même. Tout était clair. Dans ce monde comme dans le mien.

L’humain, cette jeune espèce

Je ne suis pas fan de l’espèce humaine. Surtout nous occidentaux. Nous sommes désespérés pour tout ce qui peut nous rendre la vie plus facile, pour pouvoir faire plus de chose, remplir notre emploi du temps, remplir notre maison d’objets, essayer d’y trouver notre self-estime que notre façon de vivre détruit dès le plus jeune âge. Et pour aller plus vite, on arrête de penser, on s’empresse de ranger les choses dans des cases, et surtout, on arrête de se remettre en cause. Le problème, c’est l’autre ! Ce n’est pas nous ! Ça ne peut pas être nous, sinon ça voudrait dire qu’il faudrait nous réparer nous-même. Et ça, c’est dur, et ça prend du temps. Nan, c’est plus simple si ça vient de l’autre. Nous, on ne peut pas se tromper. On détient la vérité…. Sauf que non. Nous détenons seulement notre vérité. Un ensemble d’idées cohérentes, qui n’est valable que pour nous, et elle s’arrête lors de la rencontre avec l’autre. C’est à nous de faire l’effort d’accueillir l’autre, ce qu’il est, et ce qu’il pense (et surtout, pourquoi il le pense), pour qu’on puisse vivre un peu mieux tous ensemble.

Lire ce livre m’a fait penser qu’on a encore beaucoup à faire, en tant qu’espèce, avant de pouvoir se prétendre évolué. Et je suis heureux de voir que de plus en plus, les gens se lèvent se révoltent, s’indignent des injustices qui leur sont faites à eux, mais aussi aux autres aussi. Il reste beaucoup à faire, oui, mais nous sommes en bon chemin. Du moins j’aime le croire.

Lectures de Septembre

Lectures de Septembre

lectures de septembre

Au mois de septembre j’ai lu 4 romans aux styles très différents  et aux auteurs variés : trois femmes et un homme. Deux d’entre eux sont des gros coup de cœur! Je vous laisse les découvrir plus en détails.

Eleanor & Park

Par Rainbow Rowel, aux éditions France Loisirs et traduit par Juliette Paquereau

Paru le 5 juin 2014, 378 pages

Eleanor & Park

Quatrième de couverture

Etats-Unis, 1986. Eleanor est une lycéenne trop rousse, trop ronde et est harcelée par tout le monde au lycée. Dans le bus scolaire, elle a l’habitude de s’asseoir à côté de Park, un garçon timide, qui l’ignore poliment. Peu à peu, les deux lycéens vont se rapprocher, liés par leurs passions communes pour les comics et les Smiths.

Mon avis

Je me suis décidé à lire Eleanor & Park environ mille ans après tout le monde je pense. Je le voyais tellement partout que j’y allais à reculons et puis finalement, au détour d’une vidéo de Margaud Liseuse, j’ai me suis laissée tenter.

Et grand bien m’en a pris, parce que ce roman est un vrai coup de cœur. J’ai été happé par l’histoire dés les premières pages. J’ai adoré voir les liens se tisser entre les deux adolescents, leur relation se renforcer de jours en jours. C’est ma partie favorite du roman. Les personnages sont normaux, entendez par là que l’on peut s’identifier à eux, ce que je trouve franchement chouette pour un roman destiné aux adolescents. Eleanor est une jeune fille intelligente, un peu ronde, qui se pose beaucoup (trop) de questions, ne se trouve pas jolie et possède un style vestimentaire bien à elle qui ne manque pas de la faire remarquer partout où elle va. Park est un adolescent  dans la moyenne, pas particulièrement populaire, pas  looser non plus, avec comme signe distinctif d’être le seul asiatique dans un quartier blanc. Nos deux protagonistes vont se rencontrer dans le bus qui les emmènent au lycée et apprendre à se connaitre tout doucement, jour après jour.

Les émotions, les conflits intérieurs et les sensations sont merveilleusement bien décrits. J’ai eu l’impression de revenir quelques années en arrière, à l’heure des premiers amours où toutes les sensations sont plus vives et les émotions plus violentes. L’alternance de points de vue entre Eleanor et Park est aussi particulièrement bien trouvée. Elle permet par exemple de voir les personnages tels qu’ils sont grâce au regard de l’autre et non tels qu’ils se perçoivent eux-mêmes.

En dehors de l’histoire d’amour, ce roman nous parle du bullying à l’école et des dégâts qu’il occasionne, de la nécessité d’accepter les autres, d’apprendre à les connaitre. Je pense notamment à Park qui se demande sans cesse comment il avait pu penser « ça » d’Eleanor la première fois qu’il la vu. Enfin le livre nous montre ce que peut être la violence physique et psychologique au sein d’une famille.

La fin est riche en émotion (et m’a fait verser quelques larmes) et laisse libre court à l’imagination du lecteur. Si j’ai été d’abord très frustrée par la conclusion du dernier chapitre, j’ai fini par décider moi-même de la fin de l’histoire et elle me convient très bien ! 😉

Pour toutes ces raisons, Eleanor & Park est un petit bijou, un livre bonbon qui se savoure et que je vous recommande chaudement. Moi je me suis déjà offert Fangirl, de la même auteure, et je me le réserve pour un long weekend d’automne !

Fahrenheit 451

De Ray Badbury, aux éditions folio SF et traduit de l’américain par Jacques Chambon et Henri Robillot

Paru en 1953, nouvelle traduction française en 1995, 236 pages

Fahrenheit 451

Quatrième de couverture

En 1953, Ray Bradbury eut à travers son roman Fahrenheit 451, devenu depuis un classique de la science-fiction, l’une des visions les plus effroyables de l’avenir. Dans cette première adaptation autorisée en bande dessinée, réalisée en étroite collaboration avec Ray Bradbury, Tim Hamilton a su créer une oeuvre d’art véritablement saisissante. La prise de conscience par le héros des méthodes d’un gouvernement violemment obscurantiste s’y accompagne de la découverte de l’importance de la lecture en tant que liberté individuelle.

Mon avis

J’ai découvert Fahrenheit 451 pour la première fois au détour d’une page de livraddict et ma curiosité a tout de suite été piquée ! Pensez-vous, un monde où les livres sont interdits, ça ne peut que m’interloquer ! Ça se rapproche de mon pire cauchemar.

Le livre a été écrit en 1953 aux Etats-Unis, à une époque où les voitures allaient lentement et où les télévisions arrivaient à peine dans les foyers. Il s’agit d’une dystopie et l’auteur nous dépeint un monde froid, où les interactions sociales ont disparu, où les gens ne réfléchissent plus ni ne marchent.

Dans ce pays, le rôle des pompiers a changé : maintenant que les maisons sont toutes ignifugées, ils brûlent tous les livres qu’ils trouvent. Leur possession est interdite et passable de punition. C’est dans ce contexte que Montag, pompier de son état, va rencontrer Clarisse, sa jeune voisine. Lui, ne se pose pas de questions et exécute simplement son travail. Elle, c’est une originale. Elle marche dans la rue, regarde la lune, discute de choses et d’autres. Au fil de leurs rencontres, Montag commence à  s’interroger sur sa vie et finit par se rebeller en volant un livre lors d’une opération « de nettoyage ». S’en suit une course poursuite entre lui et ses anciens employeurs, tandis que son ancienne vie tombe en ruine.

Honnêtement, le style d’écriture n’est pas magnifique et j’ai trouvé que le roman souffrait de quelques longueurs. Malgré tout, il se lit très rapidement. Petit bémol concernant le personnage de Clarisse. Elle est là uniquement pour changer le héros. Quand c’est chose faite, pouf, elle disparaît. Oui, ça m’a un peu agacé.

Ceci étant dit, j’ai surtout aimé ce livre pour les idées mises en avant. Et surtout, en faisant le parallèle entre l’univers dépeint et notre époque, j’ai été un peu scotchée.

Voyez-vous-même : les voitures vont de plus en plus vite et il y a une vitesse minimum à respecter ( !) ; les habitants se mettent des appareils dans les oreilles pour écouter des bruits plus intéressants que ceux de la nature et les «4 murs à images» remplissent les salons, empêchant ainsi toutes discussions entre personnes ; les livres ont disparu parce que les gens ont arrêté de lire progressivement; la société est pensée pour apporter un bonheur facile et superficiel ; le héros (et les autres) se sentent vides et il y a beaucoup de tentatives de suicides ; la violence augmente ; les gens recherchent de plus en plus les sensations ; à l’intérieur du pays on mange à sa faim mais partout ailleurs c’est la misère ; les médias manipulent les images et les informations ; on sait qu’il y a des conflits armés ailleurs mais personne ne n’y intéresse vraiment… Honnêtement ça ne vous rappelle rien ?

J’ai eu l’impression en lisant, que tout de même, on s’en rapproche un peu de ce monde. Pour ça, je vous conseille ce roman.

L’appel du coucou

De Robert Galbraith, aux éditions France Loisirs et traduit de l’anglais par François Rosso

Publié en 2013, 695 pages

l'appel du coucou

Quatrième de couverture

Lorsque le célèbre mannequin Lula Landry est trouvée morte, défenestrée, dans un quartier chic londonien, l’affaire est vite classée. Suicide. Jusqu’au jour où John Bristow, le frère de la victime, frappe à la porte du détective privé Cormoran Strike. Cet ex-lieutenant de l’armée, revenu d’Afghanistan amputé d’une jambe, est au bout du rouleau : sa carrière de détective est au point mort et sa vie privée, un naufrage. Aidé par une jeune intérimaire finaude, virtuose de l’Internet, il reprend l’enquête. De boîtes de nuit branchées en palaces pour rock stars, Strike va passer de l’autre côté du miroir glamour de la mode et du people pour plonger dans un gouffre de secrets, de trahisons, et de vengeances.

Mon avis

Robert Galbraith est le pseudonyme qu’à utiliser J.K. Rowling pour pouvoir publier un nouveau roman anonymement. Ais-je vraiment besoin d’expliquer plus en détails pourquoi je tenais à lire L’appel du coucou ? 😉

Habituellement quand je lis un polar, je lis la fin très rapidement. Là, vous vous dites sans doute que je suis complètement folle puisque tout l’intérêt d’un roman policier, c’est le suspens… Bon, et bien, vous serez contents de savoir que pour une fois, j’ai fait un effort surhumain et je ne me suis pas spoiler la fin ! Tout ça pour savoir si je pouvais deviner le coupable à l’avance. Si c’est pas de l’abnégation…

Le roman est assez long, plus de 600 pages tout de même. J’ai eu des difficultés à vraiment rentrer dans l’histoire et du coup mis quasiment 2 semaines à le finir, vu que je le délaissais au profit d’autre chose. Je n’avais pas spécialement envie de replonger dedans et pourtant, à chaque fois que je reprenais la lecture, je passais un bon moment. C’était assez bizarre. J’ai trouvé le rythme plus lent que d’habitude pour un roman policier. J’ai été un peu déroutée au début puis j’ai finalement commencé à apprécier cette lenteur. Je pense qu’on se rapproche plus du rythme d’une véritable enquête. Il n’y a pas de l’action à chaque page. Tout n’est pas résolu en 48h, il faut plusieurs semaines à notre héros pour avancer et récupérer ses indices et ses preuves.

Le héros parlons-en. Cormoran Strike est détective privé et son affaire ne marche pas très bien. Il est même carrément au bout du rouleau. Il m’a fait l’effet d’un gros ours, un homme bourru et hirsute, peu délicat et pourtant gentil dans le fond. Je m’y suis facilement attachée. Avec tout ce qu’il a vécu (et ce qu’il vit !), on a envie que ça s’arrange enfin pour lui. L’enquête sur la mort du superbe mannequin Lula Landy, il l’accepte comme l’enquête de la dernière chance pour remonter son affaire. Il est accompagné dans son travail par Robin, secrétaire intérimaire fraichement arrivée à Londres. Elle lui est d’un grand secours et apporte un peu de chaleur humaine au roman si je puis dire. J’espère cependant que son personnage sera plus développé dans les opus suivants.

Londres est superbement bien décrit, on a l’impression de visiter la ville avec les personnages. Apparemment les descriptions sont précises et réalistes. N’étant pas Londonienne, je ne saurais confirmer.

L’appel du coucou est finalement un bon roman policier, qui respecte tous les codes du genre : des personnages hauts en couleurs parfois sympathiques mais souvent détestables, des suspects en pagaille, des rebondissements et une jolie fin que, personnellement, je n’avais pas vu venir. Par contre on n’échappe pas à la tirade explicative du meurtrier à la fin ! De toute façon, je crois bien qu’on n’y échappe jamais que ce soit dans un livre, un film ou une série.

L’espace d’un an

De Becky Chambers, aux éditions L’atalante

L'Espace d'un an

 

Je ne vais pas vous dire grand-chose sur ce roman, à part que c’est un énorme coup de cœur. Et je pèse mes mots.

Il mérite un article pour lui tout seul et c’est Jo qui s’en chargera.

Je vous dirais simplement que si vous cherchez un roman qui montre ce qu’est vraiment l’acceptation des différences d’autrui, inclusif au possible, drôle, émouvant et plein de rebondissements, c’est celui-ci qu’il vous faut !

Avez-vous lu ces romans ? Certains vous tenteraient pour vos prochaines lectures ?

Bilan lecture : J’aurais dû être pirate …

Bilan lecture : J’aurais dû être pirate …

skull

Oui, je sais ce que vous allez dire. « Mais les pirates, ils sont méchants ! Ce sont des brutes sanguinaires qui pillent, violent et détruisent tout sur leur passage ! ».

Et si on vous avez menti ?

« Quoi ? Mensonges et fourberie ? Pirates des caraïbes n’est pas une description exacte de la réalité ? Mais qui étaient-ils alors ? Et pourquoi donc suis-je en train de lire un article sur les pirates ? »

Et bien les enfants, essayez-vous dans votre canapé préféré, avec un bon chocolat chaud (parce qu’il faut prendre les bon réflexes de l’automne approchant), et laissez-vous conter leurs histoires !  … Et puis faut dire ce qui est, y’en a marre des zombies !

LES PIRATES DE TOUS LES PAYS – MARCUS REDIKER

Converture pirate

J’ai tendance à fonctionner par phase. Philosophie, psychologie, éducation, zombies … et maintenant, pirates (cherchez le lien). Il y a quelques temps, j’étais dans ma phase « Politique », et au détour d’une vidéo, je suis tombé sur une personne ventant le système politique des pirates. Il avait gagné mon indivisible attention. Cette personne, dont je ne saurais retrouver le nom malheureusement, conseillait les ouvrages de Marcus Rediker, historien et professeur, portant un intérêt particulier pour les boucaniers et flibustiers de l’atlantique, et affirmait que les pirates n’étaient pas des barbares comme on essaie de nous faire croire, mais des personnes extrêmement démocratiques ! (Whaaaaat ?!)

Piqué au vif, je me suis (enfin) procuré son livre, et je n’en suis absolument pas déçu ! À tel point que j’ai saoulé mes collègues à en parler sans cesse, et j’avais une folle envie de m’acheter un tricorne et de mettre un eye-patch !

RÉSUMÉ DU LIVRE (4E DE COUVERTURE)

L’âge d’or de la piraterie atlantique (1716-1726)

« Maudit sois-tu, tu n’es qu’un lâche, comme le sont tous ceux qui acceptent d’être gouvernés par les lois que des hommes riches ont rédigées afin d’assurer leur propre sécurité. Ils nous font passer pour des bandits, ces scélérats, alors qu’il n’y a qu’une différence entre eux et nous, ils volent les pauvres sous couvert de la loi tandis que nous pillons les riches sous la protection de notre seul courage. »
Charles Bellamy.

Qui étaient les pirates ? Au nom de quel idéal ont-ils hissé leur drapeau à tête de mort, cet énigmatique « Jolly Roger » ? En quoi ont-ils perturbé durablement le commerce colonial et les traites négrières du début du XVIIIe siècle ?
Dans cet ouvrage passionnant et novateur, traduit pour la première fois en français, Marcus Rediker raconte une fabuleuse histoire. Celle des quelques milliers de « scélérats » qui refusèrent de se soumettre à l’ordre mercantile et à l’exploitation pour préférer la liberté et la jovialité, dussent-ils le payer de leur vie.

SUR LA ROUTE DES FLIBUSTIERS

Livre pirate

Edward Teach dit Barbe Noire, Bartholomew Robert dit le Baronnet Noir, England, Kennedy, Fly, mais aussi Anne Bonny et Mary Read, ce livre nous fait le récit de leurs aventures, mais surtout nous raconte comment et pourquoi ils et elles se sont « mis et misent à leur compte ». C’est un livre d’histoire certes,mais pas celle des vainqueurs. Et c’est tout de suite moins noir et blanc.

Il s’agit d’histoires de héros ! Car oui, ces hommes et ses femmes étaient considérés comme des héros par beaucoup. Ils se battaient contre les Etats et les marchands, et pour un monde meilleur, régit par des règles qu’ils auraient tous choisi. La fin du XVIe siècle voit la naissance du capitalisme, et laissez moi vous dire, que ça s’est pas fait dans la joie et l’harmonie ! Ça fout même plutôt la rage, et on comprend vite pourquoi les mutineries étaient fréquentes. Imaginez que vous arriviez au bureau le matin, que le capitaine vous attende avec un fouet au cas où vous voudriez prendre une pause café, que vous pouviez vous asseoir sur votre salaire, qui de toutes façons ne pèse pas bien lourd, et qu’à manger le midi, vous aillez à peine de quoi remplir une carie. C’est bon ? Maintenant imaginez que c’est le XVIIe siècle et que la médecine avait encore beaucoup de progrès à faire … Et c’est pas un bureau, mais un bateau. Et vous n’avez pas vraiment voulu venir par vous même, alors on vous a forcé. Eh bien c’était ça, la marine du XVI et XVIIe siècle ! Française, anglaise, hollandaise, espagnole ou portugaise, même combat. Et ça, c’est si on avait de la chance. Parce qu’on pouvait aussi être un esclave, vendu au plus offrant…

Alors ça donne envie de casser de l’officier ? Ça vous rappelle quelqu’un au bureau, et vous irez travailler demain en chantant des chansons pirates ?

Parce que c’est là la volonté primaire de ces milliers de personnes : se venger des injustices commises, retrouver leur liberté et le droit de choisir. Choisir une vie plus joyeuse, plus remplie ! … Bon, plus courte du coup aussi, car hors-la-loi.

MON AVIS SUR LE LIVRE

Y’a pas à dire, j’ai vraiment apprécié lire ce livre. Je l’ai trouvé d’abord bien construit. La trame ne se base pas sur le temps, mais prend un élément de la vie pirate (vie à bord, système politique, justice, etc…) et prends plusieurs exemple sur la période historique.

Cette lecture a beaucoup raisonné en moi, car c’est malgré tout d’actualité. Beaucoup de monde essaie de trouver une issue à notre société actuelle. Ecologie, décroissance,  grèves, pédagogies alternatives … Tous les sujets sont taclés par le peuple pour trouver de meilleures solutions à celles proposées, et tendre vers plus de bonheur. C’est aussi ça d’être un pirate !

Illustration pirate

Un petit mot sur les illustrations se trouvant à l’intérieur du livre, à chaque début de chapitre. Elles ont été réalisées par Thierry Guitard. Elles aident beaucoup à l’immersion, et ont bien stimulées mon imagination ! XD

CONCLUSION

L’histoire est écrite par les vainqueurs. Mais heureusement que les historiens sont là pour rétablir la vérité. J’ai adoré apprendre l’univers des pirates, et je ne peux que vous conseiller d’en faire de même. D’une manière générale, ce livre me rappelle qu’il faut sans cesse remettre en question ce qu’on nous dit et ce qu’on nous a appris, de sans cesse apprendre, réfléchir, et contruire. Cela ne pourra que nous rapprocher de notre liberté, et de celle qui nous suivront.