Bilan lecture #3

Bilan lecture

Aujourd’hui, on se retrouve pour le troisième bilan lecture sur le blog. Je vous propose une sélection éclectiques avec des titres légers et d’autres beaucoup plus sérieux. J’ai beaucoup aimé découvrir ces 4 ouvrages, j’espère qu’il en sera de même pour vous.

Tu comprendras quand tu seras grande, Virginie Grimaldi

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Ce livre, je vous l’accorde, on le voit un peu partout (le second dont je vous parle aussi d’ailleurs) mais ce n’est pas grave. J’assume mon côté suiveuse de monde littéraire ! Fin juillet, j’étais fatiguée et j’avais envie d’une lecture reposante et apaisante. J’ai opté pour ce roman de Virginie Grimaldi parce que j’en avais entendu beaucoup de bien et que j’avais apprécié son premier roman, Le premier jour du reste de ma vie.

Cette lecture m’a effectivement fait beaucoup de bien. C’est frais, léger et intéressant en même temps. On suit Julia, qui part vivre dans le sud de la France suite à de gros bouleversements dans sa vie. Elle décide de tout plaquer à Paris et part travailler comme psychologue dans une maison de retraite. Si au début, elle a peur de côtoyer des personnes âgées au quotidien, elle s’attache vite à eux et surtout fait exploser ses idées préconçues jours après jours. C’est une autre vision de la vieillesse que nous propose l’auteure, pleine de bienveillance et de douceurs. En parallèle, elle n’oublie toutefois pas de traiter les difficultés liées à cette période de la vie (malade, douleurs, deuil).

Les personnages du roman sont hauts en couleurs, certains sont adorables, d’autres détestables. J’ai énormément ri en le lisant. Certains passages m’ont fait verser de petites larmes, ceci dit je suis bon publique et je pleurs très facilement à la moindre séquence émotion dans un roman, un film, une série… En dernière partie de roman, une romance vient se greffer à l’histoire. Cela donne lieu à quelques scènes cocasses.

Si je devais retenir un message du livre, ce serait que la vie ne s’arrête pas à la retraite et que l’on peut faire des projets quelque soit notre âge. En bref, si vous avez envie de vous détendre et de réfléchir en même temps, que vous aimez les romans qui dissimulent quelques leçons de vie, je vous le conseille très fort.

Rien à voir avec le roman suivant. Pour celui-là, il faut déjà être dans une bonne période !

La servante écarlate, de Margaret Atwood

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Le roman La servante écarlate de Margaret Atwood est un roman dystopique qui relate la vie d’une « servante » au sein de Gilead, état totalitaire situé à l’emplacement des Etats-Unis. Dans ce monde, la natalité a chuté brusquement, sans que l’on sache vraiment pourquoi, et la majorité des gens ne peuvent plus avoir d’enfants. Le gouvernement américain a été renversé et des fondamentalistes religieux ont pris le pouvoir. La population est repartie par classe sociale avec, évidemment, ses élites : les commandants et leurs épouses, ainsi que les Yeux, espions à la solde de l’état qui sont partout. Dans cette société, les femmes sont réparties par « fonctions » : les épouses, les marthas (bonnes à tout faire en quelques sortes), les éconofemmes et enfin, les servantes écarlates qui forment une caste à part. Les servantes sont en fait des femmes encore fertiles  qui ont été déclarées impures afin de pouvoir les faire prisonnières et les contrôler. Et croyez moi, à Gilead, il y a plein de raisons pour déclarer quelqu’un impur…  Les servantes sont attribuées aux familles des élites ne pouvant pas avoir d’enfant et le seul but de leur existence est de procréer pour les autres. L’état loue leur utérus aux plus riches quoi…

Dans le roman, Defred, le personnage principal, nous décrit sa vie en temps que servante au service d’un commandant. Elle raconte également sa formation au centre rouge ainsi que l’organisation de la vie à Gilead : cérémonie mensuelle lors de la période d’ovulation pour recevoir la semence du commandant de façon naturelle, sévices physiques au centre de formation, humiliations, interdictions de lire, d’écrire, de montrer son visage, de porter autre chose qu’une immense robe rouge pour ne pas susciter de désir, interdiction de discuter, de vivre tout simplement. Il y a aussi ses petites victoires, qui font du bien même si elles semblent dérisoires finalement. Et toujours la possibilité de se faire prendre, et donc de mourir.

Au moment où Defred vit tout ça, le changement de régime est récent. Elle se rappelle donc sa vie d’avant, quand elle était libre. D’ailleurs elle répète à plusieurs reprises quelque chose comme « c’est fou comme on s’habitue vite »,  « comme quelque chose devient normal rapidement ». Il y a beaucoup de flashback et au fur et à mesure on capte quelques brides d’informations. On comprend un peu ce qui a pu se passer, même si on reste tout de même dans un grand flou vis-à-vis de ce qui a rendu les gens stériles. On n’en sait pas plus qu’elle finalement. Le fait que Defred se souviennent d’avoir pu aller courir, s’habiller en jean, travailler, faire l’amour avec qui elle voulait, ect, a fait que je me suis facilement s’identifiée à elle. Et du coup, je me suis aussi identifiée à elle lorsqu’elle subissait la cérémonie ou les autres joyeusetés. Dans ces conditions, il est facile de se dire « ça pourrait arriver ici ». Et c’est terrifiant. Enfin personnellement, la perte de mes droits fondamentaux sous prétexte que je suis une femme, ça fait parti du top 3 de mes cauchemars personnels ! Et c’est ce qui nourrit mon féminisme depuis mon adolescence !

Certains passages sont vraiment marquants et peuvent être transposés facilement au contexte politique actuel. Je pense notamment à une double page où Defred raconte la façon dont le renversement de régime s’est fait. A savoir dans l’indifférence générale, et même avec l’assentiment du peuple qui souhaitait plus de sécurité suite aux coups d’états, tandis que les attentats étaient mis sur le dos des « fanatiques islamiques ». A chaque fois, il est bon de se souvenir que le roman a été publié en 1985 et non 2016… Il parait qu’une bonne dystopie doit pouvoir être lue et comprise, peut importe l’époque. Et bien je pense que celle-ci est très bonne.

 Le roman a récemment refait surface peu après l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis. Vous savez, cet homme qui dit tranquillou en interview qu’il peut attraper les femmes par la chatte parce qu’il a de l’argent… Et qui est élu à la tête des USA peut après… Celui qui, à peine arrivé au pouvoir, a commencé par rendre l’accès à l’avortement extrêmement difficile d’accès et à couper les subventions aux organisations qui le pratiquent ou simplement informent sur la contraception. Et c’est sans parler de son climato-septisme, de sa politique raciste ou transphobe…  Bref, on comprend que le roman ait pu facilement faire écho à un vécu en cette période là-bas.

Par ailleurs, la postface écrite récemment par l’auteure est édifiante. Elle explique qu’elle n’a rien voulu inventer pour son roman afin d’éviter d’être accusée de prêter des intentions perverses à l’être humain. Alors elle a simplement pioché dans ce qui a déjà été fait dans nos contrées occidentales et « chrétiennes » en matière de dictature, de contrôle des femmes, des populations, de punitions ou de mises à mort…

Je pense que c’est un très livre important à lire. Il nous rappelle que ce que l’on prend pour acquis, nos droits en tant que femmes entre autre, ne l’est pas. Il suffit de peu pour revenir en arrière finalement.

Pour aller plus loin, je vous propose de lire cet article de Slate : pourquoi la servante écarlate nous fait-elle si peur ?

Amours, Leonor de Récondo

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Dernier roman de cette sélection, Amours est une petite pépite découverte complètement pas hasard cet été. En arrivant à Saint Denis d’Oléron à la fin du mois d’aout, nous sommes allés faire une petite balade sur le port et avons découvert une librairie indépendante « La pêche aux livres ». Evidemment, on y est entré. Evidemment, je suis ressorti avec un livre. Mais pour une fois, je suis ressortie sans savoir ce que j’avais acheté. Les gérantes ont une petite sélection de romans emballés à disposition, pour un blind date avec un roman ! J’ai choisi celui-ci d’après les quelques mots écrits sur la carte par la libraire « ôde à la féminité et au dépassement de soi ». Personnellement j’aime beaucoup le concept. Je trouve que c’est un très bon moyen de sortir de ma zone de confort et de varier mes lectures.

Amours raconte l’histoire d’amours entre deux femmes de conditions différentes, que tout oppose, dans une maison bourgeoise au 20ème siècle. Le roman est dense, un peu plus de 200 pages seulement. L’histoire est raconté mais sans empressement. L’écriture est précise. Je me suis beaucoup attaché à Céleste et Victoire. Les femmes subissent toutes les deux leur condition de femme et le manque de liberté qui va avec, malgré leur statut social très différent. D’ailleurs, quand Victoire se débarrasse d’un objet contraignant pour elle, elle le dit « je veux être une femme libre ».

Le roman traite aussi indirectement du sort qui était réservé aux domestiques dans les maisons de bonnes familles, puisque Céleste se retrouve à devoir porter l’enfant de l’homme de la maison après avoir été violée à répétition par celui-ci. Et encore, c’est juger par la plupart des personnages comme un traitement de faveurs puisque normalement, elle aurait du être chassée !

Amours est un très beau roman sur la féminité, le désir, l’amour maternel et d’autres choses encore. Je le conseille vivement. Apparemment Leonor de Récondo a publié un nouveau roman, je pense le lire prochainement.

Eat & Run (manger pour gagner), Scott Jurek

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On change complètement de catégorie avec Eat & run de Scott Jurek. J’avais entendu parler de ce livre il y a un bon moment déjà mais je ne m’étais jamais décidée à l’acheter. Pourtant, étant amoureuse de course à pied et végé moi-même, il m’appelait. En passant un peu de temps dans le rayon sport d’une librairie en août, je suis tombée dessus et je suis repartie avec.

Scott Jurek est un athlète végétalien coureur d’ultramarathon, discipline particulière qui consiste à courir sur des distances allant de 80 km à plus de 200 km… D’aucuns disent que ces épreuves sont pour les surhumains. Scott Jurek, lui, considère qu’elles sont à la portée de chacun avec un bon entrainement. Il l’écrit d’ailleurs dans le livre. Bon personnellement j’ai un gros doute la dessus. Pour encaisser de tels traitements, je pense que les corps des coureurs d’ultra doivent quand même être plus résistants que la moyenne. Mais ça fait toujours du bien de rêver un peu en lisant les exploits que certains arrivent à réaliser.

Le titre est explicite. Run, pour courir et eat, pour manger. Le livre est divisé en 21 petits chapitres qui se lisent rapidement. Scott Jurek nous raconte ses débuts en course à pieds, les grandes lignes de sa vie et ses grandes courses. Il nous parle de ses mentors, des athlètes qu’il admire. On sent sa soif de gagner et son amour de la compétition à chaque page. L’homme a tout de même finit un ultra avec une grosse entorse à la cheville et entamé (et gagné !) un autre avec un orteil cassé… Ses exploits sont impressionnants, ça va sans dire. Quand je lis les distances et les dénivelés des ultras, j’hallucine juste ! A l’heure actuelle, ma distance de course maximum est de 16 km… Autant vous dire que la lecture de ce livre redonne un peu d’humilité !

Il explique sans rentrer dans les détails que le végétarisme, puis le végétalisme lui ont permis d’aller plus loin dans sa pratique du running. Ses temps de récupération sont devenus plus courts et sa forme s’est améliorée en adoptant une alimentation végétale. Il est donc convaincu qu’une alimentation saine et végétale est la clé pour performer. Une recette végétalienne ponctue d’ailleurs la fin de chaque chapitre.

Ceci dit, ce qui ressort le plus des pages, je trouve que c’est la force de son mental avec un mantra « parfois il faut juste faire les choses ». Cette capacité qu’il a de s’arrêter pour faire le point, puis de repartir quand tout le monde s’arrêterait. Ça m’a vraiment impressionnée. Et surtout motivée à fond. Le weekend suivant après avoir fini ma lecture, je participais à une course nature. Au 9ème kilomètre j’ai été prise d’un très gros point de côté qui ne m’a pas lâché jusqu’au bout. J’avais mal, mais je me suis dit qu’il s’il pouvait finir une course de 217 dans la vallée de la mort, par plus de 40°C, après avoir vomi tripes et boyaux, je pouvais bien aller au bout de mes 16 bornes. xD Motivant ce livre je vous dis.

Un excellent livre pour les amoureux de la course à pied ou du sport en général. Un livre fort, sur le dépassement de soi, l’amitié, la course, la vie et ses difficultés, l’alimentation végétale et bien d’autres sujets. Je le recommande sans modération. Moi, je sens que je vais bientôt lire Finding ultra, de Rich Roll, dans la même veine !

C’est déjà fini pour ce troisième bilan lecture. Si vous le souhaitez, vous pouvez retrouver l’intégralité de mes lectures ainsi qu’un avis sommaire sur chacune sur mon profil livraddict.

Avez-vous lu certains de ces livres ? Lequel vous tenterait le plus ?

 

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