Une odeur de pain chaud

Une odeur de pain chaud

Y’a pas à dire, l’odeur du pain qui sort du four fait partie de mon Top 5 des odeurs que j’préfère. Juste à côté des fleurs de lila  par une douce matinée de printemps, du melon  qu’on choisi avec une grande expertise, et du poulet rôti le samedi matin au marché (challenge hebdomadaire du végéta*ien).

Il y a quelque chose, lorsqu’on fait du pain, quelque chose qui fait qu’on est bien. J’ai l’impression de retourner en enfance : on met de la farine partout, on a de la pâte plein les mains (et parfois les cheveux …), on pétrit avec force, concentré sur la tâche. C’est un travail d’orfèvre. Mais la récompense est de taille : quand le pain sort du four, encore brûlant, je ne peux m’empêcher d’en piquer, du bout des doigts, et de laisser la chaleur et la douceur emplir ma bouche. Et alors là mes amis … quelques secondes de paradis.

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Il y a des tas de recettes de pain sur la toile ou dans les livres. Je vous propose ici une recette inspirée du livre Le Larousse du pain d’Eric Kayser : le pain multigrains. J’ai toujours tendance à changer un peu les recettes, la plupart du temps parce que je n’utilise pas les mêmes farines, et donc il faut adapter la quantité d’eau, et là, je fais ça au feeling pour obtenir une pâte souple et lisse. C’est aussi pour ça que je préfère pétrir à la main : c’est plus facile d’apprécier la souplesse de la pâte qu’avec une cuillère en bois.

Voici les ingrédients utilisés pour cette recette, pour 4 pains de 400 g :

  • 1 kg de farine T80.
  • 650 g d’eau à température ambiante
  • 50 g de levain déshydraté
  • 6 g de levure boulangère
  • 20 g de sel
  • 180 g de graines (toujours bien de les torréfier et tremper auparavant)

 

 Ingrédients_1

Les étapes de préparation du pain.

Pour réussir un bon pain, il y a plusieurs choses à savoir et à respecter. Il est évident qu’il faut avant tout des ingrédients de qualité. Mais ce n’est pas tout. Les temps entre chaque étape et les températures sont aussi important.

Le pétrissage

Cette étape consiste à mélanger les ingrédients. L’ordre dans lequel ces derniers sont mélangés importe !  Il faut d’abord mélanger l’eau, le levain et le sel dans un puit de farine avant d’y ajouter le reste de farine et les autre ingrédients éventuels. C’est le frasage.

Le pointage

C’est le premier temps de fermentation. Les bactéries commence à manger le sucre de la farine, et libèrent du gaz carbonique. C’est pour ça que la pâte gonfle ! Cette phase dure entre 1 et 3 heures

La détente

Cette étape permet de séparer la pâte en morceau pour façonner les pains, et de la laisser se reposer un peu. C’est l’histoire de 10 à 20 minutes

L’apprêt

Deuxième phase de fermentation. Les bactéries continuent de former du CO2, ce qui permettra de donner une mie aérée.

La cuisson

Attention à la température ! Un four à chaleur tournante permet d’avoir une cuisson homogène. Si il est trop chaud ou pas assez, le pain ne prendra pas de volume.

 Farine_2

Mettre la main à la pâte

Commencez par mettre la farine dans un saladier, en faisant un puit au milieu. Versez-y le levain déshydraté, le sel et la levure. Ajoutez la moitié de l’eau au milieu, et mélanger. Versez ensuite le reste de l’eau, et pétrissez jusqu’à ce que la pâte soit lisse et souple.

Continuez pendant une dizaine de minute. Pour pétrir, tirez un côté de la pâte pour le rabattre au centre de la boule. Tournez, et recommencez.

Mélange_1

Ajoutez les graines, et continuez à pétrir encore quelques minutes pour bien les répartir.

Laissez la pâte dans le saladier, couvrez d’un linge humide pour éviter qu’une croute se forme, et laissez reposer 1h30, temps au bout duquel la pâte devrait avoir pris du volume : c’est le pointage.

Le moment de la détente est venu. Farinez le plan de travail, déposez-y la pâte et coupez-là en 4 pâtons de taille égale. Formez des boules avec chacun des pâtons et couvrez d’un linge humide. Laissez reposer 15 minutes.

Il est temps de former vos pâtons. Ici vous avez le choix. Vous pouvez utiliser des bannetons si vous en avez,  ou bien directement sur la plaque (avec une feuille de silicone tout de même pour protéger 😉 ). Il y a plusieurs façons de former les pâtons, selon le type de pain que vous préférez. J’aime bien le bâtard (wesh), ça donne une forme pas trop grosse, pas trop fine. Parfait pour des tartines !

Pour cela, aplatissez le pâton de la paume de la main. Repliez-le d’un tiers, puis faites de même avec l’autre tiers. Pour finir, dans le sens de la longueur, replier le en deux. Vous pouvez le rouler un peu sous vos mains pour l’allonger encore un peu si vous le souhaitez. Le pâton est prêt pour l’apprêt (mouarf mouarf mouarf). Déposez le dans le banneton, ou bien sur la feuille de silicone préalablement farinée, et mise sur la plaque de cuisson, et laissez reposer 2h sous un linge humide une nouvelle fois. C’était la dernière opération manuelle,  sur la pâte, à l’exception du lamage, vous savez ce qui donne ces formes sur le dessus du pain ! Il y en a de plusieurs type, mais laissez l’inspiration vous envahir ! Une section sur la longueur ? en petit carré ?en diagonale peut-être ? Comme vous voudrez, mais attendez encore un peu que vos pâtons lèvent. À propos, si vous les disposez sur une plaque, attention à l’espace entre chacun. Ils vont gonflez, et peuvent se collez entre eux si ils sont trop près les uns des autres.

Se brûler le bout des doigts

C’est le moment de mettre au four. Positionnez une plaque ou un récipient en bas. Faites chauffer à 230 °C, ou un peu moins si comme moi votre four chauffe beaucoup. Préférez le mode à chaleur tournante si il est disponible.

Juste avant de mettre au four, procédez au lamage, et versez 5 cl d’eau dans le récipient, et enfournez pour 20 minutes.

L’astuce du jour :

Pour savoir si le pain est cuit, retournez-le et tapotez. Si cela sonne creux, c’est prêt ! 🙂

Laissez les pains refroidir sur une grille.

Si vous êtes vraiment trop pressés, prenez en un morceau du bout des doigts, mais attention à ne pas vous brûler !

Une journée au festival Zéro Déchet

Une journée au festival Zéro Déchet

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Du 30 juin au 2 juillet, le premier festival zéro déchet de France s’est tenu à Paris, au cabaret sauvage dans le parc de Villette. Le festival était organisé par l’association Zero Waste France et affichait complet en début d’après-midi, ce qui est plutôt de bon augure ! Nous y sommes allés uniquement le samedi, bien que plein de conférences avaient l’air passionnantes les 2 jours précédents.

A l’entrée, on nous a donné les badges pour la journée, imprimés sur des feuilles de brouillon et fait choisir notre menu avant de nous remettre des tickets colorés pour le repas du midi : 1 couleur = 1 plat spécifique.

Sur place, on trouvait une grande scène où se déroulaient les conférences principales sur le zéro déchets en général, un studio pour les thématiques plus spécifiques, plusieurs ateliers pour apprendre à mettre en pratique ce qu’on a appris et enfin une boutique pour s’équiper.

Le matin, Béa Johnson donnait une conférence que nous avons aperçu de loin. Nous avions déjà lu son livre et pour ma part, j’avais vu la conférence faite chez Google, donc on a préféré aller faire un tour du côté des ateliers pratiques, en commençant par celui sur le compostage. La, on a enfin compris pourquoi notre composte est envahi de moucherons et sent franchement la mort par moment; il manque de matières carbonées (carton, feuilles mortes, branchages…). La bonne nouvelle c’est qu’un composte n’est jamais raté et qu’on peut toujours l’améliorer. Nous sommes donc repartis avec une petite liste des choses à faire pour réparer les dégâts ! On devrait s’en occuper dimanche prochain, affaire à suivre…

On a également fait le point sur ce que l’on mettre dedans ou non et l’animateur a parlé rapidement du lombricompostage, pour ceux qui vivent en appartement. Une mine d’information en 1h de temps.

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Après cet atelier, je suis retournée à l’intérieur afin d’assister à une conférence nommée « les luttes citoyennes à la rescousse du zéro déchet« . J’ai entendu parlé pour la première fois de Destiny Watford, jeune étudiante qui a réussi à stopper la construction d’un grand incinérateur juste à côté de son lycée à Baltimore. Inspirant ! Un juriste de l’association Zero Waste France nous a expliqué de quelle façon l’association intervient pour aider les collectifs locaux à lutter contre les projets polluants et couteux et, pour finir, le collectif 3R a présenté les tenants et les aboutissants du projet de re-contruction du grand incinérateur d’Ivry. Si vous habitez en Île-de-France, je vous invite fortement à vous renseigner à ce sujet ici et à découvrir le plan alternatif proposé par le collectif . Tout cela m’a convaincu une fois de plus que réduire ses propres déchets, c’est bien, mais insuffisant. Il est également nécessaire d’agir collectivement à un niveau institutionnel afin de mettre place de vrais politiques zéros déchets, conformément à la loi de transition énergétique de 2015 et stopper les grands projets polluants qui vont à contre-sens.

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Pendant ce temps, Jo est resté aux ateliers pour apprendre à faire des lasagnes. Pas le plât, mais la technique de culture. Elle consiste à installer des couches successives de matière carbonées (bois, feuillages, …) et azotées (épluchures, tonte, …) et permet de faire pousser des plans (mais pas de graine directement) absolument n’importe où, même sur du béton ! Une question revenait souvent à propos des agrumes : ils sont compostables ! Leur peau contient de l’huile essentielle, anti-bactérienne, ce qui est contre-productif pour le compostage. Mais tant que les quantités sont petites, cela ne pose aucun problème. Bon à savoir 🙂 .

Après une courte présentation d’Enercoop, le déjeuné a été servi. Le repas était végétarien (option végétalien ou sans gluten possible) et entièrement zéro déchet avec des bols, des couverts et des verres réutilisables. Honnêtement j’ai été impressionnée par la gestion: on a attendu 5 minutes max pour être servis! Nous avions opté pour l’option sandwich + salade et c’était vraiment très bon. J’ai évidemment oublié de prendre des photos (#TeamJaiTropFaim). Nous avons mangé à l’une des tables du cabaret en échangeant avec d’autres festivaliers sur nos expériences, individuelles pour certains, collectives et communales pour d’autres. Ces discussions étaient passionnantes, et nous ont donné envie d’en faire encore plus !

L’après midi nous sommes restés prêt de la grande scène pour assister à la présentation d’une quinzaine de minutes de Jérémie Pichon, de la famille presque zéro déchet. Je vous conseille leur livre qui regorge de bonnes idées pour réduire la taille de sa poubelle. Il a axé son discours sur « pourquoi » lui et sa famille en sont venus au zéro déchet après 15 ans de militantisme au sein d’ONG environnementales et d’actions au niveau institutionnel (rédaction des Grenelles…). Son propos est clairement axé sur l’écologie et l’urgence de protéger l’environnement et de changer complètement de modèle de société. Il a également listé les avantages de ce mode vie : économies, plaisirs, sérénité mentale lorsque nos actions deviennent cohérentes par rapport à nos valeurs…

Après lui, plusieurs familles sont montées sur scène pour raconter leur quotidien, leur porte d’entrée dans ce mouvement, leurs motivations et leur expérience. C’est une des conférences que j’ai préféré parce qu’elle permettait d’écouter des profils très divers allant de la mère de famille à l’étudiant en colocation, auxquels beaucoup de gens peuvent s’identifier. Leurs motivations étaient très diverses. Certains recherchant une vie plus sereine, d’autres voulant laisser un monde « au moins aussi propre » à leurs enfants. Mention spéciale pour la dame qui a découvert le mouvement par hasard parce qu’elle souhaitait adopter des poules et qui m’a beaucoup fait rire.

La suite de la journée a encore été bien remplie avec une présentation de Jean Bouteille sur la consigne, son intérêt écologique et le buisiness model qui va avec et un point sur la réparation tant au niveau législatif que pratique (lois en vigueur, obligations légales pour les fabricants, métiers de réparateurs…). Les intervenantes ont abordé, entre autre, l'(in)utilité de l’imprimante 3D, l’obligation d’affichage de la durée de disponibilité des pièces détachées (très peu mise en pratique) et la baisse du nombre de personnes qualifiées pour effectuer des réparations. Il semblerait que nous soyons tous assez peu cohérents puisque, si une majorité de gens déclarent vouloir des produits plus robustes et réparables, très peu d’entre nous faisons réellement le pas d’aller voir un réparateur quand un produit tombe en panne, préférant racheter un objet bas de gamme et peu cher.

Enfin, on a écouté Laura Chatel nous expliquer où vont nos poubelles: soit à l’incinérateur, soit dans une décharge à ciel ouvert, soit l’enfouissement (en France, si si !).

Dehors on pouvait participer à une initiation à la couture ou à une école du zéro déchet pour apprendre, par exemple, à trier correctement ses déchets, à fabriquer ses produits ménagers ou ses éponges simplement ou encore comprendre le cycle de vie et le coût écologique (tout sauf neutre) d’un jean ou d’un smartphone.

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Sur un autre stand, on pouvait apprendre à réparer différents objets du quotidien: machine à laver, vélo, micro-onde, cafetière…

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Enfin, il y avait une petite boutique pour s’équiper en alternatives zéro déchet: gourdes en inox, bentos, serviettes et couches lavables, cup menstruelle, shampoings et déodorants solides, sacs à vrac, emballages cadeaux en tissus… Les créateurs de certains de ces objets étaient la pour les présenter et expliquer leur fonctionnement.

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J’ai énormément appris au cours de cette journée et je regrette de n’avoir pas pu participer aux deux jours précédents. Le fait de rencontrer d’autres personnes engagées redonnent de l’espoir et ça m’a donné envie de m’investir à un autre niveau pour la suite.

Je pense que l’on développera la thématique du zéro déchet et son pendant, le minimalisme, sur le blog : la façon dont nous le vivons, nos recettes, nos astuces… Mais aussi nos points de blocage et ce que l’on fait pour les lever.

S’il y a une seconde édition de ce festival, j’y retournerai avec plaisir.